Bernard de Rennes, Louis, Désiré

Biographie


Né le 11 mai 1788 à Brest (Finistère). Avocat et député. Membre de l’Association de janvier 1830 et combattant de Juillet, selon Morhéry. Morhéry devait écrire au sujet de l’Association de janvier 1830 dans Réponse aux outrages et aux calomnies dirigées contre moi : « Au commencement de janvier 1830, prévoyant le coup d’Etat dont la liberté était menacée, et voulant organiser des moyens de défense contre les mesures sanglantes que préparait le pouvoir, quelques patriotes, parmi lesquels je citerai MM. Danton) (voir Danton, Jean-François), Sempoil (voir ce nom), Divel (voir Divel, Amand, Adolphe), Guérin (voir ce nom), tous combattants de juillet, arrêtèrent en commun avec moi le projet de former une association ayant pour but de faire tourner au profit du peuple les tentatives qu’on pourrait oser contre lui. Nous fîmes à ce sujet des ouvertures à plusieurs généraux qui nous donnèrent de belles promesses, mais ne voulurent jamais rien entreprendre. Enfin M. Danton (voir Danton, Jean-François) nous proposa d’en parler à l’auteur de la Guerre nationale, qu’il connaissait particulièrement, M. Auguste Fabre, et il avait un titre bien glorieux encore, celui de frère du grand écrivain, de l’illustre patriote dont la France déplorera longtemps la perte, de Victorin Fabre. Nous acceptâmes. M. Danton lui fit part de nos desseins. On convint qu’il commanderait en second l’association, et qu’il nous mettrait en rapport avec le général Lafayette que nous choisîmes pour commandant en chef. MM. Danton, Sempoil et moi, promoteurs de cette société patriotique, en formions le comité supérieur. Seuls nous avions des rapports directs avec les deux commandants. En très peu de temps nos ventes se répandirent parmi les citoyens de toutes les classes, députés, militaires, ouvriers et étudiants. Je pourrais donner les noms d’un grand nombre de pompiers qui livrèrent leurs armes à leurs coassociés au moment du combat de juillet ; mais je crains d’être taxé d’indiscrétion ; et pour le même motif je passe sous silence le nom de plusieurs députés et d’un grand nombre de militaires. Qu’il me suffise pour le moment d’appeler en témoignage quelques-uns de mes compatriotes qui tous, moins les absents, ont pris une part active à notre révolution. Tels sont MM. Emile Lebreton (voir ce nom), Guilhem (voir ce nom), fils du député, et le brave Kersausie (voir Kersausie, Guillard de, Joachim, René, Théophile) qui, à la première nouvelle des ordonnances, insurgea le 4e régiment de hussards dans lequel il était capitaine. Faut-il ajouter à ces patriotes MM. Le Calvé (voir ce nom), de Saint-Brieuc, qui s’est si bien montré en juillet ; Martin (voir ce nom), Genest (voir ce nom), Boullé (voir Boulay, Séverin, Constant) de Saint-Malo ; Richard (voir ce nom), Bertrand (voir Bertrand, François), décoré de juillet ; Jules Bernard (voir ce nom), fils du député ; son père (voir Bernard de Rennes, Louis, Désiré), maintenant conseiller en Cassation ; son oncle (voir ce nom), ex-préfet des Hautes-Alpes, et le malheureux Papu (voir Papu, Nicolas, François), de Rennes qui remplaça dans ma vente mon compatriote Sébilot (voir Sébillot, Pierre), maintenant médecin à Matignon ; enfin Mestivier (voir ce nom), Chauveau (voir ce nom), Henri, de Lavalle (voir ce nom) ; Potier (voir ce nom), de la Mayenne ; Barnio (voir ce nom, fiche à faire), de Pongibaud (voir Barnicaud, Jourdain, Antoine) ; Vimal (voir ce nom), de Clermont, tous les deux décorés de juillet ; Roger (voir ce nom), de la Vendée ; Bouvier (voir Bouvier, Joseph), du Jura et tant d’autres enfin qu’il serait trop long de nommer et qui se sont consacrés au triomphe de notre révolution. » Dans son Histoire politique des écoles et des étudiants depuis le Moyen Age jusquà 1850, Watripon rapporte au sujet de Bernard : « [29 juillet] Sempoil, membre de la première vente, se trouvait au premier rang de la colonne qui s’avançait de la place de l’Odéon vers le Louvre. En passant sur les ponts, il fut atteint d’une balle morte à la poitrine. Dans la rue des Prouvaires, cette colonne fut lâchement fusillée par l’ordre d’un officier de la garde nationale (!! lire sans doute garde royale, N.D.A.), qui après avoir donné la main aux insurgés, commanda le feu inopinément. Ils se rallièrent néanmoins et parvinrent jusque sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois. Au moment où Sempoil entrait sur cette place, il fut renversé par la commotion d’une décharge, sans cependant être blessé. Reprenant ses forces, il se releva aussitôt, commanda le feu contre la colonnade, et soutint l’attaque jusqu’à ce qu’une balle qui avait frappé contre les grillages de l’église vînt se loger entre ses deux yeux, dans le sinus frontal, et le renversa évanoui. Sempoil fut aussitôt transporté chez son compatriote, M. Bernard (de Rennes) (voir Bernard de Rennes, Louis, Désiré), député, qu’il connaissait particulièrement. On lui prodigua des soins, et comme il faisait entendre qu’on se battait pour la République, M. Bernard lui répondit : “Oui, mon cher Sempoil, cette fois, c’est pour la République.” Cinq jours après, M. Bernard se promenait dans les voitures du lieutenant-général et Sempoil était désigné comme suspect. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Bernard de Rennes, Louis, Désiré sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et sous celui de Bernard, de Rennes, Louis, Désiré in Archives nationales F/1dIII/39). Il apostilla ainsi un certificat délivré en faveur de Violet, Jean-Pierre, Paschal : « Sa conduite a été d’un homme brave et d’un excellent citoyen. » Il était avocat général en 1830. Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 16 mai 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il demeurait 4, place du Louvre en 1830 (in Archives de Paris VD6 278 in dossier in dossier Violet, Jean-Pierre, Paschal) 4, rue des Pyramides en 1831. Il mourut le 9 janvier 1858 à Paris. Chronique de juillet 1830, Rozet, Paris, Barrois et Duprat, 1832, tome 1, p. 109 ; Histoire politique des écoles et des étudiants depuis le Moyen Age jusquà 1850, Watripon, Paris, chez Michel et Joubert, 1850, tome I, p. 150 ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 278 in dossier in dossier Violet, Jean-Pierre, Paschal ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Réponse aux outrages et aux calomnies dirigés contre moi par M. Bigrel et consorts, chez Auffray, 1832. Wikipédia : « Il était fils dun négociant de Brest qui avait épousé une demoiselle Lesné de Plouha. Après avoir fait ses études à La Flèche, puis au collège Sainte-Barbe, il fut, en 1810, admis au barreau de Rennes et quoiquil eut voté contre lacte additionnel, fut, pendant les Cent-Jours conseiller à la Cour impériale. Au retour des Bourbons, il redevint avocat et plaida, en 1815, pour le général Travot. Dix ans plus tard, une attaque du journal lEtoile contre la mémoire de La Chalotais lui fournit loccasion de se faire connaître à Paris (1825) ; il sy lia avec Odilon Barot. Il défendit encore sous le ministère de Polignac, le Journal du commerce. Candidat des libéraux, le 23 juin 1830, dans deux circonscriptions, à Lannion et à Rennes, il fut élu par toutes les deux, protesta avec lopposition contre les ordonnances de Saint-Cloud, fit partie de la Commission envoyée par la Chambre auprès du nouveau lieutenant-général du royaume et prit part à létablissement du nouveau gouvernement qui le fit procureur général près la Cour royale de Paris. En cette qualité, il organisa les parquets du ressort, dirigea à Saint-Leu linstruction de la procédure relative à la mort mystérieuse du prince de Condé, et présida à linterrogatoire des ministres de Charles X. Soumis comme fonctionnaire à la réélection, il obtint, le 21 octobre 1830, le renouvellement de son mandat, puis, sauf aux élections générales de 1834, fut constamment réélu jusquen 1848. Il était rentré à la Chambre, le 19 mars 1836, comme député du Morbihan, en remplacement de M. Caradec démissionnaire. Il ne garda pas longtemps ses fonctions de procureur général, et préféra les échanger contre celles de conseiller à la Cour de cassation. À la Chambre des députés, il montra dabord une certaine indépendance à légard du pouvoir, contre lequel il votait souvent. Il proposa dabolir entièrement le cautionnement des journaux politiques, dabaisser le cens électoral jusquà 150 francs et se prononça même pour la liberté absolue de réunion et dassociation. Mais à partir de 1833, il se rangea du côté de la majorité conservatrice et soutint, jusquà la fin, les derniers ministères du règne. Il vota ainsi lindemnité Pritchard. En 1851, il devint président de la Cour de cassation. On doit à Louis Bernard de Rennes, un grand nombre douvrage de genres divers, depuis un Résumé de lHistoire de Bretagne (1826) jusquà un vaudeville, La Craniomanie. Conseiller général du canton de Plouha et de celui dEtables, il est président du conseil général des Côtes-du-Nord de 1844 à 1848. Son frère, Joseph Bernard, avocat puis préfet, a été député du Var de 1831 à 1834. »

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