Badieu, Adrien

Biographie


Né le 17 février 1806 à Paris. Tailleur d’habits et concierge, au 14, rue Neuve-Saint-Roch en 1830. Sollicitant la médaille de Juillet, il récapitulait, dans ces termes, sa participation aux combats : « S’est battu les 27, 28 et 29 juillet. Premièrement sur la place du Palais-Royal où il n’était armé que de pierres. De là il s’est procuré une carabine sur le quai de la Ferraille, laquelle a été perdue à la halle au blé dans la nuit du 27 au 28. Il s’est réarmé de nouveau et a fait feu rue des Prouvaires au coin du marché à la viande. Le 29, l’exposant a aidé à désarmer trois gardes royaux près le Théâtre-Français, qui venaient leur demander une suspension d’armes. De là, il a passé la nuit dans les Tuileries sur une pièce de canon, qu’il a ramenée au Louvre avec plusieurs de ses camarades et un élève de l’Ecole polytechnique qui commandait la pièce ; lequel nous a donné l’ordre de mener cette pièce à la ville, que nous avons déposée entre les mains du capitaine qui commandait le poste et nous en a donné un reçu, lequel est déposé à l’état-major de la place. Outre cela, l’exposant a été chargé du commandement d’un peloton qui partait pour Saint-Cloud par le même élève de l’Ecole, et par suite nommé par les jeunes gens de l’Ecole sous-officier de la 14e compagnie de la garde nationale mobile qui se sont rendus sur la place du Panthéon. L’exposant, ne voyant plus ses services, nécessaires, est rentré chez lui le samedi soir 31 juillet. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’ancien IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut condamné, dans l’affaire dite des Familles, le 17 mars 1837 par la 6e chambre du tribunal correctionnel de Paris, à une année de prison pour détention de munitions de guerre (il est indiqué comme ayant fait quinze mois de prison in Archives nationales F/15/3884). Il participa à la Révolution de Février. En 1848, il sollicita un secours. Il était marié, sans enfant en 1848. Il fut nommé garde forestier à Sinceny (Aisne) en 1848. En 1849, il demanda à participer aux distributions de gratifications qui devaient être accordées aux anciens condamnés politiques et aux décorés de Juillet. Sa demande était apostillée par le maire de Sinceny, qui le présentait comme « un brave et honnête citoyen ». Le préfet de l’Aisne donna comme renseignement sur son compte qu’il était marié, sans enfant, par conséquent sans charge de famille et ajoutait qu’il ne pensait pas qu’il y eut lieu de faire droit à sa demande de secours. Il demeurait 14, rue Neuve-Saint-Roch en 1830-1831 ; 10, rue de la Saunerie en 1848 ; 14, rue des Petites-Ecuries en 1848 ; à Sinceny (Aisne) en 1848-1849. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/15/4240 (où il est indiqué avoir un dossier aux Condamnés politiques) ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 2e catégorie, pensions ; LAmi de la religion et du roi, 5 novembre 1836, n° 2729, p. 252 ; l’Ami de la religion, journal ecclésiastique, politique et littéraire, tome quatre-vingt-douzième, Paris, librairie ecclésiastique Le Clère et Cie, 1837, p. 540-541.

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