Boggio, dit Martin, Antoine
Biographie
Né le 25 février 1809 à Aurillac (Cantal). Serrurier. Gravement blessé à la main droite, il reçut un secours de soixante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut, après la révolution, un total de trente-huit francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1841, il avait travaillé cour Saint-Esprit, faubourg Saint-Antoine et en dernier lieu chez Lesueur, 44, rue des Tournelles. Il fit entrer Quenisset, que Prioul lui avait présenté, dans la Société des Travailleurs Egalitaires, et était lui-même un membre actif des sociétés secrètes : « Un jour, dit Quenisset, il m’a offert de prendre sa place de “chef de groupe”, en me disant que ne sachant pas écrire, il ne pouvait pas faire de rapports ni donner des bons de pains. » Le matin de l’attentat, c’est lui que Quenisset rencontra et qui lui dit d’aller vite chez Colombier, qu’il allait y avoir un « coup de feu à faire ». Martin reconnut être au courant de sociétés secrètes, mais nia toute participation à l’attentat : « Ce qui prouve, dit le juge, jusqu’au plus haut degré d’évidence, que vous n’avez pas ignoré les projets de vos camarades, c’est que l’on vous retrouve encore sur le lieu de l’attentat, vous donnant beaucoup de mouvement pour rallier vos hommes ; c’est que, dans ce moment même, c’est vous qui avez dit à Quenisset de se rendre au coin de la rue Traversière, ajoutant que le rassemblement était là, et que sans doute on attaquerait avant que le régiment eût quitté le faubourg. » Boggio répondit : « Je me promenai dans la rue du Faubourg-Saint-Antoine bien tranquillement, les mains dans mes poches, dans la seule intention de voir passer le cortège. » Le 4 octobre 1840, Boggio se défendait encore devant le juge d’instruction, de sa participation à l’attentat et des déclarations de Quenisset qui l’accusait de lui avoir dit, le matin de l’attentat : « Va chez Colombier, il y a un coup de feu à faire ! » Le dialogue suivant devait s’engager entre les deux hommes, devant le juge d’instruction : « Quenisset : Monsieur prétend qu’il n’a jamais eu de relations avec moi et cependant c’est bien lui que j’ai rencontré lorsqu’il faisait la poste auprès du poste Montreuil. Je lui ai demandé : Attaquons-nous ? Il m’a répondu : Va vite au coin de la rue Traversière et de la rue Saint-Nicolas ; ils sont là. Je lui ai dit, en parlant du cortège qui passait, Je vais leur saler le cul d’un coup de pistolet, et c’est alors que j’ai passé entre les deux états-majors. Martin dit : C’est faux tout cela je puis en lever la main, je ne lui ai point entendu parler de pistolet. Quenisset dit : Monsieur prétend qu’il n’a point eu de relations avec moi, cependant il ne me cachait rien ; il m’a même offert de prendre sa place de chef de groupe, en me disant que, ne sachant pas écrire, il ne pourrait pas faire de rapport ni de bons de pain. Martin : Peut-on dire des choses comme ça. Quenisset : Vous avez beau vous tortiller, c’est la vérité. Martin : Si je me tortille c’est que j’ai oublié mon bandage. Quenisset : Je sais que vous avez un bandage et vous me l’avez même montré à Bercy, lorsque nous faisions nos nécessités dans la rue des Charbonniers. Je vous dis cela pour vous prouver que vous ne me cachiez rien et vous m’avez même dit : J’ai un bandage mais cela n’empêche pas que je casserais bien la gueule à deux municipaux. » A l’issue du procès, il fut condamné à quinze années de détention. Son père habitait 6, rue de l’Oseille (?) et mourut sans doute peu après l’arrestation de son fils ; « La mère de Boggio, isolée sur la terre, s’est adressée à la reine ; et la reine, oubliant ses propres douleurs, lui a dit: “Ayez bon courage, madame; espérez, laissez faire la justice; et si Dieu voulait que vous fussiez séparée de votre fils, je vous apporterais, moi, secours et consolations.” » Il demeurait 18, rue Saint-Bernard en 1830 ; 172, rue du Faubourg-Saint-Antoine chez son père de 1830 à 1841. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 78 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 1re classe, non classés par le jury médical, avec une indemnité de cent vingt francs) ; Archives de Paris VD6 277 couverture du dossier de Ducarme, François ; Archives de Paris VD6 471 n° 5, liste des médaillés de Juillet auprès du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales CC//782 dossier Boggio ; Archives nationales CC//794 p. 179 à 193 ; Attentat du 13 septembre 1841, Interrogatoire des inculpés, Imprimerie royale, Paris, 1841 p. 242-254 ; L’Epopée des régicides. Passions et Drames. 1814-1848, Louessard, l’Insomniaque, Paris, 2000.