Bareau, Benjamin
Biographie
Né le 24 floréal an II à Montjean (Mayenne), fils de Bareau, Pierre, et de Reveillé, Marie. Charretier. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à l’épaule droite, le 29 juillet 1830 place du Carrousel, et mourut des suites de sa blessure le 18 août à l’Hôtel-Dieu. Le bulletin d’entrée à l’hôpital précisait que le coup de feu avait traversé l’épaule droite de part en part, avec grand fracas de la tête de l’humérus. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 20 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Rousseau, Jean-Michel, boulanger, demeurant 163, rue de Sèvres ; André, Antoine, rentier, demeurant 163, rue de Sèvres ; Leconte, Jean-François, Elisabeth (voir ce nom), ouvrier sur les ports, demeurant 163, rue de Sèvres. Ils affirmèrent « pour vérité et notoriété publique et sous la foi du serment qu’il est à leur connaissance personnelle que le sieur Benjamin Barraut (sic) […] a été blessé d’un coup de feu sur la place du Carrousel, en combattant avec les braves le jeudi 29 juillet 1830 et qu’il est mort par suite de cette blessure le 18 août suivant ». Il laissait une veuve : Scherbeaum, Madeleine, Victoire, née le 22 brumaire an IX à Rully (Oise), fille de Scherbeaum, Jean-Joseph et de Lecomte, Madeleine, Victoire, qu’il avait épousée le 24 avril 1823 à Paris. Elle reçut (par erreur sous le nom de Barreau) un secours de cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, fut pensionnée (sous les prénoms de Marie, Victoire sur les listes du Moniteur universel) et reçut (sous le nom de veuve Bareau, née Scherbaune, Madelaine, Victorine) de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait deux enfants : Louis, Marie, né le 31 octobre 1828 (par erreur le 2 novembre 1828 in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris, et Victoire, Eugénie, née le 1er août 1830 (par erreur le 3 août 1830 in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris, qui furent pensionnés de deux cent cinquante francs et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes (sous les noms de Barau, Louis, Marie, et Barau, Victoire, Eugénie). Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère, tutrice, et du côté paternel : de Tavernier, Nicolas, Denis, blanchisseur, subrogé-tuteur, demeurant 28, rue de l’Ecole à Vaugirard en 1831-1833 ; d’Harpin, Jean-Baptiste (voir ce nom), demeurant 163, rue de Sèvres en 1833, décoré de Juillet ; de Desprez, Louis, Auguste, décoré de la Croix de Juillet (voir ce nom), adjudant sous-officier à l’hôtel des Invalides, demeurant 17, rue Guisarde, en qualité d’ami ; et du côté maternel : de Fretigny, Cyr, Auguste, décoré de la Croix de Juillet (voir ce nom), menuisier demeurant 20, esplanade des Invalides, en qualité d’ami ; de Daubanton, Jean-Jacques, Martin (voir ce nom), médaillé de Juillet, adjudant sous-officier à l’hôtel des Invalides, y demeurant, en qualité d’ami ; de Quevrin, Marie, Philoxène (voir ce nom), décoré de la Croix de Juillet, adjudant sous-officier à l’hôtel des Invalides, demeurant 169, rue Saint-Dominique en qualité d’ami. Ce conseil de famille, par sa composition, ressemblait beaucoup à celui d’Elouin, dit Chef d’Homme, Charles, Marie (voir ce nom). Par un testament en date du 1er mai 1832, le baron Chambon, Claude, Gaudérique, Joseph, Hiérome, ancien commissaire ordonnateur des armées sous l’Empire, demeurant 11, rue du Petit-Vaugirard, « applaudissant aux principes qui ont dirigé la révolution de Juillet et voulant lui rendre un hommage durable » fit un legs en faveur de vingt orphelins ou orphelines du (ancien) Xe arrondissement, de quatre du (ancien) XIe arrondissement et de trente du (ancien) XIIe arrondissement, laissant, pour chacun d’entre eux, une somme de six mille francs (sans qu’on connaisse les critères de sélection choisis à l’établissement de la liste). Quand le baron Chambon mourut, le 26 septembre 1833, le testament fut attaqué par ses neveux, sous le prétexte que « le défunt aurait eu en les dépouillant de son héritage, cédé à des sentiments d’inimitié et de colère ». Puis, finalement, ces neveux se désistèrent, ouvrant alors les droits des orphelins. Les deux enfants furent parmi eux. Pour chacun des orphelins la somme fut convertie en deux cent cinquante-six francs de rente à 5 %. Le fils reçut trois cents francs de frais de trousseau en 1836 ; en 1835-1836, il était élève dans la pension Mamitte à Vaugirard. Victoire, Eugénie reçut, pour ses frais de trousseau, la même somme en 1838, avant de rentrer élève dans une pension. Victoire, Eugénie était élève dans la pension de madame George, née Follet, 182, rue du Cherche-Midi, à partir du 1er avril 1838, et Louis, Marie, au Beau-Grenelle, 29, rue du Théâtre à partir du 9 novembre 1836. En 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, seize mariages (un par arrondissement parisien et quatre pour les arrondissements ruraux), devaient être dotés de trois mille francs par la Ville de Paris ; les futurs mariés devaient, soit eux soit leur famille, avoir mérité de la victoire. Jean-Baptiste Harpin (voir ce nom dans les combattants) posa sa candidature. Il voulait épouser la veuve Bareau, avec laquelle il était au conseil de famille des orphelins. A sa candidature fut préférée celle de la fille d’Elouin (voir ce nom), tué dans les combats de juillet 1830. Bareau demeurait à Vaugirard en 1823 ; 19, rue de Sèvres ou 25, barrière de Montreuil ; sa veuve et ses enfants, 163, rue de Sèvres, en 1831 ; 39, rue Blomet en 1833 ; 29, rue Neuve-Blomet à Vaugirard, en 1835-1836. Le nom de Bareau (B. Bareau) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 314 (sous le nom de Barreau, Benjamin) ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves et liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 108 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 7 ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1833 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, son dossier individuel, idem Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du Xe arrondissement, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet domiciliés dans cet arrondissement ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des orphelins dont les bulletins individuels ont été remis le 16 décembre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, Secours à domicile de la Ville de Paris, bureau de bienfaisance du Xe arrondissement, 9, rue de Varennes, service des orphelins de Juillet, note pour servir à la rédaction des certificats de vie, une feuille volante des sommes à payer, idem Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VD6 560 n° 7 : exécution des legs du baron Chambon en faveur des orphelins de juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) Xe arrondissement, orphelines du (ancien) Xe arrondissement et Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1838 Xe arrondissement ; année 1839 Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/43 ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Lamolière ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien) Xe arrondissement et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 79, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.