Bador, Jean, Antoine
Biographie
Né le 23 février 1792 à Paris. Militaire de 1811 à 1815 dans le 12e régiment de ligne, devenu charron. Il fut blessé par un coup de feu à la jambe droite, le 29 juillet à l’attaque des écuries du Roule. Le certificat suivant constatait la part qu’il avait prise aux combats : « Nous, soussignés, propriétaires du quartier, [certifions] que le nommé Bador, Jean, Antoine, demeurant rue Saint-Michel n° 2, s’est comporté dans les trois journées de Juillet comme un brave citoyen pour la défense de la liberté et que le 29 juillet il fut blessé aux écuries du Roule, à la jambe droite d’un coup de feu. » Signé, le 23 janvier 1831 : Reis, médecin ; Guillaume, propriétaire, demeurant 22, rue du Rocher ; Viard, patenté, demeurant 34, rue du Rocher ; Huard, patenté, demeurant 15, rue du Rocher ; Cuqu aîné, propriétaire ; Laroche, patenté, demeurant 20, rue du Rocher ; Leroy, patenté, demeurant 111, rue Saint-Lazare ; Roussel, logeur 17, rue des Grésillons, qui ajoutait avoir prêté un fusil à Bador et « l’avoir vu combattre pendant les trois jours de Juillet » ; Pers, Achille, propriétaire, demeurant 12, rue des Grésillons. Il reçut un secours de quatre-vingts francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours de trente francs le 17 août 1830 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (il est pourtant inscrit pour une somme de vingt francs auprès de la mairie sur les listes in Archives nationales F/1dIII/34). Sa fiche est apostillé de la mention Ne mérite rien. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIearrondissement. Il fut admis, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dans la 1re classe des blessés avec une indemnité de trois cents francs versés sur une année. Il reçut, à titre de blessé de la 1reclasse, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Au moment de décerner les décorations, une contestation s’engagea entre certains décorés de Juillet et l’administration ; celle-ci en effet imposa une prestation de serment de fidélité au roi, à la charte et aux lois, qui n’avait pas été prévue initialement. Certains décorés protestèrent contre une telle mesure, plusieurs refusèrent d’aller retirer la décoration, d’autres au contraire la soutinrent. Parmi eux, Bador, qui signa la Déclaration des citoyens du (ancien) Ier arrondissement, désignés pour la décoration de Juillet, en date du 12 mai 1831 et rédigée comme suit : « Le serment exigé par l’ordonnance du 30 avril dernier est devenu l’objet d’une polémique affligeante, dont le résultat a été de faire naître des doutes pénibles sur les véritables intentions des braves désignés pour la décoration de Juillet. Etre fidèle au roi des Français, garder obéissance à la charte sont des obligations communes à tous les citoyens, s’en affranchir serait un crime : telle est l’opinion des soussignés, qui considèrent comme un devoir de faire la déclaration suivante. L’amour de la patrie, le besoin de résister à l’oppression nous a spontanément fait prendre les armes, ainsi qu’à une foule de généreux citoyens, qui sans illisible et sans s’être concertés ont tous concouru au même but pendant les trois mémorables journées de Juillet. La hache du bourreau nous menaçait tous également ; si nous eussions succombé, elle se fut appesantie sur nos têtes, il fallait vaincre ou mourir. La cause sacrée de la patrie a triomphé mais en plein jour, au brûlant soleil de Juillet, sans avoir jamais conspiré dans l’ombre. Charles X et ses ministres ont été les seuls conspirateurs. Le roi citoyen veut aujourd’hui nous remettre lui-même le signe d’honneur que la nation nous a décerné comme récompense nationale. Nous le recevrons avec reconnaissance des mains royales du chef de l’Etat et nous lui prêterons serment ainsi qu’à la charte. Mais nous ne voudrions pas porter cette honorable décoration si elle devait jamais être considérée comme un signe de ralliement contre l’ordre constitutionnel. Les combattants de Juillet veulent avant tout l’ordre, la paix publique, la liberté et non la licence, la prospérité de la France et la consolidation de toutes nos institutions nationales. Ils se font gloire d’être la légion sacrée de notre jeune royauté et ils en seront toujours les premiers défenseurs parce qu’ils sont convaincus qu’en France maintenant le roi ne veut que ce que veut la loi et que la charte jurée ne cessera jamais d’être une vérité. » (La liste des décorés de la Croix de Juillet du [ancien] Ier arrondissement qui la signèrent était composée de : Godey, Jean-Baptiste ; Truck, Charles, Ferdinand ; Magistel, Antoine, Jean, Louis, Nicolas, Etienne ; Lecocq, Louis, Octave, Amédée ; Guimbal, Guillaume ; Montdidier, François ; Gavier, Louis, Charles ; Boyé, Henri ; Fréchon, Hippolyte, Jean ; Moiton, Alexis ; Blandin, Joseph ; Girard, Jean, Narcisse ; Danse, Charles, Olivier ; Balmet, René ; Lepagnol, Charles, Théodore ; Micheau, George, François ; Poutrait, François, Claude ; Tissandier, Joseph ; Bottet, François, Alexandre ; Viger, Henri, François, Paul ; Bador, Jean, Antoine ; Mocquant, François, Joseph ; Destains, Victor ; Fillias, Pierre, François). Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, le 27 juin 1831 (ou le 16 mai 1831 selon Archives de Paris VK3 27) auprès du maire du (ancien) Ier arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut, en 1831 à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, une indemnité de cinquante francs et un habit de garde national. Il était en 1831, garde national à la 3e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion. Il était marié et père de deux ou trois enfants en 1830. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise rue Bourg-Labbé, afin d’obtenir une pension pour la blessure qu’il avait reçue. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. En 1848, il expliquait qu’il avait été quatre années militaire sous l’Empire, vingt ans garde national à la compagnie de grenadiers du 3e bataillon de la Ire légion, qu’il avait pris une place active à la Révolution de Février, que par suite de faillites il avait été obligé de vendre son affaire de carrossier, qu’il était père de cinq enfants, qu’il était le soutien de son père âgé de quatre-vingt-sept ans et de sa mère âgée de quatre-vingt-quatre et sollicitait une place de concierge ou de surveillant dans un des châteaux ou palais nationaux. Il était porteur du certificat suivant : « Je, soussigné, capitaine de la 4e compagnie du 3e bataillon de la Ire légion, certifie que le sieur Bador, Jean, Antoine, demeurant rue Laborde n° 30, a contribué à maintenir par son zèle et son énergie l’ordre et la tranquillité pendant les 24 et 25 février dernier, en formant un poste dans son quartier. Je certifie de plus que le citoyen Bador a depuis constamment fait son service en bon garde national. » Signé, le 30 mai 1848 : Dubaret, A., demeurant 12, rue Laborde. Il fut recommandé par la Commission des récompenses nationales pour une mention honorable à paraître au Moniteur. Il reçut un secours de quarante francs en 1848. En 1851, il sollicita un secours, avançant qu’il avait « toujours combattu pour l’ordre dans les rangs de la garde nationale ». La police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Exploite depuis sept ans un fonds de marchand de vin, rue Laborde n° 30, où il paie six cents francs de loyer. Marié, ayant cinq enfants et sa mère à charge, c’est un vieux soldat de l’Empire, bon père de famille, brave homme, dont les opinions sont pour l’ordre et en faveur du gouvernement actuel. Sa réputation est excellente. Il fait peu d’affaires, de sorte qu’avec ses charges de famille il se trouve dans une position gênée et ne peut remplir ses engagements. Il n’a aucune fortune et personne de ses parents ne peut lui venir en aide. » Il reçut trois secours de soixante-quinze francs en 1851. En 1853, sans ouvrage, il sollicita un secours. Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1853, un secours de soixante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855. En 1856, il sollicita des secours. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « Bador est placier pour la maison Jouaconne, marchand de fer et d’acier, ressorts de voitures etc. rue de la Pépinière n° 68 et il gagne cent francs par mois, plus un intérêt de 5% sur la vente. Il est âgé de soixante-trois ans, marié ; il a quatre enfants, deux filles blanchisseuses qui gagnent ensemble quatre francs cinquante par jour, une autre qui est lingère et gagne un franc soixante-quinze centimes, un fils qui est peintre en voitures et gagne quatre francs cinquante. Tous ces enfants habitent avec lui ; leur travail réuni se monte à la somme de onze francs, sans compter les appointements du père et l’intérêt des ventes. La femme s’occupe du ménage. […] Il a été établi carrossier de 1831 à 1848, d’abord rue Laborde puis avenue des Veuves. Il dit avoir perdu en 1848 une somme de trente mille francs par des faillites. Il s’est ensuite établi marchand de vin rue Laborde et aurait éprouvé de nouveaux malheurs en juin. Depuis quatre ans, Bador demeure quai de Billy n° 2. Il occupe un logement de trois cent vingt francs par an, qu’il paie régulièrement ; son intérieur annonce l’aisance ; il est loin d’être malheureux, il a le confortable. Les renseignements obtenus sur son compte sont en sa faveur ; il dit avoir touché quarante francs l’année dernière. » Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1851, un secours de quarante francs en 1856. Il demeurait 2, rue Saint-Michel, au coin de la rue Maison-Neuve en 1830-1831 (parfois mais sans doute par erreur 12, rue Saint-Michel en juin 1831 ; la même source, Archives de Paris VD6 633 n° 1, donne les deux adresses 2 ou 12, rue Saint-Michel en 1831) ; 30, rue Laborde dans le faubourg du Roule en 1848-1851 ; 63, avenue Montaigne en 1851-1853 ; 2, quai de Billy, un logement au loyer annuel de trois cent vingt francs, en 1852-1856. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 13 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 12 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 66 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 55 n° 5, mairie du (ancien) Ier arrondissement, gardes nationaux, fiche de domicile (deux fiches à son nom) ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 3, état des sommes données aux blessés (soldés) ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, prestations de serment et autorisations de retirer des brevets, reçus de brevets, convocations des décorés à la mairie ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, liste des décorés de la Croix de Juillet, présumés à habiller ; Archives de Paris VK3 10 ; Archives de Paris VK3 18, Bordereau nominatif des combattants de Juillet qui ont reçu à la mairie du (ancien) Ier arrondissement sur les fonds de la souscription nationale, le paiement des 120 francs accordés par ladite souscription ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VK3 28, un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence registre de la Souscription nationale, blessés non classés par la Commission des récompenses, qui ont reçu les cinquante francs accordés à l’anniversaire de Juillet ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (bien sous le nom de Bador, Jean, Antoine mais demeurant 15, rue des Grésillons) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif de décorés, médaillés, blessés ou combattants de juillet 1830 et veuves de décorés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, courrier en date du 6 décembre 1850, minute 142-147 (sous le nom de Bador, Antoine), idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 26 du budget de 1851 (secours à divers titres), minutes 153-155 (sous le nom de Bador, Jean, Antoine), idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204 (sous le nom de Bador, Jean, Antoine), idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853 (sous le nom de Bador, Jean, Antoine).