Bosserelle, Victor
Biographie
Né vers 1782 à Versailles (Yvelines). Ex-directeur des Messageries du commerce. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IIe arrondissement), en faisant parvenir la lettre suivante : « Le sieur Victor Bosserelle a l’honneur de vous soumettre qu’au mois de juillet 1830, lors de la première mémorable journée, il se trouvait à Orléans, où il était directeur des Messageries du commerce ; que, le 28 au matin, ne voyant pas arriver sa voitures et ayant entendu parler de la position dans laquelle se trouvaient ses compatriotes, il ne balança pas à se rendre à Paris, tant à franc étrier qu’à pied ; qu’il y arriva le 29 à 2 heures du matin ; qu’après quelques heures de repos il prit son carnier, un fusil de chasse et beaucoup de provisions ; qu’il se porta dans les rues Saint-Honoré, des Poulies et Louvre ; qu’à ce dernier endroit il se conduisit comme tout bon Français devait et qu’il a pu être remarqué par plusieurs personnes, entre autres par un capitaine espagnol, nommé Plana, qu’il n’a pas quitté de cette journée. Les affaires étant terminées, le sieur Bosserelle est retourné en toute hâte à Orléans, où il est arrivé le 30 au jour, arborant le drapeau tricolore et qu’il est le premier qui ait déployé dans cette ville l’étendard national et que, pour ce motif, il a été un moment en butte avec l’autorité ; qu’aux émeutes qu’il y a eu à Orléans il a été le premier à les réprimer et faire rentrer tout dans l’ordre ; que pour tous ces faits qu’il vous prie d’examiner il ose se mettre sur les rangs pour obtenir la décoration nationale. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine dans la Légion étrangère, certifie que M. Bosserelle se distingua dans la journée du 29 juillet et surtout dans la prise du château du Louvre, tant par son courage que par la manière de se comporter envers tous nos camarades, en partageant avec eux des provisions de guerre, qu’il s’était procuré à ses frais. En foi de quoi, je me fais un vrai plaisir de lui délivrer le présent certificat pour le faire valoir en cas de besoin. » Signé, à Agen, le 29 septembre 1831 : Planas, capitaine au 4e bataillon de la Légion étrangère. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur, secrétaire général de la préfecture du Loiret, certifie qu’ayant été appelé par Sa Majesté Louis-Philippe à remplir les fonctions de préfet par intérim du département du Loiret, à l’époque des glorieuses journées de Juillet, il est à ma connaissance que M. Bosserelle, qui résidait alors à Orléans, en qualité de directeur des Messageries du commerce, revint de Paris le 30 juillet, par une de ces messageries, sur laquelle il avait arboré le drapeau tricolore ; qu’au moment de la formation de la garde nationale d’Orléans, il dut à la confiance des habitants et aux sentiments patriotiques qu’il avait manifestés l’honneur d’être nommé lieutenant de l’une des compagnie de cette garde ; que je l’ai vu, en cette qualité, sous les armes et employé avec la compagnie qu’il commandait, pour réprimer les émeutes populaires qui eurent lieu dans les premiers jours de la révolution, à l’occasion de la perception de l’octroi ; enfin, que dans toutes les occasions il a donné des preuves manifestes de son dévouement à la cause de la patrie et à nos institutions. » Signé, le 16 octobre 1831 : Debriche. Il joignait aussi à sa demande une lettre qui faisait état des bonnes relations qu’il entretenait avec les autorités d’Orléans et qui expliquait dans quelles circonstances ce dernier certificat lui avait été remis. Cette lettre était ainsi rédigée depuis Orléans, en date du 19 octobre 1831 : « Mon cher monsieur Bosserelle, ne m’en veuillez pas si j’ai été si longtemps à répondre à votre dernière lettre. M. Debriche, ayant été à la campagne, ce n’est qu’hier soir qu’il m’a remis l’attestation que vous désirez et que vous trouverez ci-joint. J’espère, mon cher ami, que vous en serez satisfait. Vous trouverez aussi une lettre de M. Touraille, qui me l’a apportée il y a déjà quelques jours. Hier, M. le vicomte et M. Debriche m’ont chargé de vous dire que ce serait toujours avec un grand plaisir qu’ils feraient tout ce qui peut vous être utile et agréable. Vous pouvez compter sur leur amitié. Je n’ai rien de nouveau à vous marquer. Notre ville est assez tranquille. Cependant les carlistes font ce qu’ils peuvent pour exciter la classe ouvrière, qui est comme partout assez malheureuse. Mais ils ne réussiront pas. Sitôt mon retour de Paris, je remis le petit carton à M. Guibert, que je trouvai très bien portant. Je lui ai fait depuis une visite mais il est si peu communicatif que je n’y suis pas retourné. Je vous souhaite une bonne santé et vous prie, ainsi que Mme Bosserelle, de recevoir l’assurance du sincère attachement de votre ami, Desjardins. » Son dossier est apostillé de l’observation suivante : « M. Hervelain donnera des renseignements ainsi que M. Matis. » Il demeurait 5, place des Italiens en juillet 1830 ; 17, rue du Cadran en 1831. Archives de la préfecture de police AA 373.