Bazin, Jean, Mathieu
Biographie
Né le 1er février 1793 à Saint-Paul-en-Janais (Loire). Ancien artilleur au 20e de ligne depuis 1811 jusqu’en 1815, ayant participé à la campagne d’Espagne, puis dans le train d’artillerie jusqu’en 1818, puis dans la garde de Louis XVIII, ayant reçu son congé en 1824. Il était forgeron ou serrurier, employé dans la fabrique de Payen (voir ce nom) à Grenelle en 1830. Il fut blessé d’un coup de sabre en allant à Saint-Cloud (selon un rapport de police de 1856). Payen, commandant de la garde nationale de Grenelle, lui délivra le certificat suivant : « Les nommés Bazin, Jean, Mathieu, forgeron, Bernard Panès, charretier, tous deux employés dans ma fabrique à Grenelle et Jean-Michel Dieudonné demeurant rue Saint-Lambert, n° 5 à Vaugirard, anciens soldats de l’artillerie, ont, seuls, chargé, pointé et tiré la pièce qui a fait feu contre la caserne de Babylone et amené la chute de cette place en notre pouvoir. Un élève de l’Ecole polytechnique fut tué à leurs côtés (voir Vaneau, Louis, Marie, Anne). La conduite courageuse et habile de ces trois hommes est digne d’être signalée à M. le général en chef de la garde nationale. » Le 8 octobre 1830, le même Payen sollicitait en sa faveur et en celle de Panès, Bernard, autre habitant de Grenelle, auprès de la Commission des récompenses nationales le droit pour eux « de faire partie de la garde nationale de leur commune (Grenelle-Vaugirard) et que les armes, habits et équipements leur soient donnés », ajoutant : « Ces braves gens, anciens soldats d’artillerie, ont déjà été présentés en première ligne par la commission de l’arrondissement de Sceaux à la Commission des récompenses nationales pour leur conduite courageuse et habile dans les journées de Juillet. J’ajouterai que leur moralité m’est parfaitement connue depuis dix ans et que j’ai la plus intime conviction qu’en tout temps ils montreront autant de zèle pour le maintien de l’ordre public que de courage pour la défense des intérêts qui leur seraient confiés et de soumission aux ordres de leurs chefs ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il reçut un total de cent trente-cinq francs de secours auprès de la sous-préfecture de Sceaux. Bazin fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux (sous le nom de Bazin, Mathieu sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive, de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il apostilla, en 1831, la lettre de Hemard, Louis, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants. Il prêta son serment le 27 mai 1831 et reçut sa croix le 23 juin 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Le 14 juillet 1839, son nom est sur une liste, établie par le sous-préfet de Sceaux, et sans doute pour l’attribution de secours à l’occasion des fêtes commémoratives de la révolution, de « décorés de Juillet, ayant pris une part active aux événements de 1830, dont les services, la position malheureuse et la bonne conduite méritent l’intérêt du gouvernement » ; l’observation suivante était inscrite en face de son nom : « Quarante-six ans. Sans enfant. A combattu en juin [1832, N.D.A.]. Bonne conduite. » En 1839, journalier, n’ayant encore jamais participé aux distributions de secours, il sollicita un secours. En 1840, le préfet de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié, sans enfant, mais il soutient sa belle-mère. Il est journalier dans une forge, quai de Grenelle, où il gagne deux francs vingt-cinq par jour ; il ne paraît pas malheureux. On fait l’éloge de sa conduite et de sa moralité ainsi que de son zèle pour le service de la garde nationale. » En 1849, sans état, sans aucune ressource, marié, son père âgé de quatre-vingt-cinq ans à charge, « réduit au plus pressant besoin » par manque de travail, il sollicita un secours. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1840, un secours de vingt-cinq francs en 1843, un secours de vingt-cinq francs en 1844, un secours de vingt-cinq francs en 1845, un secours de vingt-cinq francs en 1847, un secours de quarante francs le 20 juin 1848. En 1849, la même administration rapportait qu’il gagnait trois francs par jour à la fabrique de fer de Grenelle et qu’on avait de « bons renseignements sur sa conduite et sa moralité ». Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, en 1851 et en 1852, chaque fois à titre de décoré de la Croix de Juillet. En 1852 : « […] Homme de peine chez des serruriers-mécaniciens, manque souvent d’ouvrage et a deux enfants à sa charge. C’est un ancien militaire, dont la conduite ne laisse rien à désirer. […] Il est digne d’intérêt. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852. En 1853, il était « sans aucune ressource [et] réduit dans un état voisin de l’indigence » ; le maire de Grenelle Payen (voir ce nom) apostillait sa demande de secours comme ayant tenu une conduite toujours « irréprochable depuis plus de vingt-six ans » qu’il habitait la commune de Grenelle, et qu’il avait « toujours eu l’estime de toutes les personnes qui le connaissent ». Il reçut un secours de cinquante francs en 1853, un secours de cinquante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855. En 1856, « sans état et sans aucune ressource dans un temps aussi malheureux, et vu la cherté des vivres […] réduit dans un état voisin de l’indigence », il sollicita un secours. En 1856, la préfecture de police rapportait sur son compte qu’il gagnait deux francs soixante-quinze par jour, comme ouvrier forgeron chez Brot, quai de Grenelle, que sa femme, blanchisseuse, gagnait deux francs trois jours par semaine, qu’il était actif, pouvait subvenir à ses besoins, sans secours et était connu comme tenant une « bonne conduite ». Il reçut un secours de quarante francs en 1856. En 1857, la même administration le disait « bien représenté » mais ayant peu de ressources. Il reçut un secours de quarante francs en 1857. Il fut admis à l’hôpital de Bicêtre en 1859, pour aliénation mentale, et en sorti guéri le 17 juin 1868. « Sans soutien, sans asile, et n’ayant aucun moyen de subvenir à son existence », il fut recueilli par sa filleule, Douce, blanchisseuse, quoiqu’elle fût elle-même sans fortune et mère de famille. A l’occasion d’une nouvelle demande de secours, le cabinet du préfet de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Sa filleule […] le loge gratuitement ; il est occupé depuis une semaine chez un fabricant de fer, qui lui donne deux francs et soixante-quinze centimes par jour. En outre, il est inscrit au bureau de charité du XVe arrondissement. Sa conduite ne donne lieu à aucune remarque défavorable. En résumé, il conviendrait de lui accorder le secours annuel de quarante francs, qui lui était alloué précédemment. » Il reçut un secours de quarante francs en août 1868. Il demeurait 13, rue Croix-Nivert en 1831 ; 38 rue Croix-Nivert, un logement au loyer annuel de quatre-vingts francs, en 1834-1858 (mais 4, rue Fondary à Grenelle in Archives de Paris VK3 37) ; 36, rue Croix-Nivert en 1859 ; 38 rue Croix-Nivert en 1868. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe de l’arrondissement de Sceaux auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 91 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Sceaux ; Archives de Paris VK3 37, état des décorés de Juillet, ayant pris une part active aux événements de 1830, dont les services, la position malheureuse et la bonne conduite méritent l’intérêt du gouvernement, idem état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 (sous le nom de Bazin, Mathieu) ; Archives de Paris VK3 41 et in dossier Bazin, Panès et Dieudonné ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux, blessés de la 1re classe ; Archives nationales F/15/3782 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 40, idem 44 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 70, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Hemard, Louis, François.