Bondoux, Marie, Louise, Laurence, femme Coiffier
Biographie
Né le 21 mai 1804 à Paris (ancien XIIe arrondissement). Epouse de Coiffier, Nicolas, Louis, commis à l’entrepôt des vins, ouvrière en dentelles ou lingère. Elle fut blessée d’un coup de baïonnette au pouce de la main droite et de contusions au front et à l’oreille (mais un coup de baïonnette à la main droite, un coup de feu à la cuisse et un autre coup de feu à la tête in Archives de la préfecture de police AA 379). Le 4 septembre 1830, elle adressait la lettre suivante au général Lafayette : « La soussignée Marie, Louise, Laurence Bondoux femme Coiffier, demeurant à Paris, chaussée de Ménilmontant n° 26, mère de famille, a l’honneur de vous exposer que pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, elle a combattu avec courage et intrépidité contre les troupes qui s’opposaient à la conquête de la liberté ; que, malgré la faiblesse de son sexe, elle a pris les armes et s’est battu dans les rangs des braves qui ont fait triompher la cause nationale ; enfin que ces faits sont connus de plusieurs combattant, dont elle a partagé les dangers, ayant reçu plusieurs blessures, qu’elle a soignées elle-même et sont attestées par le certificat ci-joint. Son dévouement, qui égale son patriotisme, l’ont portée à ne solliciter aucune récompense ni aucun secours pécuniaire, sa noble ambition serait suffisamment satisfaite si elle obtenait une médaille qui consacrerait le souvenir de ses belles actions, et, pour son mari, une place à l’entrepôt au dépotage des eaux-de-vie, partie qu’il exerce depuis douze ans, en qualité d’employé chez les négociants, qui connaissent son aptitude pour cet emploi et sont prêts à le certifier. » Elle joignait à sa demande le certificat suivant : « Je certifie que madame Coeiffier s’est trouvée le 28 juillet à la porte Saint-Denis, dont elle a fait résistance contre les gardes royaux, parmi nous, et elle a marché de là à la Banque de France, dont elle a fait partie des braves qui ont marché à la place de Grève. » Signé, le 17 octobre 1830 : Filliais ou Filliois illisible, demeurant 68, rue de Ménilmontant puis 60, rue de Vaugirard. On trouve sur ce certificat la mention suivante : « Cette dame a été vue par Lévêque (voir sans doute Lévêque, Nicolas), garde municipal. » En date du 23 novembre 1830, le général Lafayette faisait transmettre sa demande au préfet. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Elle fut admise dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Elle reçut (sous le nom de femme Coiffier, née Laurence, Marie-Louise), à titre de blessée de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de six cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Elle fut une des trois avec Caraquin (voir Caraquin, César, François, Marie) et Truchelu (voir ce nom), qui signèrent la lettre envoyée, le 24 juin 1831, au roi, pour faire obtenir au chirurgien Laforest (voir Laforest, Jacques, Marie), la décoration de Juillet, qu’ils pensaient avoir été méritée par celui-ci pour avoir soigné les blessés. Cette lettre était ainsi rédigée : « […] Cet homme modeste, qui nous a donné des soins aussi empressés qu’assidus au moment et après le danger, s’est tenu dans un silence qui a excité notre surprise. Nous nous attendions de voir notre bienfaiteur décoré de la Croix de Juillet et notre espérance a été trompée. La reconnaissance nous a fait nous adresser au président de la Commission des récompenses nationales, qui, tout en reconnaissant les droits de M. Laforest, a dit que le travail étant clos, il n’y avait de ressources pour l’accomplissement de nos vœux que dans la justice de Votre Majesté. C’est donc à vous, Sire, qu’est réservé de récompenser la modestie, les talents, le patriotisme et le désintéressement, en accordant à celui qui s’en est rendu digne la décoration que Votre Majesté jugera convenable. » Elle déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir un signe honorifique, un emploi pour son mari et un débit de tabac pour elle-même. Elle adressa la lettre suivante à la Commission : « Toutes les personnes qui se sont distinguées dans les journées de juillet 1830 et qui, par oubli ou négligence, n’ont que peu ou point été récompensées de leur dévouement regardent un bienfait indicible vitre constitution en assemblée, dont chacun des membres se montrera l’organe de l’équité, de la justice et de l’humanité. Je suis de ce nombre, messieurs, et je viens avec confiance déposer dans votre sein mes justes réclamations, la peine affreuse dans laquelle je gémis depuis un an, moi et ma famille, et vous supplier de m’être favorables. Les 27, 28 et 29 juillet m’ont vue oublier la faiblesse de mon âge, de mon sexe et braver le plomb ennemi ; je me trompe, j’en ai été victime : quatre blessures l’attestent et les pièces ci-jointes en sont de sûrs garants. Je me suis faite traiter à mes frais. Tout me portait à espérer que pour prix de mon zèle et de mon dévouement la décoration des braves et une juste indemnité me seraient accordées, surtout quand un journal l’avait annoncé. Loin de là ; point de décoration, une somme d’argent, qui tient plutôt de l’aumône que de la libéralité, en raison de son exiguïté ; et l’intérêt qu’on devait prendre à mon mari pour le faire placer au dépotoir à l’entrepôt où il est employé pour le compte des négociants qui s’intéressent à lui, et ce depuis quinze ans, cet intérêt, dis-je, s’est réduit à zéro. Tous mes effets sont engagés à l’exception de ceux qui me couvrent ; je souffre toujours de mes blessures, toute occupation m’est interdite, mon mari est sans occupation et les larmes sont notre seul partage !... Daignez, messieurs, en tarir la source, ou du moins en adoucir l’amertume, c’est ce que j’ose espérer de votre juste impartialité. J’ai l’honneur d’être, etc. » En 1841, elle sollicita un secours, comme « ayant combattu dans les journées mémorables de juillet 1830 et y ayant été blessée à la cuisse d’un coup de feu ». Elle n’avait jamais voulu, jusque-là, accepter de gratification et ne figurait pas dans le travail de la Commission des récompenses nationales. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « Blessée aux jambes pendant les journées de Juillet, en combattant. A trois enfants en bas âge. Son mari, ouvrier tonnelier, malade depuis plusieurs mois à l’hospice de la Charité. Position fort précaire. Ouvrière en dentelles, mais il paraît qu’elle a peu d’ouvrage. » Elle signa, peu après la Révolution de Février, comme « blessée, décorée de Juillet » le certificat suivant en faveur de Parent-Aubert, Philippe, Joseph : « Les soussignés, citoyens et gardes nationaux, certifient que le citoyen Parent-Aubert, médecin, décoré de Juillet, a bien mérité de la patrie dans les mémorables journées de février 1848, en organisant la défense de la rue Boucherat et en donnant des soins aux blessés de l’ambulance établie chez le citoyen France, pharmacien même rue. » Elle demeurait 26, chaussée Ménilmontant en 1831 mais 12, rue Saint-André-Popincourt en 1831 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 A ; 1, rue Saint-André in Archives de Paris VD3 1-2 ; mais 1, chemin de ronde Popincourt et écrire au 26, chaussée Ménilmontant in Archives de la préfecture de police AA 379 ; 16, rue des Lions-Saint-Paul en 1841 ; 3, rue Saint-Ambroise en 1842 ; 11, quai Bourbon en 1848. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 80 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 2e classe), avec une indemnité de six cents francs ; Archives de Paris VK3 43 (couverture du dossier Diguet, Victor) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (91) citoyens dont les blessures ont entraîné une incapacité de travail pendant un an ; Archives nationales F/1dIII/50 ; Archives nationales F/1dIII/50 (sous le nom de Préaux, Marie, femme Coiffier) ; Archives nationales F/1dIII/60 in dossier Laforest, Jacques, Marie ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Parent-Aubert, Philippe, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe ; Archives de la préfecture de police AA 379 (sous le nom de Coeiffier, Marie-Louise).