Besse, Jean-Pierre

Biographie


Né vers 1777 à Genève (Suisse). Militaire en retraite. Son fils, Besse, Jean-Baptiste (voir ce nom), devait donner les indications biographiques suivantes sur son père : « Mon père, Jean-Pierre Besse, né à Carouge, commune aujourd’hui réunie au canton de Genève, s’enrôla volontairement, en l’an VIII, à l’âge de quinze ans au service de la république française. Il fit les campagnes d’Italie, sous les ordres du général Desaix, et mourut à Morelaz (Savoie) en 1833. Mais, par suite de blessures, il fut forcé d’abandonner le service militaire ; appelé à remplir divers emplois dans l’administration en Italie, il désira se rapprocher de sa famille et fut nommé commis à pied des droits réunis à Genève. En 1814, il était receveur à cheval à Colonge (Ain) et attendait un emploi supérieur lorsque la France fut envahie par les puissances coalisées. Ses espérances étaient détruites mais, ne consultant que son patriotisme, mon père organisa, de son propre mouvement, une petite armée (corps franc), qu’il recruta non seulement dans le département mais en Suisse et en Savoie. Il se battit courageusement sur différents points de la frontière et, le 14 août, ayant sous ses ordres quelques compagnies qui lui avaient été confiées par le général de la division, il arrêta au pont de Montmeillan (à la Chavonne) la colonne autrichienne qui se dirigeait sur Grenoble et repoussa l’ennemi, à la baïonnette, de l’autre côté du pont. Dans cette affaire, mon père eut le bras droit cassé d’un coup de feu. Les destinées de la France changèrent, la déchéance de Napoléon fut prononcée. En 1815, mon père, dont le bras droit était encore en écharpe à cause de sa blessure, qui n’était pas encore cicatrisée, reprit les armes. Le général Desaix, dont j’ai déjà cité le nom, lui donna le commandement d’un bataillon de la Haute-Saône, cantonné dans le pays de Gex. Il fit essuyer des pertes sensibles à l’ennemi, chassa du village de Farget les Autrichiens qui s’en étaient emparé dans l’intention de l’incendier. Enfin, il soutint la retraite de l’armée jusqu’à Lyon et à Roanne, où il fut licencié. Qu’on se représente, après ces désastres, mon malheureux père, persécuté, fuyant, ayant tout perdu, emploi, mobilier, et ne pouvant plus subvenir aux pressant besoins de sa femme et de ses trois enfants. Il pouvait mourir mais il voulut vivre, pour sa famille. Il fit de nombreuses démarches pour recouvrer son emploi et pour obtenir du gouvernement la croix d’honneur, qui lui avait été décernée dans les Cent-Jours. Il fut replacé, puis destitué puis replacé encore jusqu’en 1828, époque à laquelle il fut mis à la retraite avec sept cents francs de pension, après avoir servi la France pendant quarante ans ! En 1830, il se trouvait à Paris lorsque la révolution éclata. Il y prit une part active, mais trop modeste, trop désintéressé pour solliciter, il alla vivre de sa modique pension à Grenoble, où j’eus le malheur de le perdre par suite de sa blessure, qui s’était rouverte. Moi-même, M. le ministre, j’ai fait la campagne de 1815, j’avais alors treize ans, j’accompagnais mon père dans ses excursions et, pour prix de tant de dévouement à la cause nationale, mon père et moi aurions été fusillés, sans l’intervention du général Desaix. » Il est répertorié (sous le numéro 49) dans la liste des demandes de secours posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 27 décembre 1830, à aucune voix pour la croix, aucune voix pour la médaille, deux voix pour une mention et cinq voix pour rien. Son nom est sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement de blessés qui comparurent devant le jury médical. Il demeurait 18, rue du Fouarre en 1831. Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, demandes de secours ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 27 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants. Voir sûrement idem que Besse sans prénom ?

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