Bisson, Michel, Espérance
Biographie
Né le 16 nivôse an III (4 janvier 1795 [2 janvier 1795 in Archives de Paris VD6 482 n° 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39]) à Paris (Seine), fils de Bisson, Louis, Claude, voiturier, et de Girard, Maire, Jeanne, Pierrette son épouse. Ancien marin, devenu conducteur de petites voitures. Il fut blessé d’un coup de feu reçu au bras gauche, le 28 juillet 1830, sur la place de Grève. Il fut transporté à l’Hôtel-Dieu, et amputé du bras. Il reçut cent cinquante francs de secours en septembre du Constitutionnel. Il fut soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud, d’où il sortit le 22 novembre 1830. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Michel, Espérance Bisson, cocher, natif de Paris, âgé de trente-cinq ans, logeant habituellement hôtel de la Trinité rue des Nonandières n° 16, a été amené blessé le 28 juillet dernier sur les 11 heures du matin audit hôtel, apporté par le sieur Chevreuse, qui l’a trouvé blessé à la place de Grève d’un coup de feu au bras gauche, d’où il a été transporté de suite à l’Hôtel-Dieu et où il a été amputé au joint de l’épaule. » Signé, le 10 août 1830 (pour les noms lisibles) : Marois ; Durangeon ; Eudelin ; Putois ; Rançon. Le dossier d’examen de ses droits fut sans doute instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par celle de l’arrondissement de Saint-Denis. Le 11 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent ; Eudelin, Joseph, Henry, marchand de vin, demeurant 3, rue des Nonandières ; Brière, Jean, propriétaire, demeurant 29, rue de la Mortellerie ; Mavois, Pierre (ou Marois, Pierre), tenant hôtel garni 16, rue des Nonandières. Ils attestèrent connaître le sieur Michel, Lespérance Bisson (sic), conducteur de petites voitures et longtemps avant l’événement dont va être question, qu’il demeure rue des Nonadières n° 16, qu’il est à leur parfaite connaissance que le 28 juillet dernier sur les 9 heures du matin il a été blessé sur la place de Grève par une balle qui lui a traversé le bras gauche, que par suite de cette blessure il a été rapporté chez lui et qu’il a été transporté à l’Hôtel-Dieu, qu’ils sont allés l’y voir plusieurs fois pendant son séjour et qu’ils savent qu’il a été amputé du bras blessé ». Le maire du (ancien) IXe arrondissement, sur l’attestation des mêmes comparants, certifia que Bisson était « dans un état de détresse absolue, que par suite d’une blessure par lui reçue sur la place de Grève le 28 juillet dernier sur la place de Grève il a eu le bras gauche amputé, ce qui le rend incapable d’aucun travail et le met dans l’impossibilité de continuer à exercer la profession à laquelle il s’est livré toute sa vie […] qu’il est père de deux enfants en très bas âge et qu’il était chargé de fournir l’existence à ses père et mère ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales chargé de juger la nature et les conséquences des blessures pour chacun des blessés, donna à son sujet les conclusions suivantes : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la partie supérieure du bras gauche, avec fracas des os et déchirure des chairs, qui ont nécessité l’extirpation du bras dans son articulation scapulo-humérale. » Il fut admis dans la 8e classe des blessés et reçut une pension annuelle de mille francs ; il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Sachant lire et écrire, il demanda un emploi dans le nettoiement de Paris. Présent à la maison de convalescence de Saint-Cloud, il fut cité à comparaître (mais sans qu’on sache si c’était à charge ou à décharge), le 30 novembre 1830, dans le procès intenté contre Buchoz-Hilton, qui se présentait comme colonel du régiment des volontaires de la charte, et qui était accusé d’avoir exciter des troubles et d’avoir revêtu illégalement l’uniforme de colonel. En 1837, il était employé à l’octroi, barrière de Clichy. Il s’était marié, le 28 février 1822 à Melun (Seine-et-Marne) avec Marie, Julienne, Barbe, Beurdelet, née à Esmans (Yonne) vers 1793 (elle-même fille de Beurdeley, Jacques [sic] et de Gaudin, Jeanne) ; celle-ci l’avait quitté vers 1826, en abandonnant sa fille, Flore, Julienne, née le 28 mars 1823 à Melun et son fils, Charles, Wilfried (Charles, Wilfrid in Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport etc.), né le 26 juin 1824 (par erreur le 28 juillet 1824 deux fois in F/1dIII/38 B) dans la même ville ; les deux enfants étaient recueillis par la grand-mère, qui élevaient aussi quatre autres enfants, que la mort d’une autre de ses brus venait de lui laisser. Les deux enfants furent considérés comme orphelins de Juillet, leur père étant blessé de la 6e classe. Il fut accordé aux deux enfants (sous le nom de Bisson, Charles, Wilfrid, Bisson, Flore, Julienne) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. En 1832, Flore Julienne reçut trois cents francs pour frais de trousseau ; elle était alors, pour un prix annuel de quatre cent cinquante francs, pensionnaire chez Mme Ribes, 19, rue des Prêtres-Saint-Paul (mais 19, rue Geoffroy-Lasnier, en 1833, in Archives nationales F/15/2553 [ancien] IIIe arrondissement [par négligence de classement] et 18, rue Geoffroy-Lasnier in Archives nationales F/15/2555). Elle était jugée « obligeante et douce » par la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet. En 1835, elle était élève dans la pension de Camus. Le 3 mars 1838, la commission municipale décida de la placer chez Mme Goubard, marchande lingère, demeurant 65, rue Saint-Antoine. L’enfant, selon la commission, annonçait « d’heureuses dispositions ». Le 1er novembre 1831, Charles Wilfried rentra en pension, pour un prix annuel de six cent cinquante francs, à l’école d’arts et métiers de Charonne. Vers 1832, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son sujet ; « Cet enfant a de l’intelligence mais on se plaint de sa paresse. Il fait cependant quelques progrès mais en raison de son organisation qui paraît précoce on serait en droit d’en exiger davantage. » En 1837, Charles Wilfried, fut placé en apprentissage chez le graveur Desvignes, 16, quai Pelletier. Une veuve Bisson, Michel (mais peut-être s’agit-il de la grand-mère ?), demeurant à Melun en 1850, reçut un secours de cinquante francs en 1849 et 1850, un secours de soixante-quinze francs en 1851 et en 1852, à titre de veuve d’un décoré. Bisson. Il demeurait 15, rue de la Bienfaisance en 1822 ; 55, rue et barrière de Clichy en 1823 ; à Melun en 1824 ; hôtel de la Trinité, 16, rue des Nonandières en 1830-1831 ; 43, grand-rue à Chaillot en 1832; la veuve Bisson, Michel à Melun en 1849-1852. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 53 ; Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 328 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des orphelins, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement, p. 106-107, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Saint-Denis, p. 112 (les orphelins sont sous les prénoms de Flore, Julienne et d’Héloïse, Jeanne, la fille de Bisson, Louis, Jean !), lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 13 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet (seul Charles, Wilfried apparaît dans la liste, mais Flore, Julienne apparaît bien dans l’autre), Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet ; Archives de Paris VD6 482 n° 3, mairie du (ancien) IXe arrondissement ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 36-39 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, idem blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des enfants (27) assimilés aux orphelins en vertu de l’article 2 de la loi du 13 décembre, orphelins du (ancien) XIIIe arrondissement, orphelines du (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, année 1831 ; Etat nominatif des orphelins de Juillet qui, ayant atteint leur septième année et cessé d’avoir droit au secours annuel de 250 francs liquidé en leur faveur, ont été rayés des registres du Trésor, comme étant dans le cas d’obtenir jusqu’à l’âge de dix-huit ans un autre secours de sept cents francs, en vertu de l’article 1er de l’ordonnance du 25 août 1830 ; année 1833, IXe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 IXe arrondissement ; année 1839 IXe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Beguin ; Archives nationales F/1dIII/44 ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossiers Porcher et Pottier ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, orphelins (sous les prénoms de Charles, Wilfrid) et blessés de la 8e classe (sous le nom de Bisson, Michel) et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales BB 18 1189 (A7 4347) in dossier Buchoz-Hilton ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Xe arrondissement et (ancien) IIIe arrondissement (par négligence de classement) ; Archives nationales F/15/2555 feuille de bulletin individuel de Flore, Julienne ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien IXe arrondissement) et état officiel des orphelins (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis avec la mention suivante concernant Flore, Julienne « Passée au ancien IXe arrondissement »; Archives de la préfecture de police AA 369, Rapport au ministre, en date du 19 mai 1849, sur la proposition d’accorder à quatorze décorés, combattants, veuves de Juillet et sœur d’une victime de Juillet, domiciliés dans les départements des secours s’élevant ensemble à la somme de huit cent dix francs, minute 33, idem rapport du 19 août 1850, proposition d’accorder à douze décorés, médaillés, veuves et combattants de juillet 1830, domiciliés dans les départements des secours s’élevant à la somme de 755 francs, idem minutes 127, rapport du 21 août 1850, Avis d’ordonnancement d’une somme de cent francs pour être répartie à titre de secours entre un décoré de juillet 1830 et une veuve de décoré, minute 128, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 206, idem Proposition d’autoriser sur le crédit porté au chapitre 6 du budget de 1852 l’ordonnancement d’une somme de 570 francs, pour être répartie, à titre de secours, entre sept décorés de Juillet 1830 et trois veuves de décorés ou blessés de Juillet, en résidence dans les départements, minutes 248-249, en date du 6 décembre 1852.