Borde, Pierre, Paul, Emile
Biographie
Né le 7 mai 1807 à Cognac (Charente). Ouvrier imprimeur, ou compositeur en imprimerie. Il s’arma un des premiers et prit, selon des témoins, la part la plus active à tous les combats se battant avec « un courage et une intrépidité au-dessus de tout éloge ». Il était l’aîné d’Adrien et de Charles Borde, lui aussi commis libraire. Le certificat suivant retraçait la participation des trois frères Borde aux combats : « Parmi les jeunes gens qui se sont distingués pendant nos trois mémorables journées, les trois frères Borde méritent une mention honorable. L’aîné, imprimeur, s’est armé un des premiers et a pris la part la plus active à tous nos combats. Le jeune Adrien, Jules, Germeuil, commis chez MM. Landois et Bigot (voir Bigot, Joseph), libraires, après avoir approvisionné la maison d’un nombre considérable de pavés, s’empara du fusil de l’un de ses patrons, en disant Il est père de famille, il ne s’exposera plus. A peine fut-il arrivé à la barricade rue Saint-Honoré qu’il se précipita sur la place du Palais-Royal avec beaucoup d’autres pour enlever une pièce de canon qui tirait sur eux. Atteint d’une balle qui lui traversa le corps, il tomba et fut conduit quelques instants après à l’ambulance établie rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 29, où MM. Coqueteau de l’hôpital Saint-Louis lui ouvrit le côté droit pour en extraire la balle qui s’était arrêtée près de l’os de la hanche et mit le premier appareil. M. Bigot (voir Bigot, Joseph) le fit alors transporter chez lui, rue du Bouloy n° 10, où MM. les docteurs Bielt, Nauche et Pichon s’empressèrent de lui donner tous leurs soins. Malgré d’abondantes saignées, l’inflammation ne put être arrêtée et il expira après douze heures de souffrances cruelles, en exprimant le regret de n’avoir encore pu être utile à son père, chargé d’une nombreuse famille ; ses derniers vœux furent pour sa mère et pour sa patrie. Le plus jeune, commis dans la maison Savaresse, armé d’un fusil et d’une épée, fit deux prisonniers, qu’il conduisit au poste de la Bourse. Le commandant de ce poste prit son nom et son adresse, en l’assurant qu’il rendrait compte de sa bonne conduite. Un médecin lui avait donné l’honorable et périlleuse mission d’aller chercher les blessés et de les faire transporter à la Bourse. Il s’occupait de ce soin avec le zèle le plus ardent lorsqu’il rencontra rue du Bouloy un jeune homme grièvement blessé et porté par plusieurs citoyens. Il s’approcha et il reconnaît son second frère, Jules, Germeuil, qui lui tend la main et lui dit Venge-moi. Ce jeune homme en annonçant à leur mère la fatale nouvelle lui écrivait Glorifie-toi d’avoir eu un tel fils et si la liberté te coûte ce sacrifice pense que tes quatre autres enfants en jouiront. » Suivaient plusieurs apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « Je certifie que tous les faits énoncés ci-dessus me sont connus et particulièrement la conduite du sieur Charles Borde, mon premier commis qui malgré la perte douloureuse de son frère n’en a pas moins continué de combattre nos ennemis communs avec un courage au-dessus de tout éloge. » Signé : Savaresse. La deuxième apostille, signée de Landois et Bigot (voir Bigot, Joseph), libraires demeurant 10, rue du Bouloy qui certifiaient les faits relatés ci-dessus et à l’égard du sieur Borde, Adrien, Jules, Germeuil, leur commis « dont ils regrettent vivement la perte ». La troisième apostille, ainsi rédigée : « Je soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, membre du bureau de charité du (ancien) Ve arrondissement, certifie que les faits relatés ci-dessus sont de la plus grande vérité ; j’ai été à même d’apprécier dans le cours des derniers moments de cet infortuné et bien courageux jeune homme son désintéressement et son entier dévouement à la cause de la patrie. Je l’ai peu quitté pendant le peu d’heures qui ont précédé sa mort. » Signé, le 26 août 1830 : Pichon. Chapuis, capitaine en premier dans la IVe légion de la garde nationale ; Petit Fontaine, capitaine en premier dans la IVe légion de la garde nationale. La quatrième apostille, ainsi rédigée : « Nous soussignés docteurs en médecine, médecins de l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 29, certifions véritable ce qui concerne la malheureuse blessure de défunt Borde, Adrien, Jules, Germeuil. » Signé : Piorry (voir Piorry, Pierre, Adolphe) ; Robiot ; Bocquet (voir Bocquet, Xavier, Joseph) ; Jacob. Délivré à l’ambulance de la rue de Grenelle-Saint-Honoré n° 29, le secrétaire Setier (Voir Setier, Louis, Paschal), imprimeur-libraire. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Sa médaille et son brevet furent remises à son père le 17 août 1831. Son nom est, comme décoré de la médaille de Juillet, sur une liste de décorés sur laquelle devait être choisie une députation de vingt-quatre décorés de la Croix de Juillet et de vingt-quatre décorés de la médaille de Juillet pour assister, à la Bastille, aux cérémonies qui devaient marquer le premier anniversaire de la révolution de Juillet. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il était domicilié à la mairie du (ancien) Xe arrondissement en 1830 ; à Cognac en 1831 (mais 1, rue Mandar en 1831 in Archives nationales F/1dIII/36 ; 1, rue Malar avec son frère in Archives de Paris VD6 524 n° 3) (voir Borde, même adresse ?). Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Bordes, Pierre, Paul, Emile) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le nom de Bordes, Pierre, Paul, Emile) ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement (sous le nom de Bordes, Pierre, Paul, Emile) ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Bordes, Pierre, Paul, Emile) ; Archives de Paris VD6 524 n° 3 (sous le nom de Bordes, Pierre, Paul, Emile) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Bordes, Pierre, Paul, Emile) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Bordes, Pierre, Paul, Emile) ; Archives nationales F/1dIII/45 in dossier Borde.