Bergeret, Lievain, Marie
Biographie
Né vers 1794 (mais vers 1782 in Archives de Paris DM13 1) à Paris. Vannier. Il combattit, dès le 27 juillet. Le 28, il était armé d’une épée, aux côtés de Pierron, Perdriset, Lesieur et Guindon, dans la rue Saint-Antoine, quand, entre 5 et 6 heures du soir, vis-à-vis du 43-44 de la rue Saint-Antoine, il fut atteint de deux balles, l’une à la tête et l’autre à l’estomac. Porté dans la cour de la mairie, rue Geffroy-Lasnier, il décéda, sans avoir donné aucun signe de vie. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 5 février 1831, comparurent devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement : Perdriset, Jean-Baptiste (voir ce nom), marchand de vin, demeurant 43, rue Saint-Antoine ; Pierron, Claude, Jacques (voir ce nom), 44, rue Saint-Antoine ; Arondel, Jean-Baptiste, Julien, marchand de vin, demeurant 19, rue Geoffroy-Lasnier. Ils attestèrent « avoir parfaitement connu le sieur Liévain, Marie Bergeret […] et savoir, les sieurs Perdriset et Pierron, que ledit sieur Bergeret, le 28 juillet dernier entre 5 et 6 heures du soir, étant armé d’une épée, a été frappé d’une balle dans la poitrine, rue Saint-Antoine vis-à-vis leur domicile, qu’ils l’ont vu tomber par suite du coup qu’il venait de recevoir et qu’étant parterre il est décédé sans donner aucun signe de vie après le coup qu’il avait reçu. Et le sieur Arondel l’avoir vu décédé et gisant le même jour dans la cour de la mairie, rue Geoffroy-Lasnier […] ». De la même manière, le 10 avril 1831, devant le commissaire de police du quartier de l’Hôtel de ville, comparurent : Pierron, Claude, Jacques (voir ce nom), courtier en vins, 44, rue Saint-Antoine ; Perdriset, Jean-Baptiste (voir ce nom), marchand de vin, demeurant 43, rue Saint-Antoine ; Lesieur, André, Benjamin (voir ce nom), marchand épicier, demeurant 40, rue Saint-Antoine ; Guindon, Louis, François, Auguste (voir ce nom), vannier, demeurant 8, rue du Grenier-sur-l’Eau. Ils attestèrent « avoir vu tomber et mourir d’un coup de feu, dans la rue Saint-Antoine, le susdit Bergeret, mari de la déclarante, lequel combattait à leur côté pendant la journée du 28 juillet ». Il laissait une veuve, Patin, Modeste, Françoise (Marie, Joséphine sur les listes du Constitutionnel), née le 2 floréal an II à Saint-Georges-de-Reintembault (Ille-et-Vilaine) (elle-même fille de Patin, Jean, laboureur, et de Lainé, Françoise son épouse), avec laquelle il s’était marié le 9 mars 1816 à la mairie du (ancien) IXe arrondissement de Paris, qui reçut un secours de cent vingt francs en août puis de cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel ; elle était rempailleuse de chaises « gagnant un franc par jour, quand elle est occupée » ; on trouve sur sa fiche, la mention suivante, sans savoir quel crédit on peut y apporter : « La veuve ne jouit pas d’une bonne réputation. » Le principal locataire de la maison où elle habitait lui délivra un certificat, où on trouve l’apostille de Liger, Jean-Baptiste, Louis (voir ce nom), épicier, demeurant 16, rue des Barres. Elle fut pensionnée de cinq cents francs et reçut de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; et deux enfants, Pierre, Joseph, né le 30 décembre 1816 à Paris, reconnu orphelin de Juillet, pensionné et à qui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes, et Docile, Désirée, née vers 1826 à Paris et décédée le 23 décembre 1830, à l’âge de quatre ans et demi, qui pourtant apparaît (sous l’identité confuse de Bergeret, Patin, Modeste, Françoise) comme ayant reçu de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Rabache, Marie, Victor, marchand de meubles, subrogé-tuteur, demeurant 76, quai des Ormes en 1831. Le fils, placé chez M. Maurice, instituteur 4, rue Basse-Saint-Pierre, reçut trois cents francs de frais de trousseau en 1832. Cette même année, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son sujet qu’il était « très attentif, […] assez soumis » et ajoutait : « Beaucoup d’intelligence et d’application. A besoin de se perfectionner dans l’orthographe, se destinant à la carrière d’employé. Ce jeune homme est plein de bonne volonté. Ses cahiers et ses devoirs sont remarquables sous le double rapport du soin et de l’ordre. » Le 24 juillet 1840, les restes de Bergeret furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Le nom de Bergeret (L.-M. Bergeret) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille et sur les tables du Panthéon. Bergeret demeurait 8, rue du Grenier-sur-l’Eau depuis 1815 (mais 4, rue du Grenier-sur-l’Eau au rez-de-chaussée in Archives de Paris DM13 1) ; sa veuve, toujours à la même adresse en 1832 (mais une fois sur deux 4, rue du Grenier-sur-l’Eau et aussi une fois 7, rue du Grenier-sur-l’Eau in Archives nationales F/1dIII/36 et enfin une fois 8, rue du Grenier-sur-l’Eau ; 8, rue du Grenier-sur-l’Eau deux fois in Archives nationales F/1dIII/38 B ; 8, rue du Grenier-sur-l’Eau in Archives nationales F/15/2557-2559 état officiel des orphelins). Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 12 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 12 (sous le nom de veuve Bergeret) ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves et liste nominative des orphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 106 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 11, p. 108 pour la veuve ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) IXe arrondissement ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 36-37 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) IXe arrondissement et Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, veuves et orphelins ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559 dossier (ancien) IXe arrondissement et aussi un état officiel des orphelins (ancien IXe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 80, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.