Bachot, Jean, Antoine
Biographie
Né vers 1806 à Sens (Yonne). Elève en médecine. Il donna ses soins à la cité d’Orléans près du boulevard Saint-Denis. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il adressa, le 5 juillet 1831, la lettre suivante à la Commission des Réclamants de la rue Bourg-Labbé : « Bachot, Jean, Antoine a l’honneur d’exposer à MM. les membres de la Commission des réclamations relatives aux récompenses nationales qu’il tint depuis le 29 juillet 1830 jusqu’au 12 août une ambulance, conjointement avec son condisciple M. Penasse ; qu’il fut reçu près de deux cents blessés, qui furent pansés pendant tout ce temps, matin et soir ; que l’étroitesse des localités ne permit de recevoir que quatre seulement de ces braves, qui y furent à demeure, que l’on choisit parmi ceux qui avaient offert les symptômes les plus graves, et que Bachot veilla seul et constamment pendant neuf nuits. Leur position devenant moins grave, le réclamant put alors alterner avec son condisciple. Le réclamant expose que l’ambulance fut peut-être la plus important de toutes celles qui furent instituées, et ce qu’il y a de remarquable c’est qu’elle ne reçut aucune publicité : peut-être que ceux qui eussent pu signaler ce qui n’était au surplus que le devoir de tout homme de bien ont voulu s’en ménager les avantages. Bachot s’interdit de pénétrer dans le secret. Tant est que l’importance de cette ambulance nécessita un caissier, qui fut M. Dreyfus (voir Dreyfus, Baudry, Henry), et qui fut chargé de la direction et de l’emploi de six à sept mille francs environ que l’on obtint par des dons patriotiques, que la moitié de cette somme fut employée à nourrir de huit à douze mille individus pendant trois ou quatre jours, le reste de la somme fut porté à la mairie du (ancien) Ve arrondissement, par M. Briand (sic mais lui-même signe bien Brian), copropriétaire de la cité d’Orléans où était établie l’ambulance ; les vivres furent distribuées par Mme Thrubert. Bachot donna un tableau qui figura plusieurs jours à l’Hôtel de ville et où l’on retrouvait une partie de l’histoire des blessés que M. Penasse et lui secouraient. Cependant il n’y eut guère qu’un quart de ces braves qui purent y être inscrits car ce tableau ne put être fait que quelques jours après l’installation de l’ambulance et on y compte encore soixante blessés environ. Bachot pourrait accumuler sur lui les preuves les plus nombreuses et les moins réfutables pour attester que ce fut lui en particulier qui essuya toutes les fatigues ou presque toutes les fatigues de l’ambulance ; et pourtant il ne réclame aujourd’hui que parce qu’il apprend que son condisciple M. Penasse a reçu la récompense qu’il avait préférée (celle d’une con aux armées) à la décoration de Juillet. Le réclamant, au contraire, ambitionnait davantage ce témoignage de reconnaissance publique. Il se réfère à la justice de MM. les juges auxquels il fournira les preuves suffisantes si MM. les juges lui en réclamaient de nouvelles. Bachot annexe à sa réclamation les certificats qu’il a reçus. » Les certificats annexés étaient ainsi rédigés. Le premier : « Nous, soussignés, maire et adjoint du (ancien) Ve arrondissement, certifions que M. A., J., Bachot, élève en médecine, a donné depuis le 29 juillet ses soins à près de deux cents blessés, qui composèrent l’ambulance que son collègue M. Pinasse (sic) avait créée le 28 juillet, cité d’Orléans. Certifions en outre avoir vu nous-mêmes M. Bachot donner dans cette occasion les preuves du plus grand empressement au secours des blessés. Attestons encore qu’avec l’aide de dons patriotiques considérables, ces deux jeunes chirurgiens, après avoir pendant trois jours fait distribuer matin et soir des vivres à près de trois mille blessés ou indigents, firent verser en notre mairie un excédent de trois mille francs. » Signé, le 22 février 1830. Le certificat était ainsi apostillé par le docteur Pilliot : « Je soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, médecin du bureau de charité du (ancien) IIIe arrondissement et administrateur provisoire, certifie que tout le temps que j’ai visité l’ambulance de la cité d’Orléans, établie boulevard Saint-Denis n° 18, M. Bachot a constamment donné ses soins aux blessés et qu’il a donné, dans cette circonstance, des preuves d’un grand zèle, d’intelligence et d’instruction. » Le deuxième : « Je, soussigné, copropriétaire de la cité d’Orléans, certifie que M. Bachot, élève en médecine, a, depuis le 29 juillet, continuellement donné des soins, avec l’aide de M. Penasse seulement, à panser et secourir les blessés, tant bourgeois que soldats, et que, dans ces malheureuses circonstances, il a déployé un zèle et une persévérance au-dessus de tout éloge, au point d’être jour et nuit présent à l’ambulance et qu’il a prodigué aux blessés les soins les plus efficaces et les plus soutenus, jusqu’à la cessation de l’ambulance, cessation toute dans l’intérêt des blessés, qui n’a eu lieu que le 12 août suivant. » Signé, le 22 septembre 1830 : Brian, capitaine à la Ire légion de la garde nationale. Il joignait à sa lettre le Tableau général des blessés qui reçoivent les secours distribués à l’ambulance située cité d’Orléans et les soins de MM. Penasse et Bachot, qui contenait (pour ceux lisibles) les noms suivants : Clément, Joseph (voir ce nom) ; Gueblez, Didier (voir Guéblé, Didier) ; Drey, Pierre, né vers 1797, scieur de long, demeurant 13 bis, rue de Château-Landon ou 19 bis, rue de Château-Landon, dans le faubourg Saint-Martin, blessé d’un coup de baïonnette à la commissure droite des lèvres le 28 juillet sur le boulevard Bonne-Nouvelle et qui fut soigné par la réunion immédiate des lèvres ; Baicry, Henry (voir ce nom) ; Stof, Hippolyte, Victor (voir ce nom) ; Bichée, Jean, Geneviève (voir ce nom) ; Lallier, Pierre, Noël (voir ce nom) ; Foare, Joseph, Antoine (voir ce nom) ; Jourdan, Edouard, Raymond (voir ce nom) ; Villetard, Hippolyte (voir ce nom) ; Thomas, Jean (voir ce nom) ; Bourgoin, Jean, François (voir ce nom) ; Schair, Charles (voir ce nom) ; Auzolle, Pierre (voir ce nom) ; Lefin, Jean, Joseph (voir ce nom) ; Legros, François (voir ce nom) ; Conrad Franti, Jean (voir ce nom), né vers 1800, charpentier, blessé d’un coup de sabre au médius, le 4 août pendant la campagne de Rambouillet et demeurant 37, rue des Marais dans le faubourg Saint-Martin ; André, Pierre, Louis (voir ce nom), né vers 1783, cordonnier, blessé d’un coup de sabre à l’extrémité inférieure du radius, le 28 juillet dans la rue Saint-Denis, demeurant 28, rue Saint-Denis ; Grenier, Clément (voir ce nom), né vers 1810, passementier, blessé d’un coup de pied de cheval au genou, le 28 juillet dans rue Montmartre près du boulevard, demeurant 140, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Gallois, Antoine, Victor (voir ce nom) ; Royer, Eloi, Auguste, Théodore (voir ce nom) ; Finet, Jean-Baptiste (voir ce nom) ; Leroy, Jean-François, (voir ce nom) ; Godefroy, Jules (voir ce nom) ; Mouton, Pierre, François (voir ce nom) ; Billon, Louis, Antoine (voir ce nom) ; Pigaut, François (voir ce nom) ; Jourdain, Louis (voir ce nom), né vers 1795, menuisier, demeurant 13, rue Portefoin, contusionné à la poitrine, suivie d’oppression et de gêne dans la respiration, le 28 juillet dans la rue Saint-Martin ; Hardy, François (voir ce nom) ; Leloup, Jean, Etienne (voir ce nom) ; Gerard, Etienne, François (voir ce nom) ; …peyre, Barthélemy, né vers 1803, charpentier, demeurant 57, rue du Faubourg-Saint-Martin, profondément coupé par du verre à la malléole interne, le 29 juillet à la caserne du faubourg Saint-Martin ; Louessard, Jean (voir ce nom) ; Brassier, Guillaume (voir ce nom) ; Bournadet, Louis, Charles (voir ce nom) ; Hudelot, Victor (voir ce nom) ; Cottard, Pierre, Hugues (voir ce nom) ; Suisser, Joseph (voir ce nom) ; Hurel, Jean-Baptiste (voir ce nom) ; Rollin, Jean-Baptiste (voir ce nom) ; Kingold, Jean-Baptiste (voir ce nom) ; Risbeck, Pierre (voir ce nom) ; Collet, Jacques, Pierre, Jean (voir ce nom) ; Bertrand, Jean, Joseph (voir ce nom) ; Godefroy, Théodore (voir ce nom) ; Gillot (voir ce nom). Il signa le certificat suivant en faveur de Dreyfus, Baudry, Henry : « Je, soussigné, Bachot, Antoine, Simon (sic), élève de la faculté de Paris, ayant tenu conjointement avec mon condisciple M. Penasse (voir ce nom), l’ambulance qui fut établie dans la cité d’Orléans, certifie en mon particulier que M. Dreyfus, Baudry, Henry s’adjoignit à l’ambulance au moment de sa création, qu’il se constitua directeur d’une caisse fondée sur les dons patriotiques qui furent accordés aux blessés que contenait l’ambulance ; qu’en outre il concourut de ses efforts aux peines illisible que nécessita la direction de cette ambulance et qu’il fut indépendamment des secours premiers qu’il accorda lui-même répartiteur des linges, vivres, etc. qui furent apportés pour subvenir aux besoins qu’exigeait la situation des nombreux combattants que secourut cette ambulance ; et qu’enfin M. Dreyfus remit à M. Briand (sic), l’excédent des sommes reçues, et que ce dernier versa à la mairie du (ancien) Ve arrondissement. » Il signa, le 22 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Lainé, Jean-Baptiste : « Je, soussigné, chirurgien de l’ambulance établie cité d’Orléans, certifie que le nommé Lainé, Jean-Baptiste a été atteint d’un coup de feu à la partie antérieure de la cuisse gauche et pour lequel il a reçu nos soins, qui ont consisté dans l’application constante de pansement simple. Il est remarquable que cet homme, dont la bravoure ne s’est nullement démentie pendant les combats qui ont eu lieu, immédiatement après sa blessure pansée et qu’il reçut à la porte Saint-Martin, saisit ses armes et courut avec le plus grand courage à la défense du pays. Il voulait, disait-il, y consacrer sa vie. Nous lui représentâmes vainement sa position de père de quatre enfants et la gravité de sa blessure ; rien ne put arrêter son ardeur et nous sommes heureux de pouvoir déposer nos simples attributions avec l’espérance d’être écouté dans le vœu que nous faisons pour que ce brave reçoive de M. le maire tous les secours qu’il sera possible de lui accorder. » Bachot demeurait 10, rue de l’Eperon en juillet 1830 ; 37, quai Bourbon dans l’île Saint-Louis en 1831. Rapport de M. Sensier, ancien notaire, commissaire du IIe arrondissement chargé de constater le nombre des victimes et les faits mémorables des glorieuses journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Paris, imprimerie de Ambr. Firmin Didot, 24, rue Jacob, 1830, p. 23 ; Archives de la préfecture de police AA 371 ; Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Dreyfus, Baudry, Henry ; Archives de la préfecture de police AA 396 in dossier Lainé, Jean-Baptiste ; Archives de la préfecture de police AA 415 in dossier Trubert veuve.