Bellot, Jean, Charles, Marie

Biographie


Né vers 1795 à Paris. Marchand de vins. Il déposa, le 10 septembre 1831, un dossier à la Société des réclamants de la rue Bourg-Labbé, afin d’obtenir une décoration de Juillet. « J’ai longtemps hésité à parler des faibles exploits que m’a fait faire mon amour pour la liberté. J’espérais toujours que j’en trouverai le prix dans le cours heureux du commerce. Je me suis trompé et je vois tant d’hommes qui ont moins fait que moi [décorés, N.D.A.] que l’envie me prend, à défaut de fortune que j’entrevoyais, de me montrer au moins payé comme eux des récompenses nationales puisque j’ai tout fait pour le succès de la cause nationale. Père de famille, débitant de vin, je ne parle pas des sacrifices qu’il m’a fallu faire et qui sont restés à ma charge mais lorsque tout était dans le contrordre, moi et mes compatriotes, dont je joins ici le certificat, nous nous sommes réunis après la destruction du corps de garde de la barrière de Fontainebleau, le 28 juillet. Nous avons maintenu l’ordre chez nous, arrêté les voleurs du château et, par notre vigilance, prévenu les excès qu’une troupe de pillards semblait méditer s’ils n’eussent été comprimés. C’est à ces titres que j’ose demander d’être compris parmi ceux qui ont droit aux récompenses nationales, laissant à votre sagesse à déterminer celle à laquelle j’ai droit. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je certifie, moi Boutin marchand de bois barrière de Fontainebleau, avoir prêté au sieur Bellot, marchand de vins, un fusil dans les journées de juillet 1830, pour l’utilité du poste dont il a fait le recensement et a monté lui-même comme caporal et qu’il me l’a remis à ma volonté. » Signé, le 20 septembre 1831 : Boutin. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je certifie, moi Coupade (voir Coupade, Edmond, Antoine), serrurier, rue Mouffetard n° 294, avoir prêté dans les journées de juillet 1830, quatre fusils au sieur Bellot, pour distribuer à ceux qui n’avaient pas d’armes au poste de la barrière de Fontainebleau, dont il était caporal dudit poste. Il ne m’a rendu que trois fusils, dont il m’a tenu compte du quatrième, qu’il m’a dit avoir été perdu dans le poste. » Signé, le 20 septembre 1831 : Coupade, décoré de Juillet (voir Coupade, Edmond, Antoine). Le troisième, ainsi rédigé : « Je, soussigné moi Germinet, étant chef de poste des Deux-Moulins, avoir donné de la poudre pour les combattants au sieur Bellot, dans lesdites journées mémorables de juillet 1830. » Signé, le 10 septembre 1831 : Germinet, décoré de la Croix de Juillet (voir Germinet, Georges). Le quatrième, ainsi rédigé : « Les soussignés, habitant de la barrière d’Italie (communes d’Ivry et Gentilly), certifient que le sieur Jean, Charles, Marie, Bellot, marchand de vins route de Choisy n° 26, a, d’un mouvement spontané et de concert avec le sieur Poinsotte, limonadier, fait le recensement des citoyens, à l’effet d’établir une garde à ladite barrière, laquelle garde il a monté lui-même et y a rempli les fonctions de caporal, sous les ordres du sieur Schmitt, qui la commandait le 29 juillet 1830. Ce poste dont l’absence faisait alors sentir toute l’utilité a eu pour résultat d’assurer la tranquillité dans un moment où elle pouvait à chaque instant être troublée. » Signé, le 10 septembre 1831, à la barrière d’Italie : Facconi, Gaétan (voir ce nom), décoré de la Croix de Juillet ; Chmitt (il signe bien ainsi), chef dudit poste ; Gerard, capitaine, comme faisant partie de cette garde ; Poinsotte, conseiller municipal ; Boutin aîné, marchand de bois ; Bude illisible, comme faisant partie de cette garde ; Nicolle, épicier, comme faisant partie de cette garde ; Coupade (voir Coupade, Edmond, Antoine), qui ajoutait : « Je certifie avoir donné au sieur Bellot, la quantité de huit cents balles de plomb dans les journées de juillet 1830, qu’il a distribuées dans le poste de la barrière de Fontainebleau, dont je reçus un bon de la quantité qui a été déposé à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. » Il signa, le 8 septembre 1831 et comme « remplissant les fonctions de caporal dudit poste », le certificat suivant en faveur de Rudel, Jacques, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, habitants de la barrière de Fontainebleau et Choisy, certifions qu’il est à notre connaissance que le sieur Rudel, marchand de vin, demeurant barrière de Fontainebleau, route de Choisy, a, le premier, manifesté le vœu de se réunir pour protéger les personnes et les propriétés, prévenir le brigandage et que par suite les habitants s’étant rassemblés, ont pendant le cours des journées de Juillet, arrêté les voleurs du château des Tuileries et maintenu la tranquillité. » Il était indiqué par la Commission comme jouissant d’une fortune médiocre. Il demeurait 26, route de Choisy-le-Roi hors barrière en 1831. Archives de la préfecture de police AA 372 ; Archives de la préfecture de police AA 412 in dossier Rudel, Jacques.

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