Bonnefond, Auguste
Biographie
Né el 10 février 1791 à Bourgoin (Isère). Ex-officier comptable en 1848. Il fit valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de février. Parmi les titres qu’il avançait figurait sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa la lettre suivante au directeur général des Postes : « Si le gouvernement de la république ne doit s’entourer que de républicains démocrates purs, il fera un acte de haute équité en accordant sa confiance au citoyen Bonnefond, ex-officier comptable des subsistances militaires, qui a l’honneur de solliciter l’emploi de directeur de poste aux lettres, attaché à l’hospice de Bicêtre. Titres sur lesquels reposent ses espérances. Bien jeune en 1813, combattant jusqu’aux frontières pour la défense de la patrie. Après les désastres de Waterloo, fit partie de la conspiration (dite) des Patriotes de 1816, dont Pleigner, Carbonneau et Tolleron payèrent de leur tête leur dévouement à ce que nous croyions être tous pour la république et dont le guet-apens de Decazes en connaît seul le secret (sic relu). Pleignier, comme chef, m’avait nommé son aide de camp (son nom n’apparaît pas dans les sources sur l’affaire des Patriotes, N.D.A.) En 1830, il eut le bonheur de combattre la royauté, assista activement au désarmement des magasins d’armes du 1er régiment de la garde royale, situé place de l’Estrapade, et à celui du 15e léger, caserne Sainte-Geneviève, fit partie du bataillon des étudiants parti de la place du Panthéon pour l’expédition de Rambouillet. Depuis cette époque, à toutes les prises d’armes du peuple, il ne fit jamais défaut, pas plus qu’aux réunions secrètes, qui ne se terminaient jamais que par une collecte en faveur de nos frères les détenus politiques. En mai 1844, réunion chez le sieur Arago, organisation des comités pour soutenir et propager le journal La Réforme, discours d’Arago puis celui de Ledru-Rollin engageant Louis Blanc d’écrire son histoire de la révolution de France. Inutile d’ajouter la part active aux immortelles journées de Février. Les témoins ne manquent pas, ils peuvent l’attester au besoin. En accordant ce que réclame l’impérieuse nécessité, vous aurez ajouté ce nouvel acte de rigoureuse justice à tous ceux qui distinguent votre honorable administration. Daignez, etc. » Il était porteur du certificat suivant : « Les soussignés, pour rendre hommage à la vérité, certifient qu’il est à leur connaissance que le citoyen Bonnefond, ex-officier comptable des subsistances militaires, a été l’un des premiers qui a élevé les barricades faisant face à la place du Panthéon vis-à-vis le bataillon de troupes de ligne et l’escadron de cuirassiers qui étaient en bataille, assista activement au désarmement de la caserne Sainte-Geneviève et a constamment été dans les rangs de la colonne des combattants du (ancien) XIIe arrondissement, qui se porta, le 24 février, aux Tuileries. » Signé, le 1er mars 1848 : Pichat, sous-lieutenant du 18e bataillon de la garde mobile ; Bidaud, sous-officier à la 6e compagnie du 18e bataillon de la garde mobile ; Denne-Baron, demeurant 5, rue des Fossés-Monsieur-le-Prince ; Lesne, propriétaire, demeurant 275, rue Saint-Jacques ; David, mécanicien breveté, demeurant 31, rue de l’Est. Il fut recommandé par la Commission, eu égard à sa position malheureuse et en récompense de ses services, pour une place de surveillant dans un des châteaux nationaux, ajoutant : « La République, avec de tels serviteurs, prospérera. » Il était marié et père d’un enfant en 1848. Il demeurait 4, carré Sainte-Geneviève en 1848. Archives de la préfecture de police AA 373.