Biesta, Hippolyte, Guillaume

Biographie


Né le 31 mars 1811 à Paris. Clerc de notaire. L’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. La proposition dont il fut l’objet d’être nommé chevalier de la Légion d’honneur laisse de nombreuses informations sur les conditions de sa participation à la révolution de Juillet puis sur l’attitude qu’il eut lors de la révolte des 5 et 6 juin 1832, à l’occasion de l’enterrement du général Lamarque. Cette proposition fut l’occasion d’un rapport, en date du 17 août 1832, et ainsi rédigé sur son compte : « M. Biesta, Hippolyte, Guillaume, âgé d’environ vingt-huit ans, demeure rue Meslay, n ° 38, chez M. Esnée, notaire, et est second clerc dans son étude, où son jeune frère est également employé. M. Biesta, qui est encore célibataire, est connu dans la maison de M. Esnée pour un jeune homme de mérite, de bonne conduite et comme professant des principes en harmonie avec le gouvernement actuel, auquel il est entièrement dévoué. Le 5 juin, à 5 heures et demie de relevé, le sieur Biesta se trouvait sur la place de la Bastille au moment où M. Crépy le Prince, officier de l’état-major, que le général Pajol avait envoyé en reconnaissance au pont d’Austerlitz allait être infailliblement assassiné sans l’intervention du susnommé qui, dans cette occasion, montra autant de courage que de sang-froid. Il ne put cependant empêcher que cet officier ne fût encore bien maltraité et qu’il n’eût ses vêtements déchirés par les forcenés, qui voulaient absolument le tuer et qui probablement y seraient parvenus sans le secours de plusieurs élèves de l’Ecole polytechnique qui débarrassèrent entièrement l’officier des mains de ces furieux. Un de ces jeunes gens et le sieur Biesta le reconduisirent à l’état-major et un autre individu y ramena également son cheval ; on n’a pu se procurer les noms de celui-ci ni ceux de l’élève de l’Ecole polytechnique. Un fait encore bien certain et qui est parfaitement connu de M. le général Pajol ainsi que de plusieurs autres officiers de l’état-major, c’est que le sieur Biesta a pris une part active à la révolution de juillet 1830 et qu’il y a fait preuve de bravoure ; le 29, il se trouva à la prise du Louvre et des Tuileries ; dans ce dernier lieu, une partie du peuple voulait piller le château ; le général Pajol qui s’y trouvait s’y oppose avec vigueur mais sa démarche ayant déplu à l’un de ceux qui tentaient le pillage, celui-ci ajusta le général presque à bout portant et l’aurait certainement tué si le sieur Biesta ne se fût empressé de détourner le coup avec son bras, ce qui lui fit courir quelques dangers. Tout ce qui vient d’être rapporté peut être certifié par M. le général Pajol, par M. Crepy le Prince et par plusieurs autres personnes qui tous se plaisent à rendre justice aux sentiments patriotiques et à la bonne conduite du sieur Biesta. » Le général Pajol (voir ce nom) confirma, dans ces termes, le 23 juillet 1832, la conduite de Biesta : « […] Dans la journée du 5 juin dernier, j’avais envoyé au pont d’Austerlitz un des officiers de mon état-major, afin d’être instruit de ce qui se passait sur ce point et d’être à même de prendre à temps les mesures nécessaires. Cet officier s’étant trouvé engagé dans une bande d’insurgés, qui, après l’avoir désarmé, voulurent le jeter à l’eau, ne dut la vie qu’au sang-froid et au courage que déploya M. Biesta, qui arracha l’épée de cet officier des mains de l’homme qui s’en était emparé, l’en menaça et en imposa ainsi aux autres par cette action. Ce citoyen […] ne borna pas là ses services ; il accompagna, au péril de sa vie, cet officier jusqu’à mon état-major, où il était si important qu’il arrivât, en traversant les bandes d’insurgés qui faisaient alors un mauvais parti aux militaires et aux citoyens isolés qui refusaient de se prêter à leurs mauvaises intentions. Je verrais cette distinction à M. Biesta avec d’autant plus de plaisir qu’après avoir vaillamment combattu dans les journées de Juillet il m’accompagna pour sauver le trésor et pour préserver les Tuileries du pillage et que, là, par sa valeur et son énergie, il m’évita un coup de fusil qu’un homme dirigeait contre moi à bout portant et qu’il désarma. Accorder cette récompense à un citoyen qui a sauvé la vie à un militaire c’est encourager cette bonne harmonie qu’il est d’un si haut intérêt de maintenir entre les citoyens et la troupe. » Le 21 novembre 1832, le préfet de la Seine apportait les indications supplémentaires suivantes : « […] Il résulte que dans la maison où demeure et travaille M. Biesta, en qualité de clerc de notaire, on n’avait jamais entendu parler des faits notables relatés dans votre lettre mais qu’il était du reste connu dans tout le quartier sous des rapports avantageux […]. » Le 5 avril 1833, le général Pajol rappelait à d’Argout, ministre de l’Intérieur, « le plus grand plaisir et la plus vive satisfaction » avec lesquels il verrait Biesta, décoré. Biesta fut décoré de la Légion d’honneur le 9 août 1833. On trouve sur internet cette biographie le concernant : « Hippolyte Guillaume Biesta, directeur du Comptoir national d’escompte, Hypolite Guillaume Biesta commença sa vie professionnelle comme clerc de notaire. En février 1841, il devint cogérant de la Fonderie générale des caractères français et étrangers. Membre du Comité central des électeurs de la Seine, Biesta participa à la première réunion de l’opposition chez Odilon Barrot qui décida le recours à l’agitation pacifique contre le régime de Juillet. Il joua un rôle actif en février 1848. Le 20, Garnier-Pagès le nomma sous-délégué du gouvernement provisoire près le Comptoir d’escompte de Paris. Cette nomination, plus politique que motivée par l’expérience financière de son bénéficiaire, était due peut-être aussi à Emile Pereire, partie prenante dans la fondation du Comptoir et l’un de ses principaux actionnaires, et Biesta conserva ses fonctions malgré les évolutions politiques ultérieures jusqu’à sa mort. Au sein du groupe Pereire, il fut membre fondateur et administrateur du Crédit mobilier, il a participé comme souscripteur et administrateur aux grandes entreprises des Pereire, à l’exception notable des Chemins de fer du Midi. Il survécut aux Pereire puisqu’il continua à siéger sous la présidence de Germiny au Crédit mobilier et à la Compagnie immobilière après le départ des fondateurs. Sous le Second Empire, il fut en outre censeur des Houillères et fonderies de l’Aveyron, du Sous-Comptoir des chemins de fer, administrateur de la Compagnie de la Vieille Montagne, des Mines de cuivre de Huelva, du Central-Suisse, des Chemins de fer du Dauphiné, de la Compagnie fermière de Vichy, des Salins du Midi, de la Paternelle, etc. Titulaire de la Croix de Juillet (sic), Biesta fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 9 août 1833. Il était membre du Cercle des chemins de fer. Il employa une partie de sa fortune à des acquisitions foncières et immobilières à Bougival, où les parents de sa femme avaient acquis une propriété en 1811, il acheta en avril 1849 dix-huit hectares sur l’île de la Chaussée. En juin 1857, le prince Murat lui vendit pour 168 000 francs le château d’Aguesseau, superbe demeure de style Louis XIII qui domine Trouville et la mer, et son domaine de douze hectares. En avril 1860, il dépensa 770.000 francs pour un ensemble immobilier de quatre bâtiments avec six boutiques situé au bas de la rue Caumartin, à l’angle du boulevard de la Madeleine, qui existe toujours. Enfin il compléta ses acquisitions en mai 1864 et décembre 1865 par deux fermes de 169 et 164 hectares en Ile-de-France qui lui coûtèrent au total 754 000 francs et lui procuraient un revenu de 29 000 francs par an. » Il mourut le 15 octobre 1870. Il demeurait 14, rue Saint-Marc-Feydeau en 1831 ; 38, rue Meslay en 1832. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIV/B/9 ; base Léonore de la Légion d’honneur LH/236/1.

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