Borde, Charles

Biographie


Né vers 1809. Commis libraire dans la maison Savaresse. « Armé d’un fusil et d’une épée, fit deux prisonniers qu’il conduisit au poste de la Bourse ; le commandant de ce poste prit son nom et son adresse, en l’assurant qu’il rendrait compte de sa bonne conduite. Un médecin lui avait donné l’honorable et périlleuse mission d’aller chercher les blessés et de les faire transporter à la Bourse ; il s’occupait de ce soin avec le zèle le plus ardent, lorsqu’il rencontra rue du Bouloy, un jeune homme grièvement blessé et porté par plusieurs citoyens. Il s’approcha et il reconnut son second frère, Jules, Germeuil, qui lui tend la main et lui dit “Venge-moi.” Ce jeune homme, en annonçant à leur mère la fatale nouvelle lui écrivait “Glorifie-toi d’avoir eu un tel fils, et si la liberté te coûte ce sacrifice pense que tes quatre autres enfants en jouiront.” » Malgré la perte de son frère, Charles Borde continua de se battre avec un « courage au-dessus de tout éloge ». Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté dans la cavalerie. Il était le troisième des frères Borde, imprimeur, et Borde, Adrien, Jules, Germeuil. Le certificat suivant retraçait la participation des trois frères Borde aux combats : « Parmi les jeunes gens qui se sont distingués pendant nos trois mémorables journées, les trois frères Borde méritent une mention honorable. L’aîné, imprimeur, s’est armé un des premiers et a pris la part la plus active à tous nos combats. Le jeune Adrien, Jules, Germeuil, commis chez MM. Landois et Bigot (voir Bigot, Joseph), libraires, après avoir approvisionné la maison d’un nombre considérable de pavés, s’empara du fusil de l’un de ses patrons, en disant Il est père de famille, il ne sexposera plus. A peine fut-il arrivé à la barricade rue Saint-Honoré qu’il se précipita sur la place du Palais-Royal avec beaucoup d’autres pour enlever une pièce de canon qui tirait sur eux. Atteint d’une balle qui lui traversa le corps, il tomba et fut conduit quelques instants après à l’ambulance établie rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 29, où MM. Coqueteau de l’hôpital Saint-Louis lui ouvrit le côté droit pour en extraire la balle qui s’était arrêtée près de l’os de la hanche et mit le premier appareil. M. Bigot (voir Bigot, Joseph) le fit alors transporter chez lui, rue du Bouloy n° 10, où MM. les docteurs Bielt, Nauche et Pichon s’empressèrent de lui donner tous leurs soins. Malgré d’abondantes saignées, l’inflammation ne put être arrêtée et il expira après douze heures de souffrances cruelles, en exprimant le regret de n’avoir encore pu être utile à son père, chargé d’une nombreuse famille ; ses derniers vœux furent pour sa mère et pour sa patrie. Le plus jeune, commis dans la maison Savaresse, armé d’un fusil et d’une épée, fit deux prisonniers, qu’il conduisit au poste de la Bourse. Le commandant de ce poste prit son nom et son adresse, en l’assurant qu’il rendrait compte de sa bonne conduite. Un médecin lui avait donné l’honorable et périlleuse mission d’aller chercher les blessés et de les faire transporter à la Bourse. Il s’occupait de ce soin avec le zèle le plus ardent lorsqu’il rencontra rue du Bouloy un jeune homme grièvement blessé et porté par plusieurs citoyens. Il s’approcha et il reconnaît son second frère, Jules, Germeuil, qui lui tend la main et lui dit Venge-moi. Ce jeune homme en annonçant à leur mère la fatale nouvelle lui écrivait Glorifie-toi davoir eu un tel fils et si la liberté te coûte ce sacrifice pense que tes quatre autres enfants en jouiront. » Suivaient plusieurs apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « Je certifie que tous les faits énoncés ci-dessus me sont connus et particulièrement la conduite du sieur Charles Borde, mon premier commis qui malgré la perte douloureuse de son frère n’en a pas moins continué de combattre nos ennemis communs avec un courage au-dessus de tout éloge. » Signé : Savaresse. La deuxième apostille, signée de Landois et Bigot (voir Bigot, Joseph), libraires demeurant 10, rue du Bouloy qui certifiaient les faits relatés ci-dessus et à l’égard du sieur Borde, Adrien, Jules, Germeuil, leur commis « dont ils regrettent vivement la perte ». La troisième apostille, ainsi rédigée : « Je soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, membre du bureau de charité du (ancien) Ve arrondissement, certifie que les faits relatés ci-dessus sont de la plus grande vérité ; j’ai été à même d’apprécier dans le cours des derniers moments de cet infortuné et bien courageux jeune homme son désintéressement et son entier dévouement à la cause de la patrie. Je l’ai peu quitté pendant le peu d’heures qui ont précédé sa mort. » Signé, le 26 août 1830 : Pichon. Chapuis, capitaine en premier dans la IVe légion de la garde nationale ; Petit Fontaine, capitaine en premier dans la IVe légion de la garde nationale. La quatrième apostille, ainsi rédigée : « Nous soussignés docteurs en médecine, médecins de l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 29, certifions véritable ce qui concerne la malheureuse blessure de défunt Borde, Adrien, Jules, Germeuil. » Signé : Piorry (voir Piorry, Pierre, Adolphe) ; Robiot ; Bocquet (voir Bocquet, Xavier, Joseph) ; Jacob. Délivré à l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 29, le secrétaire Setier (Voir Setier, Louis, Paschal), imprimeur-libraire. Il demeurait 10, rue du Bouloy, chez M. Lardois ou Laudois, libraire en 1830. Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers (sous le nom de Borde, Charles, Edmond) ; Archives nationales F/1dIII/45 in dossier Borde.

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