Boileux, Jacques, Marie

Biographie


Né le 2 mars 1803 à Caen (Calvados). Avocat. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Le 26, a fait partie de la réunion d’environ cent personnes au bureau du National. Le 27, ils prirent la résolution d’agir sans le concours des députés et le soir organisèrent l’insurrection dans une autre assemblée chez M. Cadet-Gassicourt. Le 28, après avoir répandu et affiché des proclamations, a fait le coup de fusil à la Grève. Il a encore combattu le 29. Il était de ceux qui donnaient des ordres par écrit, qu’ils signaient Lafayette, de son consentement. Lors de l’expédition de Rambouillet, il fit enfoncer les portes du magasin d’armes à Versailles et distribuer les armes et deux barils de cartouches qui s’y trouvaient. » Lui-même donnait la relation suivante de sa participation à la révolution de Juillet : « La détermination unanime et spontanée prise par les fabricants de fermer leurs ateliers n’était pas le résultat d’une conspiration mais le seul effet de la consternation générale. Cet état de choses ne pouvait être que de courte durée ; il devait fléchir devant l’intérêt personnel. D’un autre côté les malheureuses affaires de 1820 et de la rue Saint-Denis, nous donnaient la mesure de qu’on pouvait attendre de l’effervescence populaire privée de direction. Il fallait un point central d’opérations ; c’est dans le but de l’établir que cent citoyens se réunirent le lundi soir 27 juillet dans les bureaux du National. Nous nous bornâmes, dans cette première réunion, à désigner quatre commissaires pour se mettre en rapport avec des députés influents et les engager à diriger le mouvement. A l’exception de Lafayette, tous refusèrent de se joindre à nous. Le lendemain dans une réunion, nous prîmes la résolution d’agir sans le concours des députés puis chez M. Cadet Gassicourt nous organisâmes l’insurrection. Je n’ai pas besoin de parler des dangers qui nous menaçaient, assez d’autres les ont proclamés. Charles X exerçait encore à Paris son pouvoir despotique, sa police signalait les moteurs des troubles, nous délibérions au moment où la garde royale arrivée de Vincennes exécutait illisible sous nos fenêtres les premières décharges. C’en était fait de nous si la cause libérale eût succombé et, à cette époque, son triomphe était plus que douteux. Le mercredi et le jeudi, après avoir répandu des proclamations, posé des affiches, j’ai fait comme tant d’autres, j’ai pris les armes. Arrive l’expédition de Rambouillet. Je pars avec un détachement d’étudiants. La plupart d’entre nous était sans armes. Arrivés à Versailles, un enfant vint me prévenir que la caserne des grenadiers en renfermait encore. Je cours à la mairie pour faire part de cette découverte. Le général qui nous commandait me donna par écrit l’autorisation de visiter la caserne. J’arrive au moment où plus de cent pillards [l’envahissaient]. Menaçant l’un, frappant même ceux qui préféraient contre moi des cris de mort en me traitant dagent de police et de garde royal, je parvins à faire sortir tout le monde. Resté seul avec le portier et un vieux grenadier de la garde royale, je fis enfoncer la porte du magasin d’armes. Nous trouvâmes dans un magasin deux barils de poudre et deux caisses de pistolets. Je distribuai les pistolets au peuple qui entourait la caserne et fis transporter les cartouches à la mairie. Restaient encore des sabres et une grande quantité de petites haches. Toute la nuit j’en fis la distribution aux divers détachements qui arrivaient. A 4 heures du matin, je partis pour Rambouillet, laissant sous la sauvegarde du portier une quantité considérable de bonnets à poil et d’habits d’uniforme, la sellerie et plus de quarante chevaux. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 27 décembre 1830, à quatre voix pour la croix, trois voix pour la médaille et aucune voix pour une mention, puis par révision en date du 3 février 1831, il se prononça à six voix pour la croix, soit l’unanimité, aucune voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut nommé juge au tribunal civil de Blois, sans doute après 1835. Conseiller à la cour d’appel de Chambéry, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 2 septembre 1869. Il était décoré de la médaille d’argent de 1re classe à l’occasion des inondations de la Loire au mois d’octobre 1846. Sa carrière de magistrat est consultable in Archives nationales BB/6(II)/45. Il est l’auteur de Commentaire sur le Code civil (1833) (1835) (1842) (1851), Manuel de droit administratif (1839), Droit français : Donations faites par contrat de mariage aux époux et aux enfants à naître du mariage (1840) et Traité des faillites et banqueroutes (1849). Il demeurait 13, rue Saint-Jacques (mais 12, rue Saint-Jacques in Archives de Paris VD6 3 ; mais bien 13, rue Saint-Jacques in Archives de Paris, VD6 672 n° 1) en 1831 ; à Chambéry (Savoie) en 1869. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Boileu, Jacques, Marie) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 (sous le nom de Boileu, Jacques, Marie) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Boileux, Jacques, Marie) ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK3 33, états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 3 février 1831, idem Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 27 décembre 1830 et le 3 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH//268/74.

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