Berger, Jean-Jacques
Biographie
Né le 21 juin 1790. Avoué. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Dans la relation que fit Chevallot, Jean, Nicolas de sa propre participation aux événements de Juillet, on trouve les indications suivantes concernant Berger : « A 9 heures du matin le mercredi 28, j’étais à la réunion qui eut lieu dans les bureaux du National et où il fut décidé que les patriotes devaient se porter spontanément aux mairies et s’en emparer. M. Berger, actuellement maire du (ancien) IIe arrondissement, faisait partie de cette réunion. […]. » Après avoir été nommé maire du IIe arrondissement, il dut y avoir des dissensions avec le pouvoir puisqu’on trouve dans le dossier de la Légion d’honneur de Bessas-Lamegie, Auguste, les informations suivantes : « […] M. Duchatel [ministre de l’Intérieur, N.D.A.] agit à mon égard [en refusant de me nommer maire (ancien) Xe arrondissement N.D.A.] comme il avait agi précédemment envers M. Berger, alors maire du (ancien) IIe arrondissement […]. » Il recommanda Barré, Jean, Joseph, Josse (voir ce nom), lors de la proposition de ce dernier comme officier dans l’ordre de la Légion d’honneur en 1831. On trouve dans Les Cancans de l’Opéra, le journal d’une habilleuse, Jean-Louis Tamvaco, CNRS éditions (1790-1859), cette biographie : « D’abord avoué, il fut décoré de la Légion d’honneur et nommé maire du IIe arrondissement de Paris pour avoir combattu pendant la Révolution de juillet. Mêlé plus tard à l’opposition démocratique, il fut destitué de ses fonctions municipales. Elu député en 1837, à la chute de Louis-Philippe en 1848, il sera nommé préfet de la Seine par Louis-Napoléon, sous l’influence de Thiers. Puis le texte suivant : « Grâce à sa matérialité auvergnate, à son air bonhomme, à la souplesse de son esprit, à son intelligence exercée aux affaires de chicane dans les études d’avoués, le cher monsieur Berger doit sa fortune pécuniaire à ses rôles et sa position municipale au rôle de courtisan bourru qu’il joue en acteur consommé devant les hommes du pouvoir et leurs subordonnés. Une forte part de la succession du riche orfèvre de l’Empereur, Biennais, ayant considérablement augmenté son avoir, le gros Berger vendit sa charge et, dépouillant le vieil homme de la robe du procureur, rechercha l’estime et considération de ses concitoyens dans les services gratuits de l’édilité parisienne. De simple adjoint il devint maire, par le crédit de Madame Adélaïde, qui avait dû recourir à ses anciennes fonctions pour l’administration de ses terres et de son château de Randan en Auvergne. Chef municipal de l’un des plus beaux et des plus importants quartiers de Paris, de celui qui renferme dans sa circonscription les théâtres lyriques et le Conservatoire de musique, la Bourse et la demeure de ses principaux agents, presque toutes les grandes maisons de banque de la capitale, hôtel Aguado et ses quarante millions – qui faisaient à Rothschild, son milliardaire voisin, se récrier sur la modicité de sa fortune, lui qui ne peut plus compter la sienne –, l’ex-avoué semblait avoir borné toute son ambition à jouir bourgeoisement des revenants-bons honorifiques de sa place. Il avait ses entrées personnelles aux spectacles ; des nombreux billets de faveur qu’il recevait de l’Opéra, dont il accusait réception aux époques de réjouissances publiques, où des distributions charitables avaient lieu par la délivrance libérale aux mères des élèves de la danse, ainsi qu’à tous les nécessiteux de notre arrondissement, de bons de pain, de vin, de coffrets, etc. Enfin, il était bien vu et bien reçu de nos opulents administrés, lorsque advint le mariage de M. Thiers avec Mlle Dosne… Le maire du IIe arrondissement consacra ce lien conjugal que nos expertes ont eu raison peut-être de préjuger stérile. Bien fêté par les nouveaux époux, il fut dès lors admis aux soirées de l’hôtel Saint-Georges. Il y devint le complaisant assidu de la prétentieuse bourgeoise du lieu [Mme Dosne], précieuse politique, qui, tout en épousant les idées de son gendre, les reproduit haineuses et caustiques ; leur donne une saveur âcre et bilieuse bien contraire au tempérament sans fiel de M. Thiers, et soulève ainsi d’implacables inimitiés contre le plus inoffensif des hommes d’esprit et de talent de notre époque. Quoi qu’il en soit, le fidèle Berger, alléché par l’espoir de la pairie, dignité pas au-dessous de la taille d’un client de Mme Dosne, règle sa conduite sur celle de sa patronne, fait avec elle du ministérialisme ou de l’opposition. S’il est obligé de se prononcer sur les actes du gouvernement empreints de l’initiative personnelle du roi, il se plaint de n’avoir pas invoqué les lumières de son ange gardien, Madame Adélaïde. Il adore les vertus de la reine dont il parle avec onction et, quand il vous récite ces litanies sur la famille royale, son air est franc ; son ton cafard, de manière à faire douter s’il est sincère ou ironique, se ménageant ainsi au besoin, le mérite d’une double appréciation contraire. Sur tous les autres sujets, jamais un blâme nettement articulé ne s’échappe de sa bouche sans l’accompagnement obligé d’un éloge correctif. Il trouve toujours un peu de bon dans le mauvais et un peu de mauvais dans le bon. Cela est assez vrai et suppose du bon sens et une autorité judiciaire expérimentée, et, comme il est assez adroit ce gros pataud pour se faire des amis puissants et ne pas se créer des ennemis dangereux, il faudra s’étonner si à fin de compte monsieur le maire du second arrondissement ne parvient pas au point le plus haut d’une ambition secondaire. » Il apostilla ainsi, en mai 1848 et comme maire du (ancien) IIe arrondissement et membre de l’Assemblée nationale, un certificat délivré par le maire de Saint-Cloud pour constater les services rendus par Nourry, Jacques, décoré de Juillet, pendant les journées de Février, pour la conservation du château : « Je ne puis rien dire sur la conduite de M. Nourry pendant les journées de Février mais j’affirme qu’en juillet 1830 elle a été admirable, que depuis il a constamment montré un zèle et un dévouement dignes des plus grands éloges, qu’il est resté fidèle aux principes de notre glorieuse révolution, que ses sentiments républicains remontent à beaucoup d’années et qu’à mon avis ce serait de la part du gouvernement un acte de justice que d’accepter la demande de M. Nourry. » Il demeurait 256, rue Saint-Honoré en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris 6AZ 21 (6AZ 1264, Berger, Jean-Jacques) ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Chevallot, Jean, Nicolas ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries, décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 in dossier Barré, Jean, Joseph, Josse (où il apostille une demande présentée par ce dernier) ; Archives nationales F/1dIV/B/3 in dossier Barré, Jean, Joseph, Josse ; Archives nationales F/1dIV/B/8 in dossier Bessas-Lamegie, Auguste ; Archives de la préfecture de police AA 405 in dossier Nourry, Jacques.