Bisson, Louis, Jean

Biographie


Né le 29 fructidor an IV (30 août 1797 ; mais 30 avril 1797 in Archives nationales F/1dIII/37) à Rasmes ou Rasne (Orne). Menuisier. Il fut blessé, le 28 juillet 1830, d’un coup d’arme à feu reçu au côté gauche, boulevard de Bondy, en face du théâtre de l’Ambigu. Il reçut un secours de quatre-vingts puis un autre de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Saint-Denis. Le 4 avril 1831, devant le juge de paix du canton de Neuilly, comparurent : Tetard, Charles, Leroy, menuisier, demeurant 15, rue des Petits-Hôtels à Paris ; Cailleteau, Jean, Joseph (voir ce nom), épicier, demeurant village d’Orsel à Montmartre ; Durand, Louis, François, limonadier, demeurant 18, chaussée des Martyrs à Montmartre. Ils attestèrent pour « vérité et notoriété publique à qui il appartiendra connaître parfaitement Louis, jean Bisson, menuisier, demeurant à Montmartre village d’Orsel, et savoir positivement que ledit sieur Bisson a été blessé le 28 juillet dernier sur le boulevard Bondy en face le théâtre de l’Ambigu par une balle qui a pénétré à l’épaule et n’est pas encore extraite ». Le 20 avril 1831, sur l’attestation de Rousselot, François, et de Cailleteau, Jean, Joseph (voir ce nom), le maire de Montmartre certifiait que Bisson était marié, père d’un enfant en bas âge et avait été blessé dans les journées de Juillet. Le chirurgien de la mairie de Montmartre lui délivra, le 29 décembre 1830, le certificat suivant, qui attestait ses blessures : « Le sieur Bisson, Louis, Jean […] est porteur d’une blessure extrêmement grave, résultant d’une arme à feu, située entre l’angle inférieur du scapulum et l’épine dorsale du côté gauche. Cette plaie a huit pouces de profondeur dans la poitrine ; elle est accompagnée d’une suppuration très considérable de matière purulente d’un très mauvais caractère, qui fait supposer que le poumon du côté de cette plaie est fortement compromis. La position du malade est très malheureuse, tant moralement que physiquement, les pansements sont faits avec soin. J’aurais la précaution de les faire moi-même mais je crois très sage (sauf meilleur avis) de faire rentrer à l’hôpital le sieur Bisson. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu, à ouverture unique et à balle perdue dans le poumon, à la partie postérieure et moyenne de la poitrine du côté gauche, blessure grave, non encore cicatrisée et compliquée d’inflammation chronique au poumon, d’expectoration et de suppuration fort abondantes, circonstances équivalentes à la perte d’un membre. » Il fut admis dans la 6e classe des blessés et pensionné de sept cents francs, au lieu des mille francs correspondant à une pension versée pour une blessure équivalant à la perte de deux membres ; la Commission des récompenses nationales demanda officiellement la rectification de l’erreur. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 28 juin 1831 à la sous-préfecture de Saint-Denis. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 28 juin 1831. Il s’était marié le 18 mars 1828 à la mairie du (ancien) IIe arrondissement de Paris avec Lescene. Il était le père de Jeanne, Héloïse, née le 19 septembre 1828 (mais le 15 septembre 1829 à Montmartre in Archives nationales F/1dIII/37), et qui, comme enfant de blessé de la 6e classe, fut assimilée aux orphelins de Juillet et bénéficia des mêmes dispositions que ces derniers ; il lui fut accordé (sous le nom de Bisson, Eloïse, Jeanne) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. En 1835, Eloïse, Jeanne était élève dans une pension d’Alençon (Orne). Bisson demeurait 2, rue des Noyers à Montmartre en 1830 ; toujours à Montmartre, village d’Orsel, place du Théâtre maison Pinçon en 1831 ; à Argentan (Orne) en 1836. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 50 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., et Enfants des blessés, assimilés aux orphelins, le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des orphelins, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de larrondissement de Saint-Denis lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 112-113 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 13 ; Archives de Paris DM13 1, décoration de Juillet, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état comprenant un enfant assimilé aux orphelins en vertu de l’article 2 de la loi du 13 décembre et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1838 arrondissement de Saint-Denis ; année 1839 arrondissement de Saint-Denis) ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis, orphelins et blessés de la 6e classe.

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