Bazin, Jean-Baptiste, Michel
Biographie
Né le 20 floréal an V (9 mai 1796) à Saint-Domingue. Ancien enfant de troupe, militaire pendant dix ans sous l’Empire, ou plus sûrement de 1812 à 1818 selon un rapport de police de 1850, dans le 82e de ligne, devenu ouvrier fondeur. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement (sous le nom de Bazin, Pierre, Baptiste, Michel sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celle de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/36 et Archives nationales F/1dIII/39). Il apostilla la demande de secours présentée en juillet 1831 par Vautrin, François, Casimir, en certifiant qu’il y avait bien identité entre lui et le nom du médaillé Vautrin, Louis, François. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1831, il était tambour maître dans la VIIIe légion de la garde nationale. En 1838, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Demeure […] à la fonderie de Reuilly, où il travaille. Il est marié et il a deux enfants à sa charge. Sa position n’est pas heureuse. Il jouit d’une bonne réputation. » Il reçut un secours de trente francs en 1839. En juillet 1840, se relevant de cinq mois de maladie, sans ouvrage, père de deux enfants en bas âge, sa femme presque toujours malade, ayant vendu ou engagé la plus grande partie de ses effets, il sollicita un secours. Il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1840, un secours de vingt-cinq francs en 1841. En 1842, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Ouvrier fondeur, presque toujours sans occupation à cause de son état maladif et d’une brûlure au pied, qui l’a retenu longtemps au lit. Sa femme est monteuse de bretelles mais gagne fort peu. Ce ménage est très malheureux et mérite intérêt sous tous les rapports. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1842, un secours de vingt-cinq francs en 1843. En 1844, père de trois enfants, sa femme malade depuis cinq mois, ne pouvant pas gagner suffisamment pour nourrir ses enfants et soulager leur mère, dans un besoin extrême et ne pouvant solder trois termes de ses loyers qu’il devait, il sollicita un secours et obtint un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1844, un secours de vingt-cinq francs en 1845. En 1846, malade et sans ouvrage, « dans la misère la plus déplorable, étant sans pain, sans bois », devant deux termes de son loyer, il sollicita un secours et obtint vingt-cinq francs, quarante francs en 1847, quarante francs en 1848, à titre de décoré de la Croix de Juillet. En 1849, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Il est ouvrier vernisseur, sans occupation depuis dix-huit mois. Il doit plusieurs termes à son propriétaire. Bons renseignements sur sa moralité et sa conduite. » Il reçut un secours de quarante francs en 1849. En 1850 : « […] On fournit sur son compte et sous tous les rapports les renseignements les plus satisfaisants ; il inspire de la confiance et il paraît digne de recevoir les bienfaits du gouvernement. » Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1850, à titre de décoré de la Croix de Juillet, deux secours de soixante-quinze francs en 1851. En 1852, la même administration rapportait à son sujet : « […] Il a été fondeur en cuivre et a renoncé à cette profession trop fatigante pour embrasser celle de vernisseur en miroir, qu’il exerce aujourd’hui. Marié, il a deux fils, âgés de dix-huit à dix-neuf ans. L’aîné travaille avec son père et le produit de leur travail commun est d’environ trois francs par jour. Le plus jeune est en apprentissage chez un fondeur en cuivre. Le sieur Bazin n’est pas heureux. Il est souvent obligé de suspendre ses travaux par suite des douleurs que lui font éprouver d’anciennes blessures et il est alors privé de son unique ressource. On le représente favorablement sous tous les rapports. » Il reçut une allocation de quarante francs entre 1849 et 1853, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1852, un secours de soixante-quinze francs en 1853, un secours de quarante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855, au titre de décoré de la Croix de Juillet. En 1856, il sollicita un secours. A cette occasion, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Ancien tourneur en cuivre, il travaille actuellement chez lui comme vernisseur. Il est âgé de soixante ans, marié, il a un fils qui est dans les hussard, sa femme travaille avec lui, il occupe un ouvrier et un apprenti et peut gagner environ six francs par jour. […] Son intérieur est propre et annonce un ouvrier qui n’est pas dans le besoin. […] Bazin jouit dans son quartier d’une bonne considération et passe pour un honnête homme. » Il reçut un secours de quarante francs en 1856. En 1857, ses enfants au service de la patrie, dont un au régiment de lanciers de la garde, « sans moyens d’existence suffisants » pour sa femme et lui, il sollicita un secours. A cette occasion, la même administration le disait vernisseur sur bois, travaillant à son compte et n’ayant d’autres ressources que le produit de son état, ajoutant : « Sa moralité est excellente et il reste étranger à la politique. » Il reçut un secours de quarante francs en 1857, un secours de quarante francs en 1858, un secours de quarante francs en 1859, un secours de quarante francs en 1860, un secours de quarante francs en 1861, un secours de quarante francs en 1862, un secours de quarante francs en 1863. En 1864, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Est atteint d’infirmités qui l’empêchent d’exercer son état. Il ne possède aucune ressource personnelle et ses enfants eux-mêmes ne sont pas en mesure de lui venir en aide. Sa femme gagne seulement un franc vingt-cinq centimes par jour, somme insuffisante pour subvenir aux besoins de première nécessité, et c’est le motif qui lui a fait obtenir son inscription au bureau de bienfaisance du XXe arrondissement. On n’a recueilli que de bons renseignements sur le compte des époux Bazin. » Il reçut un secours de quarante francs en 1864. En 1865, il était tombé paralysé et reçut un secours de quarante francs, un secours de quarante francs en 1866, un secours de quarante francs en 1867, un secours de quarante francs en 1868, un secours de quarante francs en 1869. Il mourut en 1869. Sa veuve reçut un secours de quarante francs en 1870. Il demeurait 18, rue de Ménilmontant en 1830 (in Archives de Paris VD6 471 n° 5) ; 101, rue du Faubourg Saint-Antoine en 1831 (in Archives nationales F/1dIII/39) ; 23, rue de Montreuil puis à Reuilly en 1838 ; 96, rue de Charenton en juillet 1840 ; 157, rue du Faubourg-Saint-Antoine en novembre 1840 ; 23, grand-rue de Reuilly en 1842 ; 22, rue de Montreuil en 1844-1846 ; 15, rue Saint-Bernard, dans le faubourg Saint-Antoine un logement au loyer annuel de quatre-vingts francs ou de cent francs, en 1849 ; 164, rue du Faubourg Saint-Antoine, un logement au loyer annuel de cent quarante francs, en 1849-1860 ; 45, rue des Amandiers à Belleville en 1861-1867 ; 36, rue des Amandiers à Belleville en 1868-1869 ; sa veuve, à la même adresse en 1870. Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 471 n° 5, liste des décorés de Juillet auprès du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale (ancien) VIIIe arrondissement et liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Vautrin, François, Casimir ; Archives nationales F/15/3783 secours à divers titres (sous les prénoms de Jean-Baptiste, Michel) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40, idem 44 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 25 bis du budget de 1850 (secours à divers titres), minutes 148-149, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à quarante-quatre décorés et veuves de blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 2.375 francs, minutes 254-256, en date du 11 décembre 1852.