Bonnefond, Jean-Baptiste
Biographie
Il fit parvenir à la Commission des récompenses nationales la lettre suivante, qui récapitulait sa participation aux journées de Juillet : « Bonnefond (Jean-Baptiste), ex-secrétaire de M. Alexandre De la Borde, aujourd’hui sous-lieutenant à l’Ecole royale de cavalerie de Saumur, a l’honneur de vous exposer que, dans nos glorieuses journées de juillet, il a été un des six citoyens qui osèrent les premiers paraître en armes ; sortis de la rue Chabrol sous le commandement de M. Degousée, ils ont crié aux armes jusqu’à leur arrivée aux Petits-Pères ; le 28 à 9 heures du matin avec MM. Touzel et Hygonnet ils ont mis le télégraphe dans l’impossibilité de donner aucun avis, qu’ensuite il fit désarmer le chef du poste de la Banque de France, du côté de la rue des Bons-Enfants que le même jour, à la tête de la colonne qui fut si maltraitée par le 15e léger et les régiments de l’ex-garde et Suisses stationnés sur la place du Palais-Royal, il combattit pendant six heures rue Saint-Honoré ; il n’abandonna cette rue que pour venir rendre compte de ce qui se passait à M. de la Borde, qui était à la réunion qui avait lieu chez M. Bérard. Le 29, M. De la Borde le fit son aide-de-camp, emploi qu’il conserva jusqu’au 15 août ; il fut un des quatre citoyens emmenés par M. Degousée pour l’enlèvement du trésor de la duchesse d’Angoulême, expédition nocturne dans laquelle il courut les plus grands dangers, que néanmoins il est parti de suite avec une mission vers le capitaine Désolier pour les canons demandés au colonel Fabvier ; enfin il a combattu à la prise du Louvre, du Palais-Royal, des Tuileries ; il a été nommé par M. Schonen pour diriger la mission de rechercher le trésor de l’Archevêché. Les faits exposés sont constatés par les pièces déposées à la Commission des récompenses nationales, qui lui a fait accorder une sous-lieutenance mais une décoration spéciale devant éterniser les journées de Juillet, il la réclame avec la conviction de l’avoir méritée par sa conduite et surtout parce qu’il a été l’une des six premiers citoyens paraissant en armes en invitant les autres à l’insurrection. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’ancien IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Le 19 décembre 1830, sur le rapport de la Commission des récompenses nationales, il fut compris dans la liste des cent neuf citoyens nommés au grade de sous-lieutenant (dans la proportion de deux par régiment), pour s’être « particulièrement distingués dans les journées de juillet », et affecté à l’Ecole de cavalerie de Saumur. Il avait droit à recevoir mille francs de supplément d’indemnité de première mise, par suite de la décision de M. d’Argout, en date du 14 janvier 1832. Il signa, le 20 novembre 1830 et comme « capitaine aux Volontaires de la Charte, nommé sous-lieutenant par récompense nationale », le certificat suivant en faveur de Langlard, Généreux : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Généreux Langlard a pris une part active dans les glorieuses journées de Juillet et qu’il a mérité par sa conduite patriotique l’admiration des bons citoyens qui ont été témoins de son courage. » Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Le Moniteur universel, 20 décembre 1830 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 ; Archives nationales F/1dIII/33 sous-lieutenants (1831-1833), état nominatif des sous-lieutenants de Juillet envoyés, sur la demande de la Commission des récompenses nationales, à l’Ecole de Saumur, avec indication des destinations qu’ils ont reçues, des sommes qu’ils ont touchées à titre de supplément d’indemnité de première mise et de celles qu’il y aurait encore lieu de leur payer en exécution de la décision prise par M. de Montalivet, 14 janvier 1832 et aussi état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales (sous le seul nom de Bonnefond) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, état nominatif des sous-lieutenants présentés par la Commission des récompenses nationales, promus à ce grade le 19 décembre 1830, actuellement à l’Ecole de Saumur, réclamant la première mise qui leur a été accordée par l’arrêté du 2 janvier 1831 (sous le seul nom de Bonnefond) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 397 in dossier Langlard, Généreux (sous le seul nom de Bonnefond).