Berger, Romain, Alexandre, Philippe, Joseph
Biographie
Né le 6 mai 1796 à Saint-Omer (Pas-de-Calais), « issu d’une honorable famille, qui compte beaucoup d’officiers supérieurs dans son sein », dira-t-il dans sa demande de grâce. Ancien adjudant sous-officier en 1815, admis brigadier après les Cent-Jours, devenu commis. « A la tête d’un cabinet d’affaires, marié, père de famille », précise-t-il dans ce même recours, il expliquait les conditions dans lesquelles il avait été condamné pour escroquerie, peu avait la révolution de Juillet : « J’étais directeur d’un bureau d’affaires et de placements lorsque je fus chargé par le sieur Boulay, mécanicien hydraulique de lui procurer deux commis aux recettes pouvant verser chacun un cautionnement de mille francs pour garantie de leur gestion. Boulay m’avait présenté un bail de sept mille francs et une carte d’électeur. Mes responsabilités étaient garanties par la position sociale de Boulay, comme négociant et par sa position politique comme électeur ; cependant sa mauvaise conduite lui ayant fait entreprendre des entreprises hasardeuses et les commis, que comme directeur d’un bureau de placement, je lui avais présentés n’ayant pas été remboursés, ils ont porté plainte en abus de confiance contre lui et contre moi. » Dans cette même demande en grâce, Lepage, Nicolas, Séverin (voir ce nom) adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, pour rendre hommage à sa conduite : « J’ai l’honneur de vous exposer les faits suivants pour rendre hautement témoignage de la conduite pleine d’humanité et de patriotisme qu’a tenue à mon égard dans l’une des glorieuses journées le sieur Berger, demeurant à Paris, rue Saint-Honoré n° 85. Le 28 juillet, l’exposant était sorti pour joindre ses efforts à ceux de la population parisienne, lorsqu’arrivé au coin de la rue du Roule, il essuya le feu d’un peloton du 15e léger. Il fut frappé de deux coups de feu. M. Berger, qui l’avait vu tomber et dont la demeure est dans la rue Saint-Honoré, voisine de celle du Roule, s’empressa de lui ouvrir son domicile. Il le recueillit, aidé de la dame son épouse. Il pansa ses blessures et lui prodigua tous ses soins. L’exposant n’oubliera jamais ce bienfait des sieur et dame Berger. » Berger sollicita de réintégrer l’armée avec le grade de sous-lieutenant. Lepage apostilla sa demande de la même manière, précisant : « C’est lui qui, au péril de sa vie, m’a retiré de sous le feu du 15e léger. » Tassin, Jacques, Nicolas (voir ce nom), qui avait soigné Lepage, apostilla lui aussi la même demande présentée par Berger en précisant qu’il connaissait ce dernier pour « un homme fort recommandable ». Berger reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 21 juin, et son brevet le 6 septembre 1831. Il fut nommé, par ordonnance en date du 21 février 1831, sous-lieutenant sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 22e régiment de ligne. Il reçut trois cents francs auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, comme somme à valoir sur son indemnité de première mise d’équipements. Le 17 septembre 1830, ses avocats, Dupin jeune et Perrot, sollicitèrent sa grâce pour la condamnation dont il avait été l’objet en police correctionnelle, par défaut, à trois années d’emprisonnement, comme complice d’escroqueries commises par le sieur Boulay à l’égard des nommés Fonade et Lapalus. Acquitté contre Fonade, Berger avait été condamné par défaut contre Lapalus. Il demeurait 85, rue Saint-Honoré en 1830 ; chez sa mère, rue Royale à Saint-Omer en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Journal militaire officiel, année 1831, premier semestre, Paris, chez Anselin, 1831, p. 235, ordonnance du 21 février 1831 (sous le nom de Berger, Romain, Joseph) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Liste des militaires, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 277 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Etat nominatif des militaires décorés de la croix spéciale ou de la médaille, inscrits sur les listes du (ancien) IVe arrondissement de Paris ; Archives de Paris VK3 45 (couverture du dossier Guillou, François, Louis) ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, bordereau des sommes données à titre de solde militaire par le maire du (ancien) IVe arrondissement de Paris, après l’approbation de M. le général Fabvier aux sous-lieutenants désignés par la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales BB/24/85-99 (sous le nom qu’il donne de Berger, Alexandre, Romain).