Barbier, Louis, Vinard, Nicolas

Biographie


Né le 27 octobre 1810 à Paris. Ouvrier menuisier parqueteur (par erreur perruquier dans un certificat de la mairie in Archives de la préfecture de police AA 371 et sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 92 ; maître parqueteur in Archives de la préfecture de police AA 405). Il fit, un des premiers, la barricade à la porte du 132, rue Saint-Lazare contre la garde royale de la caserne de la Pépinière, selon un certificat signé le 6 mai 1848, par Manvin, un des vainqueurs de la Bastille, et demeurant 6, cour Boni au 132, rue Saint-Lazare. Il était avec Oriol et Poindrel, le 28 juillet dans les fusillades qui eurent lieu sur le boulevard Poissonnière. Il était au côté d’Oriol quand ce dernier tua un officier, puis tous trois rejoignirent les autres combattants qui chargeaient la troupe. Ils se mêlèrent avec la foule, mais furent repoussés par les feux de peloton. Il fut blessé d’un coup de feu reçu aux reins, dans l’affaire de la rue de Rohan. Il reçut un secours de vingt francs le 6 août 1830 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il ne fut pas admis dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés, son nom étant rayé sur les listes de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il apostilla la lettre d’Oriol, Laurent quand ce dernier réclama la récompense honorifique, certifiant « la vérité des faits qui sont dans cette lettre, comme témoin oculaire ». Cette lettre donnait par ailleurs des indications sur la participation de Barbier aux combats. Elle était ainsi rédigée : « Le 28 juillet 1830, je descendais la rue du Faubourg-Poissonnière, armé de mon fusil de garde national de 1814. Je n’avais que du gros plomb et pas de poudre. J’aperçois plusieurs personnes armées de pistolets et de sabres. Je leur demande de la poudre. Trois d’entre eux s’approchent de moi et, n’en ayant eux-mêmes que très peu, ils me donnent seulement de quoi charger mon fusil trois fois. Alors nous descendons. Arrivés sur le boulevard nous voyons la garde royale qui tirait momentanément quelques coups de fusil. Au même instant, un des trois avec lesquels j’étais tombe à mes pieds, blessé d’une balle au sein gauche. Nous nous plaçons contre une porte cochère n° 1 du faubourg et là nous voyons se diriger la troupe sur la porte Saint-Denis. Une compagnie seulement reste en observation avec un officier. De l’endroit où j’étais, je saisis l’instant où l’officier se trouve bien à découvert, je lui tire mon coup de fusil et les deux personnes avec lesquelles j’étais resté – l’un s’appelant Barbier maître parqueteur demeurant rue Saint-Lazare n° 126 et l’autre Poindrel (voir ce nom) maître lampiste demeurant même rue Saint-Lazare n° 126 bis – me disent Il est tombé. Je leur réponds Je lai bien vu. Nous restons dans cette position environ un quart d’heure. Nous attendons que les bourgeois qui chargeaient la troupe passassent vis-à-vis de nous. Alors nous nous mêlons avec la foule et nous fûmes repoussés par leurs feux de peloton. N’ayant plus de munition, je remonte le faubourg Poissonnière et, à la barrière, je fais rencontre d’un nommé Poulain (voir Poulain, J., Henri), architecte, que je connaissais. Je lui dis Si vous aviez de la poudre à me donner, je suis bien disposé à retourner me battre sur le boulevard. Il me conduisit chez monsieur le maire, parce qu’il croyait qu’il y en avait. Nous y trouvâmes beaucoup de monde qui venait pour la même cause mais il n’y avait rien. On nous fit rester pour établir un corps de garde pour tâcher d’empêcher les troupes de venir s’emparer de Montmartre si elle en avait l’intention. Nous y sommes restés pendant trois jours, pendant lesquels nous avons fait le service et de fréquentes patrouilles. » Il adressa, le 5 mai 1848, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février : « Le citoyen Louis, Vinard, Nicolas Barbier, demeurant rue Saint-Paul n° 41, a l’honneur de vous exposer ce qui suit. Je suis né à Paris le 27 octobre 1810. Je suis ouvrier menuisier parqueteur, père de deux enfants. Je suis blessé de juillet 1830, inscrit sous cette qualité sur les registres de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, sur lequel est la rue Saint-Lazare, domicile de l’exposant à cette époque, au numéro 126, cour Boni. Il vivait alors avec son père, vieux républicain démocrate de 89. J’ai reçu un secours dans l’année qui a suivi la révolution de 1830. J’étais porté pour la croix mais, soit une négligence de ma part soit un malentendu, je ne l’ai pas eue. Mon père est mort du choléra en 1832. J’ai fait partie des patriotes citoyens qui ont lutté les 5 et 6 juin 1832. Je m’étais joint au citoyen Jury, employé. Je venais de cacher mes armes lorsque je fus arrêté, le soir derrière la banque. Je fus relâché. En 1833, je faisais partie du 7e régiment de ligne, en garnison à Valenciennes. Le citoyen Moulin m’ayant chargé d’une quantité de brochures républicaines, je fis de la propagande au régiment. Je fus dénoncé par un sergent et un sous-lieutenant. Je fus écroué à la prison de la ville et mes papiers furent saisis. Par ordre du général commandant la place, je repris le lendemain mon service, après avoir été mis en liberté. Je fournirai au besoin tout renseignement à cet égard pour établir la véracité de ces faits, les noms des militaires qui y ont figuré. Le 12 mai 1839, j’étais sous-officier et en garnison à Courbevoie. Je dois à une permission de vingt-quatre heures de n’avoir pas figuré dans les rangs de mon régiment, venu ce jour-là à Paris pour figurer dans la prise d’armes contre le citoyen Barbès et autres. Je reçus mon congé la même année, ayant refusé un nouvel engagement, qui compromettait mes opinions. Je me suis remis à l’ouvrage. J’ai vécu jusqu’à ce jour, de misères, de privations et c’est avec ardeur qu’en face d’un gouvernement corrompu, égoïste, j’ai pris de nouveau les armes pour la cause de la liberté. Le 23 février, sur la place du Châtelet, après des efforts et des succès marqués pour la cause de la liberté, je fus chargé, avec les citoyens que j’avais réunis, par les gardes municipaux. On avait obtenu la réforme mais ces derniers n’en continuèrent pas moins leurs charges et nous dûmes les combattre. Ramené par la force des choses sur le boulevard, je me rendis auprès du ministère des Affaires étrangères et je fus un des auteurs de cette catastrophe qui a plongé tant de familles dans le deuil. Je me trouvais au milieu des morts et mourants. Refoulé rue de la Chaussée-d’Antin. Exaspérés par la situation et excités par la vengeance, les citoyens, les citoyens Clarisse (lire sans doute Cérisse) et moi nous allâmes au faubourg Montmartre, où nous passâmes la nuit à faire des barricades avec l’aide d’autres citoyens. A 5 heures du matin, nous attaquâmes un convoi de cartouches et deux pièces de canon conduites par les artilleurs sur le boulevard. On fit feu sur nous. Malgré cela, nous nous occupâmes du convoi, nous fîmes la distribution des cartouches et nous conduisîmes les pièces aux barricades. Le citoyen Adolphe Leroux fut choisi pour commander la barricade au coin de la rue Bergère, dont je faisais partie. Il prit nos noms ; nous étions une quarantaine. Nous jurâmes de mourir pour la défense de liberté. Un général vint pour parlementer. Nous ne le lâchâmes qu’après lui avoir fait crier Vive la république ! Pendant ce temps, le citoyen Clarisse et moi, nous fîmes une pointe sur Notre-Dame-de-Lorette, où nous avons fait sonner le tocsin. Plus tard, nous exigeâmes des armes du Théâtre des variétés. Il nous fut remis ce qui était disponible et en bon état. Décidés à marcher sur le château, nous fûmes rejoints par des gardes nationaux, qui marchèrent avec nous jusqu’à la rue Vivienne. Là, trois tambours furent forcés de se joindre à la masse des combattants républicains et nous allâmes nous armer rue de la Paix, à la caserne des pompiers. Nous nous dirigeâmes alors rue de Rivoli, où nous essuyâmes le feu de la troupe de ligne ; puis nous prîmes route du côté de la rue Richelieu et nous arrivâmes place du Palais-Royal, au coin du café de la Régence. Là, après avoir assisté à la prise et catastrophe du Château d’eau, nous nous dirigeâmes aux Tuileries et dans la salle des Maréchaux nous avons assisté à la nomination des membres du gouvernement provisoire, acceptée à l’unanimité. Après le départ pour l’Hôtel de ville, je suis retourné à une barricade, où j’ai resté quatre jours et quatre nuits, sans me coucher, à la garde des pièces. Les pièces de canon remises à la mairie, je suis rentré dans ma famille. Accablé de misère et de privations, je suis parvenu à entrer, le 21 mars, dans les ateliers nationaux. Je me suis enquis des citoyens avec lesquels je me suis trouvé dans les affaires dont la relation précède. Je citerai le citoyen Constantin, parqueteur, demeurant aux Batignolles, le citoyen Moret, maître menuisier de la garde nationale et divers autres dont le nom et l’adresse m’échappent. Je citerai aussi le lieutenant sellier de la garde nationale, demeurant rue Rochechouart n° 14, qui, avec huit hommes de sa compagnie, est venu fraterniser avec nous. C’est avec ces preuves, faciles à constater que je me présente à vous, citoyens, comme un patriote républicain digne de votre intérêt, de vos éloges. Je viens en solliciter la manifestation et vous demander qu’il vous plaise de me faire participer aux récompenses que vous accordez aux défenseurs de nos libertés, de notre république. » Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Le premier : « Je, soussigné, certifie à qui il appartiendra que le citoyen Louis, Vinard, Barbier, ex-sous-officier du 7e régiment de ligne, ouvrier parqueteur, demeurant rue Saint-Paul, n° 41, s’est trouvé le 23 février avec moi à 10 heures du soir et même avant sur le boulevard au ministère des Affaires étrangères lors de la catastrophe, que nous avons fait des barricades ensemble, faubourg Montmartre, rue de Buffaut, qu’il était à la prise des deux pièces de canon sur le boulevard Montmartre le matin 24 que je suis revenu sur les 9 heures, qu’il a contribué à la destruction des forces du poste du Château d’eau ex-Palais-Royal et qu’il est monté avec moi dans la salle des Maréchaux aux Tuileries où, après qu’on nous a eu lu la liste des noms des membres qui devaient faire partie du gouvernement provisoire, nous nous séparâmes. » Signé, le 8 mai 1848 : Cérisse, demeurant 12, rue des Poissonniers à La Chapelle. Le deuxième : « Moi, citoyen Doyen, chef de la barricade du faubourg Montmartre, je certifie que le nommé Barbier, Louis, Vinard, parqueteur, fut un des premiers à la barricade le 24 février 1848 à la prise des deux pièces de canon et qu’il est resté les quatre jours avec nous et que c’est à l’aide de son patriotisme que nous avons maintenu le bon ordre dans le quartier. » Doyen ; Vallod (voir Vallod, Jacques, Adèle, Théodore), « décoré de Juillet, capitaine adjoint à l’état-major sous le gouvernement provisoire de 1830 » ; Ternisien, demeurant 12, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Dubois, demeurant 15, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Grenet, A., boulanger, demeurant 14, rue du Faubourg-… ; veuve Chaulin, demeurant 16, rue du Faubourg-Montmartre ; Vincent, concierge, demeurant 1, rue Geoffroy-Marie ; Lami, demeurant 16, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Sellier, Victor, chef de barricade dans la journée du 25 février 1848, 1er sous-lieutenant à la 4e compagnie du 2e bataillon de la IIe légion de la garde nationale ; Genty, marchand de vin, demeurant 17, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Guidon, demeurant 48, rue du Faubourg-Montmartre ; Sery ; Deseule ; Lami, demeurant 16, rue du Faubourg… Il fut recommandé par la Commission pour un poste d’inspecteur des éclairages de la Ville de Paris. Nommé inspecteur des gaz et fontaines, il renonça à ce poste, parce qu’on lui imposait un surnumérariat trop long et qu’il ne pouvait rester sans appointements, et sollicita une autre nomination. Il demeurait 126, rue Saint-Lazare en 1830-1831 ; 41, rue Saint-Paul en 1848. Archives de Paris VD6 55 n° 5, mairie du (ancien) Ier arrondissement, gardes nationaux, fiche de domicile ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, idem liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, où son nom est rayé (sous le seul nom de Barbier) ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 7 liste des secours aux combattants (sous le seul nom de Barbier) ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le seul nom de Barbier) ; Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates (sous le seul nom de Barbier) ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Oriol (sous le seul nom de Barbier). Archives de la préfecture de police AA 371 (sous le nom de Barbier, Louis, Nicolas) ; Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Oriol, Laurent. Voir Barbier, Alexis, François du 126, rue Saint-Lazare…

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