Bernard, Victor, Honoré

Biographie


Né vers 1798. Ancien sous-lieutenant de cavalerie dans la garde impériale (?? comment c’est possible avec sa date de naissance), devenu épicier. Il combattit rue de Bondy et boulevard Saint-Martin. Tombé malade suite à de grandes fatigues, il reçut un secours de soixante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIe arrondissement. Son dossier est annoté de l’observation suivante : « Le jury a reconnu ses titres, insuffisants. » Il reçut la médaille de Juillet (sous le seul nom de Bernard, sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39) auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il signa, le 10 octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Coutin, Jean-Pierre : « Les soussignés certifient pour rendre hommage à la belle conduite du sieur Coutin […] que, le 28 juillet, il s’est battu sur le boulevard Saint-Denis, que, le 29, il s’est battu rue Saint-Honoré et à la prise des Tuileries. C’est avec plaisir qu’ils feront remarquer que son désintéressement égala sa bravoure. L’un des combattants qui fut tué à ses côtés possédait une carabine de prix, celui-ci s’en empara et l’emporta chez lui après la victoire. Père de famille, sans ouvrage depuis trois mois, pressé par le besoin, il se disposait à vendre cette carabine, propriété acquise sur le champ de bataille, pour subvenir aux besoins de sa famille, lorsqu’il apprit que cette carabine allemande, garnie d’ivoire et de nacre, appartenait au Musée d’artillerie, il préféra la rendre et refuser le prix de la vente. Le fait est certifié par monsieur le conservateur du musée, qui lui a délivré le reçu. Il a en outre fait partie de l’expédition de Rambouillet. » Le nom de Bernard, Victor, Honoré apparaît encore dans une demande de secours qu’il présenta en faveur de Cerizel, François, Jean-Baptiste, garde national à Saint-Aubin (Manche), né à Saint-Senier-de-Beauvron. Ce dernier avait été chargé de surveiller les passages des étrangers dans la commune de Saint-Aubin. Il avait eu l’ordre d’arrêter tous les marchands colporteurs même munis de passeport mais non munis de patente, et s’était vu confier, par le maire de la commune, une carabine, en attendant qu’on lui procurât un fusil, afin de mener à bien sa tâche. Le maire lui avait délivré un certificat de bonnes vie et mœurs et attestant qu’il avait « montré des marques de son zèle et de son dévouement pour le maintien du bon ordre et de la surveillance légale sur les voyageurs, dont il en a arrêté six, à notre connaissance, qui répandaient dans les pays des cris séditieux, propres à mettre la terreur, tant il vrai qu’un, que nous avons interrogé, nous a déclaré qu’il était agent de Charles X et qu’il cherchait à se rendre dans la forêt de Bretagne. Enfin ce brave n’a épargné ni temps ni peine, depuis les jours heureux de juillet 1830, pour prouver son dévouement et son ardeur pour arrêter les tentatives contre notre liberté ». L’arrestation d’un déserteur était payée vingt-cinq francs, et Cerizel en arrêta au moins un. Cerizel vint à Paris pour solliciter un secours et Bernard le prit en charge, en témoignait cette lettre qu’on trouve dans le dossier de Cerizel à la Commission des Réclamants : « Un décoré de Juillet prend la liberté de vous recommander le sieur Cerizel, domicilié à Saint-Aubin (Vendée), certain que vous prendrez en considération les services qu’il a rendus et la pénurie de sa position. Ce ne sera pas sans étonnement que vous remarquerez dans les pièces ci-jointes que MM. Le sous-préfet et le commandant de la garde nationale ont eu plus de confiance dans le zèle, le courage et le patriotisme du sieur Cerizel, caporal, que dans ceux des grades intermédiaires. Le sieur Cerizel s’est dirigé sur Paris, après avoir arrêté six agents de Charles X et reçu une blessure. Pour deux motifs. Le premier était pour obtenir une pension tant pour sa blessure que pour les services qu’il a rendus et pour se faire nommer commissaire en place du canton de Saint-James […]. Le second motif fut de se soustraire à la vindicte de chouans, qui ne lui pardonnent pas d’avoir apposé une main profane sur les fidèles de Charles le Simple et qui, chaque jour, pronostiquent à sa femme, restée au pays avec six enfants, l’assassinat de leur père. Cet infortuné patriote, arrivé depuis dix jours, se trouve en butte au plus pressant besoin, ayant épuisé toutes ses ressources pendant sa route. Mes moyens ne me permettent pas de faire pour lui tout ce que je désirerais. J’ai pris sur moi de le présenter aux Amis de la liberté, aux combattants et frères de Juillet représentés par la Commission, qui, je crois, se fera un plaisir de l’aider de ses conseils, de ses recommandations dans ses réclamations et surtout de subvenir aux moyens d’existence dont il est dépourvu et à ceux pour retourner près de sa nombreuse famille, et une recommandation près l’un des médecins de la Commission, le plus près de son logis, pour faire panser sa blessure. […] La Commission ne voudrait pas que ce fut en vain qu’un patriote, si rare en Vendée, se fût adressé à elle. Dans le cas où les règlements ou l’état des finances ne permettraient pas de répondre à sa bonne volonté, je proposerais une collecte ou souscription, dans les formes que vous jugerez convenables et à laquelle je participerai de tout cœur. » Cerizel formula, en 1833, une nouvelle demande de secours, faisant valoir toujours « des preuves nombreuses de dévouement depuis la révolution de 1830 » et appuyée par le député de la Manche. Sa demande ne semble pas avoir reçu d’issue favorable. Cerizel demeurait à Saint-Aubin Terregatte (Manche) depuis 1806 et présentement 6, rue de Normandie, en garni chez M. Doube… en 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, Bernard reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Bernard demeurait 30, rue du Ponceau en 1830 ; 41, rue Vieille-du-Temple en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Etat des sommes payées par la Commission des récompenses nationales aux sous-lieutenants et aux décorés non blessés pour l’anniversaire de juillet 1830 du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 (sous le seul nom de Bernard) ; Archives de Paris VK3 43 (couverture du dossier Douelle, Jules, Louis) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement (sous le seul nom de Bernard) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Cerizel, François, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Coutin, Jean-Pierre (sous le seul nom de Bernard) ; Archives de la préfecture de police AA 377 in dossier Cerizel, François, Jean-Baptiste. Il y a bien trois décorés au nom de Bernard dans le (ancien) VIe arrondissement, Bernard qui demeure 5, impasse Saint-Faron ; Bernard, Philibert qui demeure 3, rue Bourg-Labbé et Bernard qui demeure 41, rue Vieille-du-Temple… mais seulement deux sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39. Pourquoi les références ce Bernard-là ne sont pas sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celles de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 ?

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