Beaufrère, Narcisse

Biographie


Né le 5 frimaire an X (le 26 novembre 1801 sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 mais surtout in Archives nationales F/1dIII/39 ; le 29 novembre 1801 in Archives nationales F/1dIII/34) à Paris. Sous-chef à l’administration des Postes. Le Temps, en date du 13 août 1830, rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « Parmi les intrépides jeunes gens qui ont si glorieusement conquis nos libertés les 28, 29 et 30 juillet, nous devons citer M. Narcisse Beaufrère. Il contribua puissamment aux événements qui se préparaient, en répandant parmi les citoyens un nombre considérable d’exemplaires du Temps et du National. Il en fit des lectures publiques ; il les afficha de ses propres mains dans les lieux les plus fréquentés. Il fut ensuite un des principaux acteurs de la prise et de l’incendie du corps de garde de la Bourse. Enfin, le 28, il était au milieu des braves qui firent, à coups de fusil, reculer les Suisses aux environs de la halle aux blés. Arrivée à la rue des Prouvaires, cette petite troupe fut accueillie par une grêle de balles qui mirent environ trente hommes hors de combat. M. Beaufrère fut de ce nombre, ayant reçu trois coups de feu, dont deux lui ont fracassé la main gauche. » Dans la relation qu’il fit de sa participation à la révolution, Berthelot, Claude, Anastase, Clément, son ami, nous donne les indications suivantes sur la participation de Narcisse Beaufrère aux événements : « Le mardi soir, ayant le cœur encore navré de la douleur que m’avaient causée les infâmes ordonnances du dimanche, je sortis avec un de mes amis, M. Beaufrère, pour observer l’effet qu’elles produisaient sur le peuple. Arrivés à la place de la Bourse, nous vîmes un grand rassemblement, que des gendarmes cherchaient à dissiper par des brutalités et en frappant à coups de sabre toutes les personnes qui se trouvaient sur leur passage ; exaspérés à la vue d’une conduite aussi infâme envers d’honnêtes citoyens justement indignés nous excitâmes les personnes qui se trouvaient là à se venger et nous nous joignîmes à elles pour chasser ces misérables gendarmes et incendier leur corps de garde. A minuit, nous apprîmes, mon ami et moi, que le gérant du Journal des Salons faisait imprimer secrètement des avis et des proclamations ; nous fûmes chez lui et nous prîmes un grand nombre de ces avis et proclamations, que nous distribuâmes et affichâmes le mercredi matin dans les principaux quartiers de Paris. A 6 heures du matin, nous allâmes de nouveau chez le gérant du même journal et au journal Le Temps pour prendre les journaux et les nouveaux avis qui s’y trouvaient, et nous les distribuâmes, affichâmes et lûmes dans les quartiers les plus populeux de Paris, en engageant toutes les personnes qui pourraient se procurer des armes à se rendre ensuite sur la place des Petits-Pères. A 11 heures ou midi, nous nous armâmes nous-mêmes pour nous joindre aux personnes qui étaient déjà réunies sur la place des Petits-Pères et sur la place des Victoires. Là nous nous mîmes en [ordre de] bataille et nous fûmes rue Saint-Honoré, rue de l’Arbre-Sec, quai de l’Ecole. Enfin, à 3 heures, j’étais rue des Prouvaires où mon ami reçut à côté de moi deux blessures assez graves pour le mettre hors de combat ; je le ramenai rue de la Lune, n° 41, chez M. Surgis [chez qui logeait Berthelot, N.D.A.]. » Beaufrère fut blessé d’un coup de feu à la main gauche. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, ancien professeur aux facultés de médecine et de chirurgie de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, membre de l’Académie royale de médecine, certifie avoir donné des soins à M. Narcisse Beaufrère, demeurant à Paris, rue du Gros-Chenêt n° 4, pour un coup de feu très grave, compliqué de fracture, déchirement des muscles et ligaments environnant l’articulation de la première phalange du pouce de la main gauche, d’où résulte l’altération sensible et la perte du mouvement de cette partie. En conséquence, estimons que ce jeune homme restera privé du libre usage de sa main gauche. » Signé le 29 août 1830 : Barbier ; Lisfranc, chirurgien en chef de l’hôpital de la Pitié. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. A sa sortie de l’hôpital de la Pitié, il reçut un secours de cinq francs, le 3 septembre 1830, un secours de cent cinquante francs le 20 octobre 1830, à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le 30 mai 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Deronzières, Joseph, Madeleine, demeurant 30, rue du Faubourg-Poissonnière ; Tilleul, Benjamin, Joseph, littérateur, demeurant 8, passage de l’Industrie. Ils attestèrent que « sieur Beaufrère […] s’est battu pour la liberté les 27 et 28 juillet ; que ce dernier jour il a reçu différentes blessures, à la suite desquelles il a été transporté au domicile du sieur Berthelot, clerc de notaire, rue de la Lune n° 41, où il s’est fait panser et y a resté six jours ; que de cet endroit il a été transféré chez son père rue du Gros-Chenêt n° 4, où il a continué de se faire traiter ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, arrondissement dont il était l’un des délégués de la Commission. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la main gauche, vers le bord radial du pouce et de l’os du métacarpe qui lui sert de soutien, avec fracture aux os, cicatrisée mais avec atrophie du pouce et ankylose de ses articulations. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de trois cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. En 1831, il était sous-chef du Télégraphe à la poste, nommé sur la recommandation de la Commission des récompenses nationales. Il demeurait 4, rue du Gros-Chenet, chez son père en 1830 ; 36, rue de Cléry (mais 1, rue du Sentier sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 mais surtout in Archives nationales F/1dIII/39 mais bien 36, rue de Cléry in Archives nationales F/1dIII/34 et in Archives nationales F/1dIII/38 A) en 1831. Le Temps, 13 août 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 96 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 9 ; Archives de Paris VD3 1-2, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement (sous le seul nom de Beaufrère) ; Archives de Paris VD3 1-2, 1830 Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) (sous le seul nom de Beaufrère) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Berthelot, Claude, Anastase, Clément ; Archives nationales F/1dIII/33 état des candidats recommandés par la Commission des récompenses nationales, qui ont obtenu des emplois dépendant du ministère des Finances ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/43 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, blessés de 3e classe ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Felines, Etienne, François.

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