Barbier, Mœliosa, Julie, Virginie
Biographie
Née le 7 juillet 1823 à Jaulgonne (Aisne). Elle était âgée de sept ans, lorsqu’elle reçut un coup de feu à la tête, le 28 juillet, rue du Faubourg-du-Temple en face de la rue Bichat, en provenance de soldats stationnés sur le boulevard. Elle mourut le lendemain des suites de sa blessure. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le 1er avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Ménétrier, Jean, Nicolas, né vers 1789, rentier, demeurant 48, rue du Faubourg-du-Temple ; Gouchet, né vers 1796, aubergiste, demeurant 48, rue du Faubourg-du-Temple ; Coutelier, Joseph, né vers 1802, coiffeur, demeurant 45, rue du Faubourg-du-Temple ; Clerc, Armand, né vers 1798, mécanicien, demeurant 16, rue du Buisson-Saint-Louis. Ils certifièrent « qu’il est à leur parfaite connaissance qu’une jeune fille nommée Julienne, Méliosa Barbier, âgée d’environ sept ans, se trouvant le 28 juillet 1830 dans la rue du Faubourg-du-Temple, vis-à-vis la rue Bichat, a été atteinte à la tête, d’une balle venant de la direction du boulevard, où il y avait des soldats ; que cette jeune infortunée étant tombée à ce coup, fut transportée d’abord au domicile de l’un des comparants, le sieur Gouchet, où elle reçut en présence des autres comparants les soins du sieur Laboyrie, demeurant dans la même maison n° 69 ; qu’ensuite et le même jour elle fut transportée chez le sieur Joseph Barbier, son père […], où elle est décédée le lendemain ». Ses parents, Barbier, Joseph, né le 30 janvier 1785 à Beuvardes (Aisne), et Lefebvre, Marie, Anne, Virginie, née le 5 pluviôse an IX à Congy (Marne), s’étaient mariés à Jaulgonne, le 19 juin 1822. Barbier, Joseph était alors tailleur d’habits, veuf de Bugnard, Marie, Jeanne, fils de Barbier, Pierre et de Ratel, Marie, Geneviève son épouse. Lefebvre, Marie, Anne, Virginie était alors couturière, fille de Lefebvre, Mansuet, Henry, Marin, propriétaire et marchand, et de Parisot, Reine, Françoise, Julie. Le père, souffrant d’une faiblesse de la vue, ne pouvait travailler de son état que par intervalles et très difficilement selon un certificat de la mairie de Jaulgonne. Le 22 janvier 1831, le maire de la commune de Jaulgonne délivrait au père le certificat suivant : « Nous, maire de la commune de Jaulgonne, certifions […] que Joseph Barbier […] demeurant dans cette commune depuis le 1er août dernier et qu’il avait précédemment habitée pendant huit années, est rentré dans ladite commune après les glorieuses journées de Juillet, venant de Paris. Il nous a déclaré avoir quitté Paris parce qu’il se voyait sans ressources avec sa femme et trois enfants en bas âge ; qu’il avait perdu une fille âgée de sept ans, qui avait été frappée d’un coup de feu dans la rue du Faubourg-du-Temple le 28 juillet dernier et qui est morte le lendemain des suites de sa blessure. Nous certifions en outre que le sieur Barbier est dans un état voisin de la misère à cause de sa vue, qui par intervalle l’empêche de travailler de son état. » Les parents furent pensionnés de deux cents francs et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Elle demeurait chez ses parents, 137, rue du Faubourg-du-Temple ; ses parents à Jaulgonne en 1831. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 99 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 7 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/43 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, ascendants.