Beignon, Mathurin
Biographie
Né vers 1792. En 1831, il sollicita, dans ces termes, auprès du roi, la décoration de la Légion d’honneur : « […] Ancien militaire et actuellement chasseur dans la garde nationale, ose prendre la respectueuse liberté de supplier Votre Majesté, à la faveur des titres suivants, de lui accorder la croix d’honneur. Il a fait les campagnes de 1812 et 1813 à la Grande Armée, sous le commandement du général Vandamme. Il a été blessé en Bohème. En 1815, il a fait partie du détachement de la garde nationale de Rennes ; il a combattu à l’affaire d’Anray, il a été blessé d’un coup de feu à la jambe droite. Lors des immortelles journées des 28 et 29 juillet, il a pris, un des premiers, les armes pour la défense de la patrie. Sous le gouvernement déchu, il n’a jamais sollicité aucun emploi ; il se flatte que Votre Majesté voudra bien prendre en considération son dévouement et lui accorder cet honneur. Si la patrie et le roi l’appelaient, il donnerait avec ardeur sa vie pour eux […]. » En date du 1er mars 1831, le préfet de la Seine communiqua les informations suivantes au ministre de la Seine : « […] Des informations qui ont été recueillies, il résulte que le pétitionnaire n’a rendu au gouvernement aucun des services qui pourraient lui avoir acquis des droits à l’honorable distinction qu’il sollicite et mon collègue, M. le préfet de police, ajoute qu’il n’a été vu nulle part pendant les journées de Juillet, qu’en octobre il n’a fait aucune patrouille pour le maintien du bon ordre et qu’en décembre [1830, au moment des troubles qui ont accompagné le procès des ex-ministres de Charles X, N.D.A.] il n’a monté qu’une fois la garde à l’Odéon. Les seuls titres sur lesquels M. Beignon pourrait fonder sa demande seraient d’anciens services qui me sont inconnus et cette circonstance me met dans l’impossibilité d’émettre une opinion à cet égard. Quant à sa conduite pendant et après les événements de Juillet, je pense qu’elle ne pourrait justifier, sous aucun rapport, sa nomination de membre de la Légion d’honneur. » Beignon demeurait 245, rue Saint-Honoré en 1831. Archives nationales F/1dIV/B/5.