Benoist, Jean, Brutus
Biographie
Né vers 1794. Journalier ou bardeur in Archives de Paris VD3 1-2. Il fut tué d’un coup de feu le 28 juillet 1830, place de Grève. Il fut reconnu, le 29, parmi les morts. Il fut enterré dans une des tombes creusées dans la cour des Forges de la caserne des Célestins, située rue du Petit-Musc, l’autre tombe recueillant les dépouilles de trois soldats de la garde royale tués dans les combats. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 4 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Fouffé, Jean-Baptiste (ou Touffé, Jean-Baptiste), ouvrier sur les ports, demeurant 10, rue des Prêtres-Saint-Paul ; Lully, Joseph, journalier, demeurant 17, rue des Barres-Saint-Paul ; Mille, François, ouvrier sur les ports, demeurant 95, rue Saint-Victor. Ils attestèrent « pour vérité et notoriété connaître parfaitement le sieur Jean, Charles, François Benoist et dame Marie-Elisabeth Dutilloy, demeurant à Paris, rue Saint-Antoine n° 123, et savoir que Jean, Brutus Benoist, leur fils légitime a été tué le 28 juillet 1830 place de l’Hôtel-de-Ville et reconnu seulement le 29 parmi les morts ». Ses parents, les époux Benoist, Jean, Charles, François, né le 3 juin 1772 à Paris, employé aux pompes funèbres, père de sept enfants dont un seul restait à sa charge, et Dutilloy, Marie-Elisabeth, née le 14 mars 1774 à Paris étaient peu fortunés ; la mère souffrait de plus d’un rhumatisme articulaire habituel depuis environ quatre ans et qui la faisait beaucoup souffrir et l’empêchait de travailler. Le 7 mars 1831, le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, sur l’attestation de Lefebvre, Claude, Louis, fruitier, demeurant 2, place Royale, et de Lamotte, Denis, Marie (voir Delamotte, Denis, Marie), bonnetier, demeurant 187, rue du Faubourg-Saint-Antoine, qui déclarèrent connaître parfaitement les époux Benoist, attesta que l’épouse était valétudinaire et que le ménage n’avait pour exister que le produit du travail du mari. Ils obtinrent un secours de dix francs le 10 août 1830, un secours de quinze francs le 20 août 1830, un secours de dix le 4 septembre 1830, un secours de vingt francs le 8 septembre 1830, un secours de dix francs le 14 septembre 1830, un secours de vingt francs le 20 septembre 1830, un secours de quinze francs le 30 septembre 1830, un secours de quinze francs le 9 octobre 1830, un secours de quinze francs le 15 octobre 1830, un secours de quarante francs le 27 octobre 1830, un secours de vingt-cinq francs le 5 janvier 1831, un secours de vingt-cinq francs le 2 février 1831, un secours de vingt-cinq francs le 2 mars 1831, un secours de vingt-cinq francs le 2 avril 1831 auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, puis furent pensionnés et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il était célibataire mais vivait depuis neuf ans avec Morel, Marie, qui, selon la mairie du (ancien) IXe arrondissement « s’est dite sa veuve et avait quitté son mari et deux enfants pour habiter avec lui ». Il était le frère de Benoist, Jean-Marie (voir ce nom). En 1832, les parents demandèrent à pouvoir vendre l’inscription de rente de cinquante francs qu’il avait obtenue de la Commission de la souscription nationale. Le corps de Benoist fut sans doute exhumé, vers 1839 ou 1849, de la tombe où il reposait dans une cour de la caserne des Célestins, pour rejoindre les caveaux de la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour recueillir les dépouilles et honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Benoist, Jean, Brutus était célibataire. Benoist, Jean, Brutus demeurait 1, rue de Sully au 1er étage ; ses parents, 14, rue Royale en 1830 puis 123, rue Saint-Antoine en 1831 (mais 105, rue Saint-Antoine in Archives de Paris VD3 1-2). Le nom de Benoît (J.-B. Benoît) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 105 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 10 ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) IXe arrondissement ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), cahier contenant les noms de personnes tuées, idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste d’ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 22 septembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Benoît) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, ascendants ; Archives nationales F/9/1155 (sous le nom des parents Benoit) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 79 (sous le nom de Benoît, Jean, Brutus), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 372 in dossier Benoist, Jean-Marie ; Archives de la préfecture de police AA 420. Quel rapport avec Brutus, Jean, Benoît, condamné le 2 décembre 1815 à six mois de prison et cinquante francs d’amende pour avoir chanté des couplets contre le gouvernement et crié Vive l’Empereur ! in Biographie des condamnés pour délits politiques depuis la restauration des Bourbons en France jusqu’en 1827, Imbert et Bellet, Bruxelles, 1828, p. 39 ?