Bareau, Catherine, femme Markel, Jean-Baptiste
Biographie
Née le 29 septembre 1778 à Rambervillers (Vosges). Marchande de linge au marché du Temple, elle était, accompagné de son mari, dans la foule qui fuyait devant le feu du 50e de ligne, le 28 juillet vers 11 heures du matin, dans la rue du Temple au coin de la rue de Vendôme, quand ils chutèrent. Piétinée par les fuyards, Catherine Marckel reçut de nombreuses contusions et eut le bras droit fracturé. Elle reçut (sous le nom de Marquerelle et Marquelle) un secours de cent francs et un autre de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le certificat médical suivant constatait la blessure qu’elle avait reçue : « Je, soussigné, docteur en médecine, chirurgien de l’ambulance du Temple, certifie que la femme Catherine Marckel, marchande au marché du Temple, a eu l’avant-bras fracturé le 28 juillet 1830 à 11 heures du matin dans la rue du Temple au coin de la rue de Vendôme. J’atteste en outre que sa fracture est le résultat d’une chute dans laquelle elle a été entraînée par la foule qui fuyait devant le 50e de ligne qui faisait feu sur elle. Je lui ai posé le premier appareil à 11 heures un quart et j’ai reçu la déclaration de plusieurs témoins qui m’ont certifié avoir vu tomber la femme Marckel et plusieurs personnes marcher sur elle et son mari. » Signé, le 14 août 1830 : Lemaistre, Florian (voir ce nom). Elle devait mourir quelques mois plus tard d’un ictère, peut-être attribué aux contusions qu’elle avait reçues. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Elle avait reçu (sous le nom de Markel, Catherine Baraud) après la révolution, un total de cinq cents francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Un certificat médical donnait les précisions suivantes sur la cause de sa mort : « Je, soussigné, officier de la Légion d’honneur, chevalier de l’ordre d’honneur de première classe de Prusse, docteur en médecine de la faculté de Paris, chirurgien en chef des hôpitaux militaires en disponibilité, certifie avoir donné mes soins à madame Marckel, Catherine, pour des altérations organiques du foie, des glandes mésentériques et des intestins, par suite de lésions mécaniques, de contusions profondes et consécutivement de péritonite, d’entérite, d’hépatite, à la suite desquelles des tumeurs squirrheuses, stéatomateuses et des suppurations profondes ont produit la fièvre lente ictère au plus haut degré, la consomption, des hémorragies passives et la mort. Les accidents névralgiques intercurrents, les paralysies partielles et successivement amenées par la nature de la maladie dont cette malheureuse mère de famille a été la victime remontent à la cause première d’accidents aussi graves qui n’ont pu manquer d’être attribués aux blessures, plaies, contusions, commotion, fractures et diastasis reçues pendant et par l’effet du combat du 28 juillet 1830. » Signé, le 22 juillet 1831 : Duvivier. La Commission des récompenses nationales, le 23 avril 1831, qui l’avait classée dans la 3e classe des blessés à cause de la fracture de son bras, s’il pouvait « être constaté que sa fracture soit le résultat des événements de juillet 1830 », refusa d’attribuer les causes de la mort de Marckel aux événements de Juillet : « Attendu que l’accident de la femme Marckel provient d’une chute au milieu de la foule, et que de pareilles chutes ont dû être innombrables et ne caractérisent ni blessure en combattant ou par l’effet des armes mais seulement la suite et le désir de conservation de la femme Marckel ; attendu d’ailleurs que la mort survenue un an plus tard a eu lieu sous des symptômes tout à fait étrangers à un accident du bras droit ; attendu que les certificats déclarent que lorsque la femme Marckel a passé à la visite elle était parfaitement guérie de son bras », elle rejeta les demandes de pension présentées pour les deux orphelins qu’elle laissait, Catherine, Elisabeth, née le 17 avril 1814 à Paris, et Charles, Victor, né le 11 avril 1821 à Paris (elle était indiquée sur les listes du Constitutionnel comme ayant huit enfants à sa charge). Elle était mariée à Marckel, Jean, qu’elle avait épousée le 1er vendémiaire an XII à Rambervillers ; sur l’acte de mariage, Marckel, Jean est indiqué comme né à Ulm (Allemagne), fils de Marckel, Jean, tisserand, et de Gloklerin, Anne, Marie, et comme étant menuisier ; Bareau, Catherine est indiquée comme la fille de Bareau, Joseph, sculpteur, et de feue Guilleré, Françoise, son épouse. Le mari reçut (sous le nom de Markel, Jean-Baptiste), à titre de cas exceptionnel, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Elle demeurait marché au Temple en 1830 ; 4, rue Saint-Laurent puis 22, rue du Petit-Thouars en 1831. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels du Ve arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 75 ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/65 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ve arrondissement, cas exceptionnels.