Barbier, Jean, Joseph

Biographie


Né le 29 avril 1795 à Moncourt (Meurthe). Entré au service, le 10 mai 1815, dans le 6e bataillon de la garde nationale de la Meurthe, fourrier audit bataillon en arrivant à Thionville, passé au 1er chasseurs de la Meurthe pour le déblocus de la ville de Longwy, le 4 juillet 1815, licencié à Montigny près de Metz le 11 août 1815, le service de l’année 1815 ne fut pas porté sur ses états de service au ministère de la Guerre, attendu le changement de gouvernement et bien qu’il eut fait la campagne et qu’il eut reçu une blessure au genou gauche au blocus de Longwy contre les Prussiens ; rentré dans la légion de la Meurthe le 19 février 1819 (classe de 1816), caporal le 21 janvier 1820, caporal de grenadiers le 1er janvier 1822, caporal s.s. de fourrier le 1er juin 1822, passé dans la gendarmerie du Haut-Rhin le 23 avril 1823, venu dans la gendarmerie de Paris le 27 août 1824 par décision ministérielle du 27 juillet, congédié sur sa demande le 21 mai 1826. En octobre 1829, il était à Moncourt et le maire du village, Coffé, Jacques, attestait que, présent depuis trois mois dans la commune, Barbier s’y comportait « en brave et honnête homme, estimé de tous les habitants », que sa famille jouissait d’une « bonne et entière réputation », qu’il était né dans cette commune et « que depuis son enfance nous n’avons rien à lui reprocher qui puisse nuire à son honneur et probité ». Il était à Paris en juillet 1830 et participa à la révolution. En témoigne le certificat suivant, qui lui fut délivré : « Nous, soussignés, certifions par le présent que le 29 juillet dernier nous avons vu M. Barbier prendre part à la prise du Louvre. Nous l’avons également vu place des Victoires, rue Neuve-des-Petits-Champs, rue de la Paix et place Vendôme, qui engageait les militaires du 5e régiment de ligne à ne pas tirer sur le peuple et, après que ce régiment a eu refusé de faire feu, il donna des preuves de son désintéressement, en invitant nombre de ces militaires à se rafraîchir et les exhortaient en même temps à délivrer leurs cartouches au peuple, qui en demandait, ce qui fut fait par un grand nombre de soldats. » Signé, le 12 août 1830 : Rousseau (voir Rousseaux, Louis, François), demeurant 87 à Belleville (sic) ; Bassot, demeurant 166, rue Saint-Martin. Il était employé à l’Hôtel des Invalides depuis le 7 août 1830. Il adressa, le 29 avril 1831, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Jusqu’ici je n’avais pas cru réclamer près de vous les bienfaits que vous accordez aux personnes qui ont des droits à faire valoir, tant par leur conduite des journées de Juillet que celle antérieurement. Puisque vous avez la bonté, messieurs, de vous intéresser à tous les anciens militaires qui ont quelques droits aux récompenses que vous daignez accorder au nom de la nation, j’ose donc prendre la liberté, messieurs, de vous soumettre l’exposé des services que j’ai rendus pendant les journées de Juillet, ceux que j’ai rendus en 1815, au déblocus de la ville de Longwy, et en différents endroits des frontières, n’ayant posé les armes que le 10 août, licencié à Montigny près de Metz le lendemain 11 (voir ma feuille de route). Rentré dans la légion de la Meurthe, vous n’ignorez pas, messieurs, la journée du 19 août 1820, quelle rigueur on n’exerça à l’égard de nos officiers et sur tous les militaires en général. Pour punition on nous illisible. Je ne dirai pas, messieurs, que j’étais impliqué dans l’affaire du 19 août, on ne me l’a pas proposé. Je n’étais alors que caporal s.s. du fourrier près du sergent-major Enard, qui a été arrêté le 19 au soir. J’ai l’honneur de vous réitérer que je n’étais pas inculpé et cependant je savais de la bouche d’un nommé Martin, sergent de la compagnie Nantil, de ce qui se passait. J’en ai gardé religieusement le secret. Le 20, à 4 heures du matin, je reçus l’ordre de M. Godfroid, lieutenant porte-drapeau, comme étant fourrier provisoire du sergent-major Enard, de faire descendre sur-le-champ les malles de ce dernier pour être conduites à la place. Comme je m’étais aperçu qu’une d’elles contenait une quantité de paquets de cartouches, je les ai soustraites secrètement ; par ce moyen, elles n’ont pu servir de pièces à conviction contre le sieur Enard ni contre ceux de qui il les avait reçus. Il y avait aussi plusieurs lettres, qu’un nommé Corrigeux, sergent, a soustraites par mon invitation, ainsi que cent francs d’argent, qu’il remit au capitaine de la compagnie. A cet effet, je fus demandé devant M. le marquis de Montbise, commandant du 2e bataillon. Il me mit à la torture par ses questions qu’il me fit subir. Je déclare les avoir subies énergiquement. Il ne put m’arracher aucune parole qui pouvait nuire au sergent-major Enard ni à aucun des officiers (aussi on m’oublia pour l’avancement). Etant à l’île de Ré, un détachement, dans lequel je faisais partie, fut envoyé à La Rochelle. Le 45e régiment était alors en garnison avec nous ; une conspiration se forma, dans laquelle des officiers et sous-officiers dudit régiment furent inculpés ; pendant huit jours, on doubla les postes de la ville, la nuit seulement. Pendant cet intervalle, on m’envoya, accompagné de six hommes, faire patrouille dans différents quartiers de la ville, avec ordre d’arrêter tout individu que nous trouverions dans les rues, sans lanterne. Sur les minuit, il arriva qu’au détour d’une rue nous rencontrâmes trois hommes, bien vêtus, ayant, à ce que j’ai pu remarquer au clair de lune, chacun une canne percée. Ils voulaient d’abord fuir mais ils n’en eurent pas le temps. Je leur dis que nous allions les conduire à la place, mais un d’entre eux me répondit : “Camarade, nous ne faisons pas de mal ; veuillez nous laisser renter chez nous.” Il me tendit la main, ce que je n’acceptai pas et me dit, à mi-voix : “Nous sommes vos amis, laisse-nous aller.” Ce que je fis. Quelques mois après, nous partîmes pour Poitiers. Là, je reconnus que l’homme qui m’avait tendu la main à La Rochelle était le sieur Caffé, inculpé dans l’affaire du général Berton ; il me l’avoua lui-même pendant son jugement. Vous verrez, messieurs, par cet exposé que je n’ai jamais cherché qu’à alléger et à protéger les citoyens qui travaillaient à recouvrer nos libertés ; mes sentiments patriotiques et les services que j’ai pu rendre pour le bien de mon pays vous sont autant de preuves de mes bonnes dispositions envers notre nouvelle patrie. Après avoir examiné mes pièces, messieurs, si vous me jugez digne d’une récompense, j’ose vous prier de m’accorder un emploi dans l’armée, soit sous-lieutenant ou d’adjudant sous-officier dans la Légion étrangère. Le désir que j’ai d’être utile à mon pays et à ma patrie me fait prendre la liberté de vous faire cette désignation. J’ose espérer, messieurs, que vous daignerez accorder aide et protection à celui dont son sang est prêt à couler pour la patrie. » Il signa, le 12 août 1830, le certificat suivant en faveur de Rousseaux, Louis, François : « Nous, soussignés, certifions par le présent que M. Rousseau (sic) a pris part aux affaires de juillet, le 28 nous l’avons vu combattre rue Saint-Honoré près la halle à la viande, le 29 à la prise du Louvre ; il a parcouru avec nous la place des Victoires, la rue Neuve-des-Petits-Champs, la place Vendôme et d’autres différents endroits ; il passa le restant de la journée du 29 jusqu’au 30 à midi dans les appartements du Palais-Royal, où il exerçait un service de sûreté. Nous connaissons M. Rousseau (sic) pour un honnête homme et un bon citoyen. C’est pour quoi nous lui avons signé le présent pour lui servir et valoir ce que de raison. » On trouve dans son dossier cette lettre, en date du 29 décembre 1830, du maire et des adjoints de la commune de Moncourt, ainsi rédigée : « Nous attestons que dans les premiers jours du mois d’août dernier, le sieur Barbier, Jean, Joseph, ancien militaire, natif de cette commune, a donné des nouvelles des événements des derniers jours de juillet, sur ce qui s’est passé dans la capitale aux habitants de cette dite commune. Il a écrit avec des sentiments patriotiques, en engageant ses concitoyens à soutenir nos libertés et la cause des nouveaux gouvernants, que d’après ses avis et nouvelles de Paris, tous les jeunes gens se sont réunis à l’instant en partie en armes pour se féliciter à concourir au soutien de nos libertés et, en même temps, tous les habitants ont arboré le drapeau tricolore sur la tour, avec des décharges que les jeunes gens ont faites. Il a engagé même dans sa lettre les autorités civiles qui voudraient se donner un nom à la postérité de former des souscriptions en faveur des veuves et orphelins dont les pères ont été tués pour la défense de la liberté ainsi que pour les blessés. Dans une autre de ses lettres, datée du 8 décembre dernier, il a invité les militaires, retirés et autres qui sont pour partie, disant Partez, cest pour défendre votre patrie, le bonheur vous attend, vous pouvez parvenir maintenant nous ne sommes plus au temps de Charles X et dit Je voudrais être à votre âge, je ne balancerais pas un instant à reprendre du service. Encore si je suis requis de nouveau, je volerai à la défense de mon pays. Ainsi cet ancien militaire, nommé ci-dessus, est digne, par ses bons procédés, par son bon patriotisme et par les services qu’il a déjà rendus à l’Etat d’attirer la bienveillance du gouvernement et nous demandons qu’il soit porté au nombre des défenseurs de notre liberté car il s’est toujours bien comporté en brave et bon militaire dans les temps qu’il a rentré dans notre commune, soit par congé ou permission des corps dont il faisait parité et autres moments, qu’il est sans reproche en aucune manière, honnête et très respectable, ainsi que toute sa famille ; son père est âgé de quatre-vingts ans […]. » Et une lettre du général Lafayette, en date du 2 février 1831, et le remerciant d’avoir proposé son aide aux insurgés polonais : « L’impossibilité de faire parvenir aux Polonais des secours d’hommes n’a pas permis au Comité d’accepter l’offre que vous m’avez faite et que je me suis empressé de lui soumettre. Je ne puis donc que vous remercier de votre dévouement à cette belle cause et vous prier d’agréer, etc. » Le dossier de ses droits fut (sans doute) instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il demeurait 12, rue de la Boucherie-des-Invalides en 1830-1831. Archives de la préfecture de police AA 371 ; Archives de la préfecture de police AA 412 in dossier Rousseaux, Louis, François.

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