Boutaric, Joseph
Biographie
Né le 1er septembre 1802 à Lauresses (Lot). Propriétaire à Lauresse (Lot). En février 1833, alors qu’il arrivait à Paris, il sollicita la Croix de Juillet, prétextant que, retiré dans son pays, il n’avait pas eu connaissance de l’ordonnance du 10 novembre 1831. Il certifiait ainsi sa participation, dans sa commune de Lauresses, au changement de régime : « A, dès les premiers jours du mois d’août dernier, à la nouvelle des événements de Paris, déployé le plus grand zèle en faveur de la cause nationale et que, dans son enthousiasme, il fut au chef-lieu de l’arrondissement prévenir un membre de l’autorité qui y était alors de se procurer un pavillon tricolore pour l’arborer sur le clocher, et, le lendemain, ledit Bataric assista à l’arboration dudit drapeau qu’il avait porté lui-même. » Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, gardes nationaux du bourg et commune de Lauresses, arrondissement de Figeac, département du Lot, certifions à tous ceux à qui il appartiendra qu’il est à notre connaissance que le sieur Joseph Boutaric, propriétaire en ladite commune, a, dans les premiers jours du mois d’août dernier, à la nouvelle des événements de Paris, déployé le plus grand zèle en faveur de la cause nationale et que, dans son enthousiasme, il fut au chef-lieu de l’arrondissement prévenir un membre de l’autorité, qui y était alors, de se procurer un pavillon tricolore pour l’arborer sur le clocher et le lendemain ledit Boutaric assista à l’arboration dudit drapeau, qu’il avait porté lui-même. » Signé, à Lauresses, le 21 juin 1831 : Boutaric, Jean ; Calmeyane, René, instituteur ; Juliac ; Maniols ; Ferrant ; Bouggues ; Manial ; Montussac. Il lui fut répondu par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’il ne pouvait, en conséquence, pas être donné suite à sa demande. En 1848, il était marchand de bois et charbons. Il déposa une demande devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il était porteur du certificat suivant : « Les soussignés, qui ont pris eux-mêmes une grande part dans les trois mémorables journées de notre immense révolution, certifient que le citoyen Boutaric, Joseph, grenadier au 1er bataillon, 1re compagnie de la IIe légion de la garde nationale de Paris, a fait preuve d’un zèle et d’un courage qui ont eu les plus heureux résultats. Le gouvernement de la république française ne peut et ne doit ignorer des faits semblables à ceux dont nous avons été les heureux témoins. Le jeudi 24 à 6 heures et demie du matin, Boutaric a oublié qu’il est père de famille ; il se rend au lieu fixé par le rappel mais, avant de se mettre en route, il s’assure que son fusil est en bon état et il le charge en présence de plusieurs de ses camarades et de tous ses voisins, à qui les idées républicaines de Boutaric sont bien connues ; il est bon de remarquer que ce généreux citoyen a toujours su mériter l’estime même du petit nombre de ceux qui ne partagent pas ses nobles opinions ; du lieu de la réunion, la compagnie, qui ne contenait que cent hommes environ au lieu de deux cent trente, s’est rendue à la place Marseillier pour de là se rendre à la place Vendôme ; là, Boutaric est le seul qui demande des cartouches ; de la place Vendôme, le bataillon est dirigé place de la Concorde, où il n’avait nullement besoin de se rendre, et surtout à cette heure ; de la place de la Concorde, le bataillon s’est rendu à la rue de Rohan, en suivant la rue de Rivoli ; ce trajet ne s’est pas opéré sans perdre beaucoup d’hommes en route puisqu’on entendait de tous côtés une fusillade des mieux nourries et que personne n’avait de cartouches ; plusieurs élèves de l’Ecole polytechnique se jettent à la tête du bataillon, en disant aux chefs : Commandez-nous et nous marchons en avant ; les chefs n’ayant pas accueilli les paroles pleines d’électricité des élèves, le bataillon débande, après avoir vu les chefs abandonner leur poste. Boutaric, accompagné d’un des tambours de sa compagnie et de deux grenadiers, se rend à la mairie de son arrondissement, où les paroles patriotiques de Boutaric réunissent une vingtaine de grenadiers en présence du capitaine qui était encore terrifié des prétendus dangers qu’il avait courus ; Boutaric lui en a même dit quelques mots ; à ces vingt grenadiers, vingt autres grenadiers du 3e bataillon, qui se trouvaient aussi à la mairie, se sont réunis à Boutaric, qui les a conduits à la caserne de la Jeune-France, où de graves désordres auraient eu lieu sans leur présence ; Boutaric a formé là un poste, que sa prudence lui a fait remettre, quelques instants après, à des hommes non en uniforme ; le peuple voulait commander, il commandait si bien !!! Tout devenait plus difficile, la fusillade se faisait entendre de tous côtés et les grenadiers dont il vient d’être parlé étaient toujours sans cartouches. Boutaric s’adresse à M. Dalier, lieutenant d’armement et d’habillement au 1er léger, qui s’empresse de remettre deux paquets de cartouches à Boutaric, qui se rend au Palais-Royal, où il est resté jusqu’au lendemain à midi ; c’est Boutaric qui s’aperçut un des premiers qu’un incendie allait dévorer le palais et peut-être beaucoup d’autres maisons ; il parvint seul et sans peine à former une chaîne qui a arrêté les progrès effrayants du feu ; il court chez M. Patrelle, rue Saint-Honoré n° 205, pour avoir des pelles, qu’il obtient avec sa signature ; il vide avec ces pelles le corps de garde dans lequel les matelas étaient en feu ; une vingtaine d’hommes non en uniforme, sans argent et mourant de faim, demandent du pain ; Boutaric se rend chez M. Secrétain, boulanger, rue de Valois, Palais-Royal n° 4, prend du pain avec sa signature et donne à manger à ses concitoyens. Boutaric n’a quitté les armes que le dimanche après la revue. Toutes ces considérations, réunies à celles contenues dans le certificat ci-joint qui lui a été délivré à la révolution de 1830 lui font espérer que sa demande sera accueillie favorablement. » Signé, le 3 mars 1848 : Verndermein, ouvrier ; Grégoire, ouvrier, demeurant rue l’Evêque ; Mercier, concierge, demeurant 11, rue l’Evêque ; Malle ; Noizon (mais Noizon in Archives de la préfecture de police AA 382 in dossier Datry, François), chasseur, demeurant 13, rue l’Evêque ; Masquillier, chasseur, demeurant 13, rue l’Evêque (le même Masquillier, épicier, demeurant 13, rue l’Evêque, qui signe un certificat, le 1er mai 1848, en faveur de Datry, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février) ; Kleingasfer, caporal à la 1re compagnie du 2e bataillon ; Ponget, caporal à la 1re compagnie du 2e bataillon ; Lacoste, chasseur à la 3e compagnie du 2e bataillon ; Courtois, sergent à la IVe légion ; Vandervelden (le même Vandervelden, limonadier, demeurant 3, rue de Lévêque, qui signe un certificat, le 1er mai 1848, en faveur de Datry, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février), chasseur (sans doute) à la IVe légion ; Maurel, tailleur ; Chaudron, musicien au 2e léger ; Chappeau ou Choppeau, boulanger, demeurant 8, rue Jeannisson ; Jardin ; Binsard, chasseur, demeurant 6, rue Lévêque ; Bron, chasseur à la IVe légion ; Goutal, chasseur ; Comby, caporal des voltigeurs ; Malaviale, caporal à la 1re compagnie de la IIIe légion ; Pescinpeure ; Burnel ; Pathier, concierge, demeurant 4, rue Lévêque ; Leclerc, demeurant 5, rue Saint-Anne ; Barbot, voltigeur à la IIe légion ; Coudère ; Stripe ; Odoin, tambour maître du 1er bataillon ; Simonet, grenadier ; Donie, ouvrier, demeurant 11, rue Lévêque ; Regimbaux, ouvrier ; Bories, concierge ; Glaudas ; Camus, demeurant 13 bis, rue de Richelieu ; Devaux, demeurant 4, rue Sainte-Anne (toutes ces signatures sont à rapprocher de celles en faveur de Datry, François voir ce nom). Il joignait aussi un article du Constitutionnel, en date du 28 mars 1848, qui relatait que, comme président d’une société de charbonniers du (ancien) IIe arrondissement, il avait au nom de cette députation, remis une somme d’argent au Gouvernement provisoire. Cet article était ainsi rédigé : « La députation de la société des charbonniers du (ancien) IIe arrondissement de Paris, ayant à sa tête les citoyens Boutaric, président de la société et Brousse (partie du manuscrit brûlée) s’est présentée à l’Hôtel de ville pour faire (partie du manuscrit brûlée) adhésion à la république et offrir une somme (partie du manuscrit brûlée) Le citoyen Boutaric s’est exprimé ainsi au nom de (partie du manuscrit brûlée) “Citoyens, les charbonniers du (ancien) IIe arrondissement (partie du manuscrit brûlée) la mission la plus honorable que nous ayons (partie du manuscrit brûlée) (partie du manuscrit brûlée) remplie de notre vie, qui est celle de déposer (partie du manuscrit brûlée) de la patrie la minime somme de trois cent vingt francs (partie du manuscrit brûlée) grande pour eux dans l’état affreux (partie du manuscrit brûlée) a plongés le gouvernement prévaricateur (partie du manuscrit brûlée) renversé, mais bien mince comparée (partie du manuscrit brûlée) (partie du manuscrit brûlée) sincères qu’ils ont de venir en aide à la (partie du manuscrit brûlée) les moyens qui sont en leur pouvoir (partie du manuscrit brûlée) la République qu’ils sont ses enfants les plus dévoués. M. Barthélemy Saint-Hilaire a répondu : Citoyens, je vous remercie, au nom du gouvernement provisoire de l’adhésion patriotique que vous lui apportez et de la généreuse offrande que vous faites à la république. Ne dites pas, citoyens, que votre offrande est minime, elle est considérable de la part de ceux qui l’offrent ; et le Gouvernement provisoire est surtout considérablement touché des sentiments qui inspirent des démarches comme la vôtre ; elles sont d’un excellent exemple. Déjà des citoyens vous ont précédés, beaucoup d’autres vous suivront, j’en suis persuadé. Si tous les citoyens s’associaient comme vous pour venir en aide à la crise publique, nul doute qu’elle ne fût bientôt terminée. Le président de la députation : Citoyens, je regretterai toute ma vie de n’être pas assez éloquent pour répondre aux paroles pleines de patriotisme que nous venons d’entendre, paroles que nous conserverons à jamais dans nos cœurs. Nous laissons à la république le soin de nous venger, en donnant à nos enfants une éducation et une instruction que nous avons toujours réclamées en vain. Nous ne terminerons cependant pas sans nous donner entièrement, nous et les nôtres, au service de la République, qui a montré le chemin de la liberté à tous les peuples de l’Europe. Vive la République ! M. Barthélemy Saint-Hilaire : Citoyens, la pensée nouvelle que vous exprimez dans votre réponse est une des pensées les plus chères du Gouvernement provisoire. Vous l’avez pu voir déjà, par les premiers actes du ministère de l’Instruction publique ; la sollicitude du Gouvernement, la sollicitude de la République, la plus vive, la plus profonde, est celle qui s’adresse aux enfants. Les lumières de l’instruction sont dues à tous les citoyens sans exception et chacun devra désormais profiter suivant l’intelligence que Dieu lui aura donnée de l’éducation que la République mettra à portée de tous ; c’est le vœu du bon citoyen de demander, comme la conquête la plus précieuse et la plus noble récompense, le développement de l’esprit. C’est en répandant les lumières, c’est en développant les intelligences que nous fonderons une République aussi durable qu’elle sera honnête. Le président de la députation : Nous soutiendrons la République autant qu’il sera en notre pouvoir, Vive la République ! M. Barthélemy Saint-Hilaire : Vous avez fait acte, aujourd’hui, non seulement de bons citoyens mais de citoyens intelligents. Avec des cœurs tels que les vôtres, nous pouvons compter que dans peu de temps la République sera consolidée à jamais. La députation se retire aux cris de Vive la République ! Vive le Gouvernement provisoire !” » Il fut recommandé par la Commission des récompenses pour recevoir la distinction honorifique qui devait être créée afin de perpétuer le souvenir de la révolution. Il signa, le 1er mai 1848, le certificat suivant en faveur de Datry, François (voir ce nom), quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Les soussignés, locataires de la maison n° 13, rue Lévêque, et les habitants du quartier certifient que la conduite du citoyen Datry, François, ancien militaire, a été pendant les journées des 22, 23 et 24 février, celle d’un bon et courageux patriote ; qu’il a contribué, par tous les moyens possibles, au renversement de l’infâme gouvernement de Louis-Philippe et que, depuis, il n’a cessé de concourir au rétablissement de l’ordre et à l’affermissement de la république, pour laquelle il avait déjà combattu dans les journées de juillet 1830. Ils croient faire acte de justice, en contribuant à faire connaître les droits qu’un honnête homme, père de famille, peut avoir à la reconnaissance publique. » Il savait lire et écrire. Il était marié et père de trois (ou deux dans une lettre qu’il adresse à la Commission) enfants et avait sa mère, âgée de soixante-quatorze ans, à charge en 1848. Il est l’auteur de Quelques réflexions du porteur d’eau Boutaric, Joseph, de la commune de Lauresse (Lot), 1836, in 8°, Dupuy imprimeur à Paris, chez Delaunay, chez l’auteur, 10, rue des Orties-Saint-Honoré. Il demeurait 19, rue d’Argenteuil à Paris en 1833 ; 4, rue Lévêque en 1848. Archives nationales F/1dIII/46. Archives de la préfecture de police AA 374 ; Archives de la préfecture de police AA 382 in dossier Datry, François. Il était sans doute colon en Afrique vers 1852 source internet… parti à Alger comme Datry ?