Bezian, Dominique
Biographie
Né vers 1770 à Con (peut-être Condom ?) (Gers). Médecin. Il établit une ambulance avec les docteurs Raffin, Olivier (d’Angers), Favroit et surtout M. Briquet, dont la maison tout entière fut mise à la disposition des blessés. « De prompts secours ont été distribués dans la maison de M. Pitois, rue du Coq-Saint-Honoré. C’est dans cette maison, située en face du Louvre, qu’ont été reçus les blessés des deux partis ; Suisses, gardes royaux, citoyens, tous ont été traités avec un empressement égal. M. Vaudois, M. Boyer (de Marseille) et M. Bézian, tous trois docteurs en médecine, se sont à l’envi livrés au soin d’extraire les balles des blessures et de poser les premiers appareils. Au nombre des personnes qui se sont distinguées par leur zèle à donner des secours et leur empressement à offrir du pain et du vin à qui pouvait en avoir besoin, nous devons citer plus particulièrement MM. Jérôme, tailleur, et Lamanou, pâtissier, qui occupent au rez-de-chaussée le devant de la maison. Toutes les dames de la maison, et celles des maisons voisines, n’ont pas tardé à surmonter leur frayeur pour imiter un si bon exemple : c’était à qui apporterait des compresses, de la charpie et du bouillon. » Rossignol et Pharaon relatent ainsi son activité durant les trois journées de Juillet : « Le docteur Bézian nous adresse des détails intéressants sur l’ambulance qu’il a établie de concert avec les docteurs Raffin, Olivier (d’Angers), Favroit et surtout M. Briquet, dont la maison tout entière a été mise à la disposition des blessés. Tous les voisins ont rivalisé de zèle et de générosité pour les seconder. Les blessés ont montré tous un héroïsme admirable. Un d’eux, à qui l’on offrait un morceau de pain, en regrettant de n’avoir pas autre chose, s’est écrié : “Du pain et de la liberté, et nous serons heureux !” Un mourant, auquel on donnait les derniers soins, les refusa en disant : “Je sens que bientôt je ne serai plus ; occupez-vous de ceux qui peuvent encore se battre pour la liberté !” Un autre disait à ses camarades : “Prenez mes balles qui sont dans mon gousset, et le peu de poudre qui est dans cette bouteille, et courez à l’ennemi ; il est presque vaincu.” Un des blessés a fait cette réflexion : “On ne nous accusera pas, tout pauvres que nous sommes, d’avoir volé ; nous n’avons rien pris à personne ; nous désirons même de tout notre cœur qu’il n’arrive rien de fâcheux à Charles X et à sa famille ; et nous espérons, par notre conduite, qu’on ne nous traitera pus de ville canaille, de populace… Nous nous sommes battus pour conquérir la liberté ; et déjà on nous a promis de nous l’assurer…” Quel langage un jour d’insurrection ! et quel peuple que celui qui garde autant de raison dans le combat ! » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Dans le récit que fit Tardieu, Pierre, Antoine de sa propre participation aux combats, on trouve les indications suivantes concernant Briquet : « […] Le sieur Sandoz (voir Sandoz, Jean-Baptiste), horloger, dont la carabine venait de crever dans sa main, rentrait en même temps que moi et comme je perdais beaucoup de sang, il me donna le bras pour me conduire rue Baillet, n° 5, à une ambulance, où je vis une vingtaine de blessés, tous atteints dans le corps. Je fus pansé par les docteurs Briquet (voir Briquet, Pierre), Besian et Olivier (voir ce nom) […]. » Il apostilla, le 3 août 1830, un certificat délivré par le docteur Tassin (voir Tassin, Jacques, Nicolas) et comme quoi il avait lui aussi donné ses soins à Cuvier, Auguste (voir ce nom). Sa médaille lui fut délivrée le 26 juillet 1831. Il demeurait 5, rue Baillet en 1830-1831. Le Constitutionnel, 31 juillet 1830 ; Le Moniteur universel, 1er août 1830 ; Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 192-193. Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 334-335 ; Le Réveil du lion ou Paris dans les immortelles journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; précis des événements, heure par heure… suivi d’un chant triomphal… par un patriote de 89, Paris, Lerosey, 1830, p. 200 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VK3 53 in dossier Tardieu, Pierre, Antoine ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/51 in dossier Cuvier, Auguste.