Boissel, Jean-Marie, Hercule

Biographie


Pharmacien et adjoint au maire du (ancien) XIIe arrondissement en 1832. Il était membre de la Commission de la souscription nationale pour le (ancien) XIIe arrondissement. Un billet de Lavocat (voir sans doute Lavocat, Gaspard) (et dont le destinataire ne nous est pas connu) nous apprend que ce dernier sollicita pour lui la Légion d’honneur en 1832 : « Boissel, premier adjoint du (ancien) XIIe arrondissement, est le seul des officiers municipaux qui ne soit pas décoré, sans doute parce qu’il est décoré de Juillet ? (il est décoré sous quel nom ?) entendez-vous. Cependant c’est sans contredit l’homme qui a rendu le plus de services, l’homme qui vous en rendra le plus encore ; pourquoi le négliger ? est-ce parce qu’il est un peu dans le mouvement ? Recommandé par toutes les autorités de l’arrondissement. Il appartient à vous Edmond de réparer une injustice […]. » Son nom apparaît aussi dans la cérémonie d’inauguration du monument élevé en mémoire des trois élèves de l’Ecole de pharmacie tués dans les combats de Juillet : Simonneau, Louis (voir ce nom) ; Monsarrat, Frédéric, André (voir ce nom) ; Ader, Pierre, Gentil (voir ce nom). Le Journal des Débats, en date du 26 juillet 1831, rapportait ainsi : « Le mardi 26 juillet a eu lieu l’inauguration du monument élevé par les élèves de l’Ecole de pharmacie à ceux de leurs camarades morts dans les journées de Juillet. Le rendez-vous était au Panthéon, à onze heures. Bientôt, le cortège s’est mis en marche dans l’ordre suivant : Musique du 8e de ligne, puis une compagnie de grenadiers de la VIIIe légion de la garde nationale, commandée par M. Barbet, chef d’institution (chef d’institution, impasse des Feuillantines dans le faubourg Saint-Jacques). Venaient ensuite les professeurs de l’Ecole, parmi lesquels on a remarqué le doyen de la Faculté de Médecine [Orfila], et M. Boissel, pharmacien [rue Saint-Victor, n° 71], adjoint au maire du (ancien) XIIe arrondissement. Une commission d’élèves en pharmacie, revêtue d’une marque distinctive, accompagnait un drapeau porté par un de leurs camarades, sur lequel on lisait d’un côté : “27, 28, 29 juillet, Aux élèves de l’Ecole de Pharmacie morts pour la liberté”, de l’autre : “26 juillet, Souvenir, Reconnaissance.” La marche était ensuite fermée par la députation de différentes écoles, mêlée avec les élèves en pharmacie, et enfin terminée par une compagnie de grenadiers. On voyait le crêpe sur tous les bras, et la cocarde tricolore sur tous les drapeaux. Tous les gardes nationaux assistant à, la cérémonie étaient sans armes. Le cortège a pris la rue Mouffetard ; il est arrivé à l’Ecole de pharmacie dans le calme le plus religieux. On s’est rendu près du monument sur la cime duquel a été planté le drapeau tricolore ; une couronne de lauriers sculptée en haut de la colonne et au-dessous : “Simonneau, de Cerny ; Montsarrat, de Loubens ; Ader, de Bayonne, élèves en pharmacie, morts pour la liberté. A leur mémoire, par leurs camarades, les pharmaciens et les élèves de l’Ecole de pharmacie. M. Boissel, pharmacien, adjoint au maire, M. Laugier, directeur de l’Ecole de pharmacie, MM. Latour (voir Latour de Trie, Jean, Pierre, Auguste) et Lecomte (voir Leconte, Henri, Yves), tous deux élèves de pharmacie et décorés de Juillet, ont prononcé chacun un discours accueilli par des applaudissements prolongés. Après chaque discours, la musique exécutait des airs funèbres. La cérémonie se termina par une collecte faite en faveur des Polonais et qui produisit 140 francs 60 centimes. Puis le cortège revint au Panthéon, où, après quelques airs patriotiques, on se dispersa. Un banquet fut offert à la délégation de l’Ecole vétérinaire d’Alfort. » En 1834, le député de Paris, Panis, le recommandait à son tour : « […] Je viens appeler votre attention et votre intérêt sur M. Boissel, qui est plein de zèle et d’activité. On pouvait reprocher, après la révolution, des opinions un peu trop vives mais il a été éclairé par les malheureux événements des 5 et 6 juin et depuis cette époque il s’est éloigné d’un parti dont il a reconnu la violence et la perversité. M. Boissel a déployé beaucoup d’activité lors de l’invasion du choléra et dans toutes les occasions il a rendu les services qu’on pouvait attendre de sa position […]. » Son activité en juin 1832 apparait dans un rapport élogieux qui fut présenté sur l’attitude de Lemoine-Tacherat (voir Lemoine-Tacherat, Jean-Baptiste, Joseph) dans ces mêmes événements par des officiers de la XIIe légion de la garde nationale et le maire et des adjoints du (ancien) XIIe arrondissement (dont Boissel lui-même). Il y est ainsi fait mention de Boissel : « […] Le lendemain, M. Boissel, adjoint de notre maire, reconduisit à l’Ecole polytechnique un élève qui par ses allées et venues fréquentes avait éveillé l’attention du commandant du poste de la place Maubert. Ce quartier était dans une grande fermentation et M. Boissel, craignant une collision entre la garde nationale et la populace, s’était proposé pour reconduire cet élève à l’Ecole polytechnique, sans être accompagné de gardes nationaux en armes, afin d’éviter tout prétexte à l’émeute. Cependant M. le commandant Vasset, qui dans ces deux journées a également donné des preuves du plus grand dévouement, apercevant M. Lemoine-Tacherat et sachant qu’il pouvait compter sur sa fermeté, aucune crainte ne pouvant l’atteindre, l’invita à suivre M. l’adjoint pour lui porter secours au besoin. Cette précaution ne fut pas inutile car M. Lemoine-Tacherat étant arrivé à peu de distance de M. Boissel qui se rendait par la Montagne Sainte-Geneviève à l’Ecole polytechnique, ne put qu’avec peine se faire jour jusqu’à lui pour s’opposer aux intentions hostiles que manifestaient déjà les plus exaltés du rassemblement. Ces hommes furieux feignaient de ne pas reconnaître en la personne de M. Boissel l’adjoint au maire et se disposaient à lui faire un mauvais sort. M. Boissel harangua cette multitude, parvint à se faire reconnaître ; M. Lemoine-Tacherat imitant son exemple, réussit à détourner cette populace de ses mauvais desseins en lui imposant par sa force physique et surtout par l’énergie de son caractère […]. » Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur le 9 novembre 1834. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, Membres composant la Commission au 30 juin 1832 ; Journal des Débats, 26 juillet 1831 ; Revue dhistoire de la pharmacie n° 6, février 1931, Il y a cent ans, les pharmaciens dans la bataille des rues en juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIV/B/11 ; Archives nationales F/1dIV/L/13 in dossier Lemoine-Tacherat, Jean-Baptiste, Adolphe. Il est dit décoré de Juillet, mais sous quel nom ? Pas trouvé comme décoré ni combattant de Juillet. Par contre il est beaucoup dans internet (il sera député) et alors il faudra le compléter.

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