Beaugas, Honoré. (Il signait Baugat)

Biographie


Ancien militaire. Non compris dans les listes de décorés, il adressa au roi, le 23 juillet 1831, la réclamation suivante : « A l’honneur d’exposer à Votre Majesté, Beaugas, Honoré, ancien militaire congédié, présentement sergent à la 4e compagnie du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale parisienne, demeurant avenue de Breteuil, que le 29 juillet 1830, il a eu l’honneur de combattre pour la liberté ! ! qu’il s’est porté avec un empressement tout particulier avec ses deux chevaux à aider à former les barricades de son quartier, notamment rue de Babylone, sous une pluie de balles venant de la caserne des Suisses ; qu’il est allé combattre un instant après jusqu’à leur entière défaite. Ce fut lui qui entra le deuxième dans la caserne, où son premier soin fut de protéger et de demander grâce pour un Suisse malade qu’on voulait tuer. Cette généreuse action a été remarquée. Dès après, il se porta pour la prise de l’Ecole militaire, ou, en loyal citoyen, il s’opposa et empêcha le pillage de cette caserne. Il s’est mérité à cette occasion des éloges. Il s’est fait reconnaître maintes fois dans la mêlée, par son sang-froid, par ses sages et justes observations. Dernièrement, appelé pour subir son interrogatoire, à la Commission des récompenses nationales, où se trouvait le chef qui le commandait à Babylone [M. Georges, précise-t-il dans une autre lettre au ministre de l’Intérieur, N.D.A.], ce chef l’a reconnu et s’est parfaitement remémoré de sa noble conduite et même des observations qu’il lui fit dans le combat. Ce commandant lui répliqua en présence de la Commission Je vous perdis de vue à linstant et mempressait de vous faire redemander. Il étonna la Commission de toutes ses réponses infiniment pertinentes, en fut loué et félicité. Il ajoutera encore que monsieur le consul américain, qui l’observait depuis longtemps par ses croisées sur le lieu du combat, satisfait de ses actions et de son intrépidité, le fit appeler pour le féliciter et lui prodiguer ainsi qu’à plusieurs de ses frères d’armes des rafraîchissements. Sire, un certificat constatant sa conduite dans ce jour mémorable, signé tant de monsieur le consul américain que de tous ses compagnons d’armes, vient confirmer la véracité des faits sus énoncés et a été à temps opportun adressé à la Commission, qui par suite a interrogé l’exposant, qui a répondu très pertinemment ; la commission l’a même applaudi. Et aujourd’hui il se trouve oublié et privé de l’honneur qui lui était si justement réservé d’être décoré de la Croix de Juillet. Tandis qu’il voit des êtres la porter qui se sont cachés chez eux et qui défendaient même de faire des barricades. Voilà, Sire, des faits avérés et constants. Tel est enfin le résultat des coteries qui se sont opérées dans les commissions d’arrondissement, ou chaque membre, en majeure partie, avait ses créatures… auxquelles on a décerné les récompenses dues et réservées aux braves qui ont si glorieusement combattu pour la liberté. » Sa lettre était accompagnée de nombreuses apostilles. La première apostille, de Morin, capitaine en premier de la 4e compagnie du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant dans le quartier des Invalides, qui affirmait que les faits énoncés dans la lettre étaient à sa connaissance. La deuxième apostille, signée de Briolat (voir Briolat, François), décoré de Juillet, qui affirmait aussi que les faits énoncés dans la lettre étaient à sa connaissance. La troisième apostille, signée d’Audryau de la Chapelle, chef du 1er bataillon de la Xe légion, et ainsi rédigée : « Je crois pouvoir affirmer sans crainte d’être démenti que peu de citoyens ont mieux mérité de la justice de la Commission des récompenses nationales que le sieur Beaugas, qui dans les mémorables journées de Juillet a combattu réellement avec courage à la défense des barricades et à la prise de la caserne de Babylone. Ces faits qui sont attestés par une foule de déclarations sont tellement prouvables qu’on a lieu de s’étonner de ne pas voir figurer le nom du pétitionnaire sur la liste des décorés de Juillet. Il est présumable que c’est le résultat d’une omission, qui aurait été sans doute réparé par la Commission si elle était encore en fonction. Le pétitionnaire étant privé de la récompense nationale, que semblait lui assurer sa conduite courageuse aux journées de Juillet, n’a plus d’espérance que dans la justice de Sa Majesté. Une place de garde forestier serait pour lui une illisible de consolation. Je prends la liberté d’assurer que le sieur Beaugas, père de famille, est digne par ses antécédents, des bontés qu’il réclame. » Suivaient aussi les signatures de : Dususiau, demeurant dans le quartier des Invalides ; Popin père, propriétaire, demeurant dans le quartier des Invalides, qui avait combattu avec Beaugas ; Delarue, fourrier de la 4e compagnie du 1er bataillon de la Xe légion, demeurant dans le quartier des Invalides, qui certifiait « que les faits sus énoncés sont à sa connaissance » ; Pache, caporal à la 4e compagnie du 1er bataillon de la Xe légion, demeurant dans le quartier des Invalides, qui l’avait vu combattre à la caserne de Babylone ; Fiallon, lieutenant ; Portelle, épicier, grenadier au 1er bataillon de la Xe légion, demeurant dans le quartier des Invalides ; Leconte (voir sans doute Leconte, Jean-François, Elisabeth ? vérifier les signatures), blessé et décoré de la Croix de Juillet, demeurant dans le quartier des Invalides ; Angot, propriétaire, demeurant dans le quartier des Invalides ; Putel (voir Putel, François, Marie), décoré, demeurant dans le quartier des Invalides. Après juillet, il lui fut conseillé de solliciter un emploi de garde forestier. Il ne l’obtint pas et réitérait cette demande dans sa lettre au roi. En 1831, il était père de famille, demeurait 12, rue de Breteuil et était sergent à la 4e compagnie du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale. Archives nationales F/1dIII/43.

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