Boulommier, Nicolas (ou parfois Boulonnier, Nicolas aux Archives nationales)

Biographie


Né le 1er avril 1782 (ou avril 1777) à Hormoy (Seine-et-Oise). Ancien militaire ayant servi de l’an VII jusqu’en 1814, d’abord dans le 10e régiment d’infanterie légère puis dans la gendarmerie, blessé trois fois au cours de ses campagnes, il fut mis à la retraite par la Restauration de 1814, totalisant seize années de service, sans pension parce que n’ayant pas son maximum de service. Il s’établit journalier, ou cordonnier en vieux ou maréchal ferrant. Il fut blessé d’un coup de feu ou de crosse dans les reins. Il était porteur des deux certificats suivants. Le premier : « Nous, soussignés, habitants et ouvriers de Paris, résidant faubourg Saint-Germain, certifions que le sieur Boulomier (sic), père de famille, habitant Nanterre, s’est joint à nous dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, pour combattre conjointement ensemble les ennemis de la charte constitutionnelle et du peuple. Ce brave et ancien militaire nous a été d’autant plus utile qu’il nous a aidé de ses conseils et de son expérience dans la lutte pénible et périlleuse que nous avons eu à supporter des oppresseurs de nos libertés. Il a même été le premier à découvrir qu’un bataillon de ces infâmes machines du despotisme était embusqué dans la cour du palais de la Chambre des députés et qu’il a contribué à les faire évacuer en prévenant la force parisienne. » Signé le 25 septembre 1830 : Bavoux, cordonnier, demeurant 13, rue du Dragon ; Forestier, marchand épicier, demeurant 40, rue du Dragon ; Mauduit, menuisier, demeurant 22, rue du Dragon ; Sauvage, vinaigrier, demeurant 11, rue du Dragon. Le deuxième certificat était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, propriétaires de la commune de Nanterre, certifions que le sieur Boulomier, âgé de cinquante ans, ayant entendu dire que l’on se battait à Paris pour le maintien de la charte constitutionnelle, cet ancien militaire a quitté sa maison, sa femme et ses enfants pour s’y transporter avec le courage qui distingue un vieux soldat et y est resté les 27, 28 et 29 dudit mois ; qu’il est rentré chez lui à 10 heures du soir et qu’après quatre à cinq jours il est devenu malade d’une forte courbature, des suites des fatigues qu’il a éprouvées pendant les trois susdites journées, laquelle maladie est devenue assez grave pour l’avoir empêché de travailler depuis cette époque jusqu’à ce jour (24 septembre, N.D..A). » Il reçut (sous le nom de Boulonnié, demeurant à Nanterre), après la révolution, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il sollicita un emploi « dans les travaux comme conducteur d’ouvriers » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Classé dans la 1re catégorie de la 2e classe des blessés, il reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs d’indemnité versée en une seule fois. Il reçut, à titre de blessé de la 1re catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. On trouve curieusement dans son dossier le certificat suivant : « Nous, soussignés, Gervais et son épouse, marchands boulangers, demeurant à Neuilly rue du Vieux-Pont, et Riollet, épicier, demeurant aussi à Neuilly, rue de Seine n° 41, certifions et attestons que nous avons pris connaissance et lu la feuille de pension accordée à perpétuité par la Commission des récompenses nationales au sieur Boulommier, Nicolas, demeurant en ladite commune pour la somme de trois cents francs par an. » Signé, à Neuilly le 17 mai 1832 : Gervais, marchand boulanger, demeurant rue du Vieux-Pont à Neuilly ; Riollet, épicier, demeurant 41, rue de Seine à Neuilly ; Bavoux, cordonnier, demeurant 13, rue du Dragon. En 1837, les renseignements de police indiquaient à son sujet : « La position de ce pétitionnaire est loin d’être heureuse car toutes ses ressources consistent dans le gain qu’il fait dans sa profession de cordonnier en vieux. Marié, ayant un enfant à sa charge, il ne peut travailler assez pour subvenir aux besoins de sa famille. On fait l’éloge de sa conduite. » Il toucha quarante francs de secours en 1838. En 1842, les mêmes sources ajoutaient : « Jouit d’une bonne réputation ; pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa femme il gagne comme journalier 1,25 franc par jour et sa femme garde à Neuilly la propriété de M. le général Contamine, elle a le logement pour paiement. » Il toucha un nouveau secours de quarante francs en 1842. En 1844, « sans ressources, étant dans l’impossibilité de se livrer à aucun travail, tant par son âge que par suite de ses blessures, ayant la vue très affaiblie », il sollicita des secours et toucha vingt-cinq francs, puis quarante francs en 1845, quarante francs en 1846 et vingt-cinq francs en 1847. En 1848, la Commission des récompenses nationales demandait à l’unanimité qu’il fût placé soit à l’hospice des Invalides soit à celui des Récollets. Il obtint quarante francs de secours en 1848 et la même somme en 1849. Il reçut une allocation de quarante francs en 1849 ou 1850, à titre de blessé de Juillet. En 1850, sa femme, âgée de soixante-six ans était concierge et recevait dix francs par mois plus des secours du bureau de bienfaisance ; Boulommier et sa femme tenaient, selon la préfecture de police, « une bonne conduite ». Il toucha quatre-vingts francs de secours en 1850, dont une fois quarante francs à titre de blessé de Juillet, cinquante francs en 1851. En 1852, les renseignements de police indiquaient : « Moralité satisfaisante. Il est sans charge, sans ressource et ne s’occupe pas de politique. Son âge avancé ne lui permet aucun travail. Boulommier se dit dévoué à la cause du prince-président. Il est digne de la bienveillance du gouvernement. » Il obtint cinquante francs de secours en 1852, cent francs en 1853, cinquante francs en 1854, quatre-vingt-dix francs en 1855. En 1856, concierge de la maison dans laquelle il résidait, il n’avait pour toute rétribution que le logement. Alors âgé de soixante-dix-neuf ans, ses infirmités l’empêchaient de travailler depuis plus de vingt ans : « Sa femme fait des raccommodages, son travail est presque nul. Il vit de la charité du directeur d’une pension de jeunes gens qui reste dans la maison dont il est le concierge. L’intérieur annonce une grande misère, il dit n’avoir pas touché depuis cinq ans. Les renseignements sur sa conduite et sa moralité sont en sa faveur. » Il obtint quarante francs de secours en 1856, la même somme en 1857. Il s’était marié en 1837 et avait eu sept enfants. Il demeurait 2, rue de l’Eglise-Neuve à Neuilly, en 1830-1832 ; 14, rue de Sablonville en 1837 ; 7, rue de l’Ouest en 1842 ; 82, rue de Seine à Neuilly en 1844 ; 25, rue de Sablonville de 1845 à 1847 ; 44, rue de Courcelles en 1849-1851 ; 28, rue de Courcelles en 1852 ; 2, rue de Valois-du-Roule de 1854 à 1856. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire catégorie de la IIe classe de larrondissement de Saint-Denis auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 91 (sous le nom de Boulonnier, Nicolas) ; Archives de Paris VK3 41 (il semble signer Boulomier) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, idem XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (sous le nom de Boulommier, Nicolas, Boulonnier étant rayé) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (91) citoyens dont les blessures ont entraîné une incapacité de travail pendant un an ; Archives nationales F/1dIII/46 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe (sous le nom de Boulonnier, Nicolas) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853 (sous le nom de Boulomier, Nicolas), idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 78 (sous le nom de Boulommier, Nicolas), idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99 (sous le nom de Boulommier, Nicolas), idem Allocation de secours à 59 décorés, blessés, veuves ou orphelin de Juillet 1830, s’élevant ensemble à la somme de 2.770 francs imputable sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur, exercice 1850, courrier en date du 31 octobre 1850, minute 136-138 (sous le nom de Boulommier, Nicolas), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Boulomier, Nicolas), idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852 (sous le nom de Boulomier, Nicolas).

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