Barthez, François
Biographie
Docteur en médecine, reçu le 26 août 1828 à la faculté de Paris. Il fit l’objet de la pétition suivante présentée auprès de la Commission des récompenses nationales par plusieurs habitants : « Le gouvernement devant accorder des récompenses à tous les citoyens qui se sont distingués pour la cause de la liberté dans les mémorables journées de Juillet, nous croyons seconder les vues du gouvernement en signalant aux membres de cette commission M. Houeix, pharmacien, rue Saint-Denis, n° 235, et Barthez, François, docteur en médecine, rue Saint-Denis, n° 227, le premier pour avoir transformé sa pharmacie en ambulance dès le 28 au matin (on a vu au même instant à la porte de sa pharmacie un drapeau noir, portant cette inscription Secours aux blessés), où plus de quatre-vingts victimes ont reçu pendant les glorieuses journées et jours suivants des secours de toute nature. Le second, pour avoir secondé, par son zèle et son patriotisme, les intentions philanthropiques de M. Houeix, en donnant à tous les malheureux blessés qui se sont présentés à cette ambulance les soins de son art et avoir continué à leur prodiguer tant dans cet établissement qu’à domicile les soins que réclamait leur parfaite guérison. D’après ces faits, les soussignés ont l’honneur de prier la Commission de vouloir bien les porter sur la liste de ceux qui ont mérité la décoration de Juillet. » Signé (sans doute tous habitants de la rue Saint-Denis) : Royer illisible, rue de la Grande… ; Crampel ; Clément illisible ; Sallas ; veuve Barré ; Lasue illisible ; Blondel ; Guillard ; Platel ; Pignier illisible ; Feuillard ; Pohl illisible, caporal à la 4e compagnie du 3e bataillon de la Ve légion de la garde nationale, qui prêta un lit de sangle. Barthez adressa la lettre suivante à la Commission : « Les habitants de la rue Saint-Denis vous ayant adressé une demande collective en faveur de MM. Houeix et Barthez pour la décoration de Juillet, pour les services qu’ils ont rendus pendant les mémorables journées de notre glorieuse révolution. M. le docteur Barthez, rue Saint-Denis, n° 227, croit qu’il est de son intérêt que la commission soit suffisamment éclairée à son égard pour qu’elle puisse établir d’une manière encore plus positive les droits qu’il a à cette faveur. et à cet effet il a l’honneur de vous exposer que n’ayant pas participé à la rédaction de la demande puisqu’elle a été le résultat d’un mouvement spontané des habitants de ce quartier, il n’a pas pu y insérer les réflexions suivantes : 1° que la commission ne doit pas voir seulement l’action en elle-même car, alors, je n’aurais fait que remplir mon devoir mais que j’ai non seulement prodigué tous mes soins aux blessés qui se sont présentés à l’ambulance mais encore au domicile de ces blessés pendant plusieurs mois et à des distances plus ou moins éloignées les uns des autres, de sorte que mes intérêts s’en sont trouvés plusieurs fois lésés, ne me trouvant pas chez moi lorsqu’on venait me chercher pour des malades payants. 2° qu’à cette époque, je faisais partie du corps des officiers de santé attachés à l’hôpital de la garde royale (au Gros-Caillou), et que si, malheureusement, la mitraille de Charles X eût triomphé, c’en était fait de ma place et par conséquent de mon existence, de celle de ma femme et de ma famille. Je livre toutes ces réflexions aux méditations des membres de l’honorable commission, en les priant de vouloir bien prendre en considération la demande qu’on a faite pour moi. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Un autre médecin, le docteur Bachelot, Charles, Joseph, avait participé à l’établissement de l’ambulance. Ses droits furent oubliés ; en témoigne cette lettre qu’il adressa, 5 juillet 1831, à la Commission des récompenses nationales : « Dans les glorieuses journées de juillet 1830, mon dévouement à la patrie me fit former, conjointement avec M. le docteur Barthez, rue Saint-Denis n° 227, une ambulance pour secourir nos braves frères qui combattaient pour la liberté ; dans la maison et pharmacie de M. Houeix (voir Houeix, Jean-Baptiste), rue Saint-Denis n° 235. Le 19 août suivant, j’eus l’honneur de remettre à M. le maire du (ancien) Ve arrondissement un rapport concernant le grand nombre de blessés à qui nous avons donné nos soins pendant les 28, 29 et 30 dudit mois de juillet ; ce rapport, qui fut remis à la Commission des récompenses nationales nommée par le gouvernement, n’a point été signalé par la Commission comme un acte de dévouement, de zèle et de patriotisme pour ma part tant il est vrai que MM. Barthez et Houeix ont eu des décorations et que, seul, j’ai été excepté. Je n’ai pu obtenir de la préfecture que mes pièces me soient rendues. Je vous expose ce fait et je vous laisse, messieurs, le soin de me juger dans votre impartialité. Ancien serviteur de la patrie, décoré au champ d’honneur, j’ai souffert sept ans et demi, pour mes opinions, l’exil sur les terres étrangères. La patrie doit, aujourd’hui, un peu de considération à ceux qui seront […] prêts à se dévouer pour elle, et le roi, dans sa sollicitude paternelle, serait fâché qu’il en fût autrement. J’ose espérer, messieurs, qu’après avoir examiné mes droits, vous voudrez bien prendre en considération les miens et y faire droit. Je joins ici une petite lettre de M. le commissaire du gouvernement (absente du dossier, N.D.A.) près la Commission des récompenses nationales, qui prouve l’incontestabilité de mes droits. Agréez etc. » Il signa, le 6 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Daspect, Jean, Joseph, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Jean, Joseph Daspect, rue de Laborde n° 7, a conduit à notre ambulance, établie chez M. Houeix, rue Saint-Denis n° 235, dans les journées de juillet 1830 deux victimes de notre révolution. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 227, rue Saint-Denis en 1830-1833. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement (sous le nom de Bartez, François) ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusqu’au 31 mai 1833 (il est plus dans le même numéro mais pour l’année 1838) ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VK3 48 in dossier Mahé, Théobald (pour les soins qu’il avait donnés à celui-ci) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Bachelot, Charles, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 382 in dossier Daspect, Jean, Joseph. Les deux Barthez ont la même adresse, la même médaille ; à noter qu’il y a beaucoup de médecins ou de soignants décorés dans le (ancien) IVe arrondissement … Sans doute il y a-t-il identité entre Barthez sans précision des prénoms et Barthez, François…