Bosselier, Auguste
Biographie
Voyageur de commerce pour articles d’horlogerie, employé par Glize, négociant, 17, Maison-Blanche et auparavant pendant six années par Soller dans le quartier Saint-Marcel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Sceaux. Il était porteur d’un certificat ainsi rédigé : « Nous, soussignés, reconnaissons avoir remarqué le sieur Bosselier, Auguste, voyageur dans les articles d’horlogerie, se distinguant dans la journée du 28 à la porte Saint-Martin et que c’est par son courage et son intrépidité que les gardes royaux embusqués sur le boulevard ont été forcés de fuir. Nous lui délivrons la présente reconnaissance afin qu’il obtienne (d’après son désir) du service dans un corps discipliné de la garde nationale de Paris ; demeurant à la Maison-Blanche, où la masse des habitants suffit pour le service de la commune. » Cette attestation était signée de Vallée, marchand de vins rue de Bondy ; Chabrux, grenadier demeurant rue de Bondy ; Faynot ; Guillaume, fabricant de voitures demeurant 13, rue de Bondy ; Poullet, limonadier, demeurant 19, rue de Bondy ; Gatineau demeurant 82, rue de Bondy ; Bocquin, « présent à l’action », demeurant 6, passage Basfour ?; Peignard, marchand de vins demeurant rue de Bondy ; Lavy, demeurant rue de Bondy ; Pandosy, coiffeur rue de Bondy ; Habadel (illisible) demeurant 21, rue de Bondy ; Bonneau « présent et témoin dans les journées des 28 et 29 juillet », demeurant 27, rue Neuve-Saint-Martin ; Grange (illisible) « compagnon d’arme de Boisselier dans les journées des 28 et 29 juillet ». Le sieur Moizard (voir ce nom), chapelier 255, rue Saint-Honoré, lui délivra le certificat suivant : « Je, soussigné, déclare qu’à la date du 29 juillet dernier, le sieur Bosselier, Auguste, […] s’est transporté, à la tête de quelques braves – parmi lesquels se trouvaient le sieur Bonneau (illisible) et le sieur Grange qui la veille l’avaient suivi et accompagné lors de la défaite d’ex-gardes royaux embusqués à la porte Saint-Martin –, après la prise du Louvre au coin de la rue de Richelieu et Rohan où s’étaient réunies toutes les forces des gardes royaux. Ces derniers, pris entre deux feux, se réfugièrent dans les maisons, d’où ils tiraient sur le peuple. La bonne cause triompha enfin et les défenseurs de la patrie eurent le dessus. Animés du désir de la vengeance, ils forcèrent les portes de mon magasin, croyant y trouver quelques gardes royaux qui s’étaient réfugiés dans la maison. Trompés dans leur attente, ils commençaient à tout briser lorsque le sieur Boisselier, accompagné des sieurs Bonneau et Grange, interposant son autorité, rétablirent l’ordre. C’est donc à lui ainsi qu’à ces deux braves compagnons d’armes que je dois la conservation de mes marchandises et de ma propriété. » Marty, Jean-Baptiste, directeur du Théâtre de la Gaieté, boulevard du Temple, lui délivra, en novembre 1830, le certificat suivant : « […] Certifie que le sieur Bousselier, voyageur de commerce, s’est présenté devant la porte du Théâtre de la Gaieté, le 28 juillet au matin, à la tête de plusieurs jeunes gens réclamant des armes. Je me suis empressé de remettre au susdit, en gardant toutefois son passeport comme garantie, six fusils, dont il arma une partie de ses gens. » Un autre certificat, délivré par Vesquet, marchand boucher, et Watin, directeur des accélérés de Paris à Versailles, habitants du numéro 222 de la rue Saint-Honoré attestait que Bousselier avait « participé à débusquer les gardes royaux qui s’étaient introduits de vive force dans la maison que nous occupons et qu’après les avoir fait prisonniers il s’est dépouillé de ses vêtements pour les sauver d’une mort certaine ». Sa demande de médaille fut rejetée, sans doute à cause de la clôture des travaux de la Commission des récompenses nationales. Dans une lettre au général Fabvier, directeur de cette commission, il sollicitait un court entretien et lui rappelait qu’il avait eu l’honneur de dîner à sa table dans un hôtel de Lyon en 1828 puis de nouveau dans un hôtel à Briare (Loiret) deux mois après. Il avait aussi sollicité un emploi dans les douanes, puis, sur le refus du directeur de cette administration, un emploi dans une quelconque administration. Il demeurait 17, Maison-Blanche à Gentilly en 1830 ; chez M. Clerget au Bel-Air à Gentilly en 1831. Archives de Paris VK3 41 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 3 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales.