Bazin, Jean-Baptiste, Théodore
Biographie
Né vers 1797 à Paris dans le (ancien) XIIe arrondissement. Peintre sur porcelaine. Il s’illustra au Louvre et aux Tuileries. Le dossier de ses droits fut sans doute instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le sieur Bazin s’est battu en vrai soldat car je l’ai vu dans la rue Saint-Honoré, où s’exposant même de trop je l’ai fait mettre à l’abri du feu dans une embuscade où j’étais. Je crois pouvoir donner un certificat en raison de ce que l’on m’a fait citer dans les journaux, connaissant ma bonne conduite dans les journées des 28 et 29 juillet. » Signé, le 13 septembre 1830 ; Druet (voir Druet, Jean, Charles), peintre sur porcelaine, demeurant 36, rue du Faubourg-Saint-Denis. Le deuxième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le sieur Bazin a soustrait à la fureur du peuple, dans la matinée du 28 juillet, un soldat des lanciers de la garde, qu’il a employé les supplications auprès du peuple qui, après l’avoir désarmé, voulait le tuer ; que le sieur Bazin, aidé d’un autre, que nous regrettons de ne pas connaître, s’est opposé à cette action ; que lui et le brave inconnu coururent le plus grand danger. » Signé, le 18 août 1830 : Badier (voir Badier, Isidore), demeurant 14, rue des Gravilliers. Delanne ou Deluire ajoutait à ce certificat l’apostille suivante : « J’atteste de plus qu’il est à ma connaissance que ledit Bazin a été à l’affaire de Rambouillet. » Le troisième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, veuve Vezin et Vezin fils, certifions à qui de droit que le sieur Bazin, peintre sur porcelaine, demeurant rue Fontaine-au-Roi n° 37, s’est présenté dans la caserne de gendarmerie, située faubourg Saint-Martin, à 5 heures et demie du matin pour s’y armer ; que moi et mon fils l’avons imploré afin de nous soustraire au danger qui nous menaçait, que le sieur Bazin s’est empressé par tous les moyens de satisfaire à notre prière mais que ce ne fut pas sans courir de dangers qu’il y a réussi. Attestons, ma mère et moi, qu’il manqua d’être victime, ainsi que moi Vezin fils de la fureur des malheureux qui dévastaient la caserne, heureux pour lui qu’il fût reconnu. » Signé, le 18 août 1830 : veuve Vezin, demeurant 7, rue de la Boule-Rouge dans le faubourg Montmartre ; Vezin fils ; Gillet-Vital ; Genoulleux illisible ; Pantin. Le quatrième, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, locataires de la maison rue des Boucheries-Saint-Honoré n° 11, certifions à qui de droit que le sieur Bazin, peintre sur porcelaine, a conduit dans notre maison M. de Corsai, officier au 6e régiment de la garde, que cet officier a reçu asile dans la maison ci-dessus, qu’il y est arrivé sous la protection de Bazin, que ce dernier a eu encore à exercer son influence envers des malheureux qui demandaient à satisfaire leur rage et faisaient entendre des menaces de meurtre en notre présence. Nous attestons que M. de Corsai a dit en notre présence qu’il était redevable de la vie au sieur Bazin. » Signé, le 16 août 1830 : Chazelon, avocat ; Chazelon, A., élève en droit ; Luc, maître tailleur ; Lasnier ; Dumesnil ; Didier ; Villemin ; Roy, Vavasseur, P. ; Sarazin. Il fut convoqué par Plougoulm, chargé un temps de rédiger une « narration officielle de tous les traits d’héroïsme et d’humanité qui ont illustré les dernières journées de juillet ». Il lui remit sans doute ses pièces, pensant qu’elles seraient remises à la Commission des récompenses nationales ; tel ne fut sans doute pas le cas et ses droits furent négligés. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants de la rue Bourg-Labbé. Il sollicita la Croix de Juillet et un emploi à la direction de la Poste. Il retira, le 23 janvier 1832, les pièces qu’il avait déposées à cette même Commission. En 1832, il était caporal de chasseurs à la 1re compagnie du 2e bataillon de la VIe légion de la garde nationale (capitaine Dreux). Il demeurait 37, rue de la Fontaine-au-Roi en 1831-1832. Archives de la préfecture de police AA 371.