Bellu, Auguste

Biographie


Né le 2 mai 1796 à Paris. Entrepreneur de charpente. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Dans sa séance du 12 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, laissait cette appréciation à son sujet (sans qu’on sache quelle importance on doit y attacher) : « Ajourné ; on assure qu’il a fait une banqueroute frauduleuse. » Dans sa séance du 14 avril 1831, le même comité des renseignements ajoutait : « M. Bellu est signalé comme ayant fait une triple faillite. Il est, en ce moment, dit-on, plus zélé que jamais. […] MM. Rocque et Vicart, membres du comité, disent que les faits avancés par M. Vaillant sont contraires à la vérité, ils offrent d’en donner la preuve. » Tout ça est sûrement malveillant… Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. En 1853, l’architecte de la Sainte-Chapelle fit parvenir la lettre suivante au ministre de l’Intérieur, afin de demander pour Bellu la décoration de la Légion d’honneur : « Il est du devoir d’un chef de service de signaler à l’autorité supérieure les hommes les plus capables et les plus dévoués, ceux enfin qui méritent à juste titre une récompense destinée à honorer le talent, fruit du travail. C’est pour remplir ce devoir que je viens aujourd’hui vous prier de la manière la plus vive de vouloir bien accorder la croix de la Légion d’honneur à M. Auguste Bellu, l’habile entrepreneur de charpente, qui vient de dresser, sous mes ordres, la nouvelle flèche de la Sainte-Chapelle. Par son talent et sa haute capacité, M. Bellu est réellement digne de l’éclatante faveur que je viens solliciter pour lui. Depuis un grand nombre d’années, il a attaché son nom à la plupart de nos travaux publics et je suis très convaincu que tous les architectes qui ont eu l’occasion d’apprécier sa capacité, son talent et son activité s’empresseront d’appuyer la demande que j’ai l’honneur de vous adresser aujourd’hui. Du reste, Monseigneur, la nomenclature ci-jointe des travaux exécutés par M. Bellu parlera plus haut en sa faveur que je ne saurais le faire et justifiera mieux que toutes les recommandations une distinction qui me semble on ne peut plus justement méritée. » Cette nomenclature comprenait les travaux suivants, exécutés soit comme charpentier-menuisier soit comme entrepreneur général : le grenier de réserve ; la halle aux vins ; le grand Opéra ; l’Ecole des Beaux-Arts ; le théâtre de la place de la Bourse ; les principaux passages de Paris ; le chemin de fer de Saint-Germain ; le conservatoire de musique ; les beaux ateliers de peinture de décors aux Menus-Plaisirs ; les grands escaliers du château de Versailles ; la reconstruction de l’Opéra-Comique ; la reconstruction du Théâtre italien ; la grande galerie de minéralogie au Jardin des plantes ; la cérémonie des funérailles de l’Empereur ; le monument de l’Empereur aux Invalides ; les échafauds volants au Louvre ; le Jardin d’hiver ; le Théâtre historique ; les grands travaux de l’église Notre-Dame ; la restauration de l’hôtel Cluny ; toutes les grandes fêtes du gouvernement depuis 1830 jusqu’à 1853 ; le salon des Sept cheminées au Louvre ; l’église Saint-Leu à Taverny ; la flèche de l’église de Châlons-sur-Marne ; les échafauds volants de la cathédrale de Chartres ; les deux salles de bal des fêtes données à l’Empereur III à l’Ecole militaire et à la halle ; la flèche de la Sainte-Chapelle. Cette demande était apostillée par de très nombreux architectes, dont (pour les noms lisibles) :Visconti, Duban architecte du Louvre, Viollet le Duc ; Viel, architecte du palais de l’industrie ; Grisson architecte et membre du conseil des bâtiments civils, Charpentier architecte chargé de la construction du théâtre de l’Opéra-Comique, des Italiens, du Jardin d’hiver, Labrouste H., Labrouste TH., Baltard, Victor (voir ce nom), du Sommerard conservateur du musée des thermes de l’hôtel de Cluny. Bellu fut fait chevalier de la Légion d’honneur, le 5 août 1854. Il demeurait 79, rue du Faubourg-du-Temple en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives de Paris VK3 29, séance du 12 avril 1831 (sous le nom de Belu), séance du 13 avril 1831 (sous le nom de Belu), séance du 14 avril 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIV/B/6.

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