Bottet, François, Alexandre

Biographie


Né le 20 prairial an XIII (9 juin 1805) (par erreur le 20 prairial an III in Archives nationales F/1dIII/34) à Cauville (Calvados), fils de Bottet, François, André, tailleur, et de Lemarchand, Marguerite, Germaine, son épouse. Garçon marchand de vin. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à la cuisse droite, le 29 juillet aux écuries du Roule. Il fut soigné à l’hospice Beaujon du 29 juillet jusqu’au 26 septembre 1830. Il reçut un secours de quatre-vingt-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours en août 1830 et un secours de cinquante francs le 9 octobre 1830 (mais un total de trois cent quatre-vingt-dix francs in Archives de Paris VK3 28) un secours de cent francs à partir du 12 octobre 1830, un secours de cent cinquante francs en novembre, un secours de soixante francs en janvier 1831, un secours de vingt francs en février, un secours de soixante francs en mars, un secours de soixante francs en avril, un secours de soixante francs en mai, un secours de quarante-deux francs en juin 1831 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement et un secours de cinquante francs de la part de la Commission de secours (à une date indéterminée). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il adressa, le 23 novembre 1830, la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « […] A l’honneur de vous exposer qu’ayant figuré en première ligne parmi les combattants des trois mémorables journées de Juillet il a contribué de tout son pouvoir au triomphe de la liberté ; que le 29 il fut grièvement blessé dans l’affaire qui eut lieu aux Ecuries de l’ex-roi Charles X, rue du Faubourg-du-Roule, d’où il fut transporté à l’hospice Beaujon et de là en convalescence à Saint-Cloud, d’où il n’est sorti que le 4 de ce mois [novembre, N.D.A.], sans être guéri radicalement ; que cette absence de sa maison lui a porté un préjudice notable et même irréparable sous tous les rapports tant à cause de ses blessures qui ne s’effaceront jamais qu’à cause de ce qu’il a perdu pécuniairement par son absence, et cette perte peut être estimée sans exagération à environ huit cents francs ; qu’en ce moment il a un loyer à payer et sa mère sexagénaire et infirme à sa charge ; que par le fait, éprouvant un dénuement absolu il se trouve dans le plus grand embarras pour subvenir à l’un et à l’autre ; c’est pourquoi il ose prendre la liberté de vous prier, messieurs, de venir le plus promptement possible à son secours. En ce qui concerne le droit que lui ont acquis ses blessures aux récompenses nationales et particulièrement à votre généreuse sollicitude, messieurs, il vous supplie de vouloir bien lui faire obtenir une place de sommelier chez le roi ou dans l’un des châteaux et maisons royale, ou un emploi soit d’inspecteur ou de surveillant dans le palais du roi ou dans ceux de sa couronne, d’autant que la croix lui a été promise et qu’il faut réellement être décoré pour occuper ces derniers emplois. […] » Il reçut un secours de cinquante-huit francs et trente-trois centimes en octobre 1831 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. La nature de ses blessures était ainsi décrite par le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales : « Blessure par arme à feu à la partie interne et moyenne de la cuisse droite, avec perte de substance aux muscles et cicatrices adhérentes, circonstances qui doivent entraîner une difficulté durable dans les mouvements. Est dans le cas des blessures qui ont entraîné une incapacité durable mais incomplète d’un membre et doit être rangé dans la 3e classe des blessés. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné (sous le nom de Bottel, François, Alexandre sur les listes du Moniteur universel) de trois cent cinquante francs. Il lui fut accordé, au titre de blessé de cette 3e classe, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il sollicita une place de sommelier à l’entrepôt des vins. Au moment de décerner les décorations, une contestation s’engagea entre certains décorés de Juillet et l’administration ; celle-ci en effet imposa une prestation de serment de fidélité au roi, à la charte et aux lois, qui n’avait pas été prévue initialement. Certains décorés protestèrent contre une telle mesure, plusieurs refusèrent d’aller retirer la décoration, d’autres au contraire la soutinrent. Parmi eux, Bottet, qui signa la Déclaration des citoyens du (ancien) Ier arrondissement, désignés pour la décoration de Juillet, en date du 12 mai 1831 et rédigée comme suit : « Le serment exigé par l’ordonnance du 30 avril dernier est devenu l’objet d’une polémique affligeante, dont le résultat a été de faire naître des doutes pénibles sur les véritables intentions des braves désignés pour la décoration de Juillet. Etre fidèle au roi des Français, garder obéissance à la charte sont des obligations communes à tous les citoyens, s’en affranchir serait un crime : telle est l’opinion des soussignés, qui considèrent comme un devoir de faire la déclaration suivante. L’amour de la patrie, le besoin de résister à l’oppression nous a spontanément fait prendre les armes, ainsi qu’à une foule de généreux citoyens, qui sans illisible et sans s’être concertés ont tous concouru au même but pendant les trois mémorables journées de Juillet. La hache du bourreau nous menaçait tous également ; si nous eussions succombé, elle se fut appesantie sur nos têtes, il fallait vaincre ou mourir. La cause sacrée de la patrie a triomphé mais en plein jour, au brûlant soleil de Juillet, sans avoir jamais conspiré dans l’ombre. Charles X et ses ministres ont été les seuls conspirateurs. Le roi citoyen veut aujourd’hui nous remettre lui-même le signe d’honneur que la nation nous a décerné comme récompense nationale. Nous le recevrons avec reconnaissance des mains royales du chef de l’Etat et nous lui prêterons serment ainsi qu’à la charte. Mais nous ne voudrions pas porter cette honorable décoration si elle devait jamais être considérée comme un signe de ralliement contre l’ordre constitutionnel. Les combattants de Juillet veulent avant tout l’ordre, la paix publique, la liberté et non la licence, la prospérité de la France et la consolidation de toutes nos institutions nationales. Ils se font gloire d’être la légion sacrée de notre jeune royauté et ils en seront toujours les premiers défenseurs parce qu’ils sont convaincus qu’en France maintenant le roi ne veut que ce que veut la loi et que la charte jurée ne cessera jamais d’être une vérité. » (La liste des décorés de la Croix de Juillet du [ancien] Ier arrondissement qui la signèrent était composée de : Godey, Jean-Baptiste ; Truck, Charles, Ferdinand ; Magistel, Antoine, Jean, Louis, Nicolas, Etienne ; Lecocq, Louis, Octave, Amédée ; Guimbal, Guillaume ; Montdidier, François ; Gavier, Louis, Charles ; Boyé, Henri ; Fréchon, Hippolyte, Jean ; Moiton, Alexis ; Blandin, Joseph ; Girard, Jean, Narcisse ; Danse, Charles, Olivier ; Balmet, René ; Lepagnol, Charles, Théodore ; Micheau, George, François ; Poutrait, François, Claude ; Tissandier, Joseph ; Bottet, François, Alexandre ; Viger, Henri, François, Paul ; Bador, Jean, Antoine ; Mocquant, François, Joseph ; Destains, Victor ; Fillias, Pierre, François). De la même manière, Il fut cependant l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » Il prêta son serment de décoré de Juillet, en juillet 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 24 juillet 1831, et son brevet le 19 novembre 1831 de la même année. En 1831, conformément à l’arrêté pris dans sa séance du 4 juillet 1831, il lui fut délivré par la Commission de souscription nationale, à titre de décoré de la croix et blessé, un habillement et une indemnité de cinquante francs. Il était de nouveau à l’hospice Beaujon en mai 1831. En octobre 1831, demeurant à Caen, il donna procuration à Follot, Pierre, marchand de vins, demeurant 15, rue de la Pépinière, pour toucher en son nom toute somme lui revenant à titre d’indemnité pour ses blessures reçues en juillet 1830. Il était célibataire en 1830. Il demeurait 17, rue de la Pépinière en 1830 (mais 13, rue de la Pépinière en 1830 in Archives de Paris VD6 92, Archives de Paris VK3 26, in Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 1 et deux fois in liasse 4) ; 23, rue de la Pépinière en novembre 1830-1831 ; chez Bottez, maître menuisier, 15, rue Saint-Malo à Caen (Calvados) en octobre 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ier arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 94 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 16 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 55 n° 5, mairie du (ancien) Ier arrondissement, gardes nationaux, fiche de domicile ; Archives de Paris VD6 92, idem liste des blessés pensionnaires, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux blessés de Juillet, idem Etat des secours accordés pour le mois d’octobre 1831 sur le fonds de 2764,50 francs mis à la disposition de M. le maire le 28 septembre aux veuves, blessés, orphelins, ascendants, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831, idem décompte des paiements faits par la mairie depuis le 1er août 1830 jusqu’au 30 août 1831 aux blessés de Juillet pensionnés par la Commission des récompenses nationales, idem liste des décorations du (ancien) Ier arrondissement, idem Etat général des blessés et de la fixation des secours qui leur sont dus pour le mois de juillet 1831 d’après la fixation et le classement de la Commission, idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 1, (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés qui ont été classés, idem liasse 4 une liste de deux pages en date du 31 juillet 1830 et signée Laroche et aussi hôpital Beaujon, état des blessés reçus depuis le 27 juillet dernier jusqu’au 16 août 1830 ([ancien] Ier arrondissement, idem liasse 7 liste des secours aux blessés ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; Archives de Paris VI1 1, (ancien) Ier arrondissement, décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 10 ; Archives de Paris VK3 18, Bordereau nominatif des ascendants, veuves, orphelins et blessés qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, le paiement du semestre de rente 5% échu le 22 septembre 1831, idem (ancien) Ier arrondissement, Ville de Paris, liste des individus blessés, décorés ou médaillés auxquels l’indemnité et l’habillement ou l’indemnité seulement ont été accordés ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 26, Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, idem état nominatif des blessés (3e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 13 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem même référence un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence registre de la Souscription nationale, blessés de la 3e classe, idem même référence un registre de pensionnés (blessés pensionnés) ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives nationales F/1dIII/33 état nominatif des emplois présentés par la Commission des récompenses nationales à M. le préfet de police (sous le nom de Bottet, Alexandre) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/45 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ier arrondissement, blessés de la 3e classe ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations.

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