Beaudoin, Jean-François
Biographie
Né le 15 octobre 1774 à Metz (Moselle), fils de Beaudoin, Georges, carreleur, et Vinot, Marie, Barbe son épouse. Portier et cordonnier. Il fut tué d’un coup de feu reçu à la tête, le 28 juillet 1830, rue Planche-Mirbay. Le dossier d’examen des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Il laissait une veuve, Rival, Marie, Françoise, née le 27 janvier 1777 à Metz (Moselle), (elle-même née de Rival, François, revendeur, et de Marchal, Françoise) qu’il avait épousée le 1er floréal an V à Metz alors qu’il était cordonnier à la 84e demi-brigade d’infanterie, et qu’elle était couturière. Il laissait aussi un enfant (voir sans doute Beaudoin, Charles, Louis, Aimé, décoré de la médaille de Juillet) et un petit-enfant. Il fut enterré au Louvre. On trouve dans Tombeaux du Louvre. Histoire véritable de Médor ou le chien fidèle, contenant des détails circonstanciés sur les événements arrivés à son maître, mort à la prise du Louvre. Imprimerie Le Normant fils, rue de Seine, Paris, 1830, la relation suivante le concernant : « A la mémoire de Jean-François Beaudoin. Jean-François Beaudoin, né à Metz (Moselle), le 15 octobre 1774, marié à Françoise Rival, le 2 floréal an V, demeurant ensemble à Paris, rue Saint-Victor, n° 149, d’un dévouement patriotique pour le soutien des droits de la nation, ne consultant que son courage et sa haine contre le despotisme. Muni seulement d’une arme blanche, Beaudoin fut à l’attaque de la caserne des Célestins, d’où il fut vigoureusement repoussé, ainsi que les autres assaillants. Ayant reconnu l’insuffisance de son arme, Beaudoin chercha à s’en procurer une plus offensive, vint au désarmement du poste du Petit-Pont de l’Hôtel-Dieu, où il saisit un fusil et se porta à l’instant à l’Hôtel de ville, où il combattit avec l’acharnement du désespoir, à côté de plusieurs citoyens dont les signatures sont apposées à la suite du présent mémoire. Beaudoin fut assez heureux pour être du nombre de ceux qui firent flotter la première fois les couleurs nationales sur l’Hôtel de ville, mais bientôt forcé de céder la place aux troupes royales qui s’en emparèrent de nouveau, Beaudoin, comme tous les bons Français qui l’accompagnèrent, se retire à regret, et vient s’embusquer au coin du quai Pelletier, où il montra la même adresse à combattre, lorsque le malheureux succomba, atteint de deux balles, une dans la poitrine et l’autre dans la tête, emportant sans doute avec lui une couronne qui éternise la gloire du nom français dans les trois mémorables journées. » Et des inscriptions portées sur sa tombe :
« La voix de la patrie en pleurs
Vainement à ton cœur ne s’est point fait attendre.
On fut touché de ses malheurs,
On menaçait nos droits, tu courus les défendre. »
« De tes concitoyens l’unanime suffrage
Lègue ta gloire à l’avenir,
Et ton nom immortel vénéré d’âge en âge
Eternise ton souvenir. »
« Nos mains ont façonné ta couronne civique,
La palme de martyre ombrage ton cercueil,
Et les cœurs que révolte un pouvoir despotique
Accomplissent ton deuil.
Beaudoin, la liberté s’incline sur ta tombe,
Les pleurs mouillent ses yeux,
Sur le corps des héros quand le marbre retombe,
Leur âme est dans les cieux. »
« Fière de ta vaillance, et encore ta veuve,
Une épouse reste après toi
Et se résigne aux coups d’une si rude épreuve,
En songeant que tu meurs pour affermir la loi. »
« Sur ton cercueil assise, une fille chérie
Entretient sa douleur,
Et sa main, chaque jour, au nom de la patrie,
Y dépose une fleur. »
« Héros, repose en paix ! Pour apaiser ton ombre,
Un fils la vengera ;
Ou, s’il est, à son tour, accablé par le nombre,
A ton exemple, il périra. »
« Baudoin, âgé de 57 ans, mort pour la liberté sur la place de l’Hôtel de ville, le 28 juillet 1830. Il emporte les regrets de tous ses amis, et laisse une veuve et des enfants inconsolables. Priez Dieu ! »
La veuve reçut un secours de cent francs en août et un autre de cent cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Elle reçut un secours de trente francs, le 4 mars 1831, un secours de trente francs, le 11 mars 1831 (mais avec l’adresse du 149, rue Saint-Victor), un secours de trente francs, le 30 mars 1831, un secours de trente francs, le 13 avril 1831 (mais avec l’adresse du 141, rue Saint-Victor), un secours de quarante-deux francs, le 30 avril 1831 (mais avec l’adresse du 141, rue Mouffetard), un secours de soixante-deux francs, le 31 mai 1831 (mais avec l’adresse du 149, rue Saint-Victor), à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Elle fut pensionnée (pourtant son nom est rayé in Archives nationales F/1dIII/36 Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 mais elle est bien inscrite in Archives nationales F/1dIII/37) et reçut de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Beaudoin demeurait rue des Allemands à Metz en l’an V ; 149, rue des Fossés-Saint-Victor (mais 149, rue Saint-Victor in Archives de Paris VK3 22 et une autre fois 149, rue Mouffetard ; 146, rue Saint-Victor in Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland) en 1830 ; sa veuve à la même adresse en 1831. Le nom de Beaudoin (J.-F. Beaudoin) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 9 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 10 ; Tombeaux du Louvre. Histoire véritable de Médor ou le chien fidèle, contenant des détails circonstanciés sur les événements arrivés à son maître, mort à la prise du Louvre. Imprimerie Le Normant fils, rue de Seine, Paris, 1830, p. 9-11 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du XIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 110 ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 (veuves) ; idem (une liste de morts de cet arrondissement, liste dans laquelle il est indiqué comme ayant deux enfants) ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien XIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/43 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, veuves et orphelins ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 79, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.