Breschet, Gilbert

Biographie


Né le 7 juillet 1784 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Médecin. Reçu le 31 août 1812 à la faculté de Paris, il était, dans les années 1814-1816, médecin à l’Hôtel-Dieu, quand celui-ci recueillait les blessés des armées françaises et alliées et était livré à la contagion du typhus, chirurgien en chef de l’Hospice des Enfants-Trouvés depuis 1820, professeur agrégé et chef des travaux anatomiques à la faculté de médecine, membre titulaire de l’Académie royale de médecine, puis chirurgien en second de l’Hôtel-Dieu, auteur de plusieurs ouvrages sur l’anatomie, la médecine et la chirurgie, chargé à la demande de l’Académie de médecine de l’autopsie du corps de Louis XVIII, il sollicita la décoration de la Légion d’honneur dès 1824 ; il était recommandé par les professeurs Portal, Alibert, Duputren, Bertin, par la députation du Puy-de-Dôme et par le préfet de la Seine, Chabrol. La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « M. le docteur Brescher était à l’Hôtel-Dieu occupé au pansement des blessés pendant que le peuple a forcé les portes de l’archevêché. Cet honorable professeur s’y est transporté sur-le-champ, accompagné de ses élèves, et n’a eu besoin que de régulariser le mouvement spontané du peuple en faisant porter à l’Hôtel-Dieu l’immense quantité de linge, d’argenterie et d’argent monnayé qui se trouvait dans les appartements de M. de Quélen. Rien n’a été détourné, et le peuple n’a jeté dans la Seine que des objets de luxe. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement (par erreur sous le nom de Brechet, Gilbert sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il reçut aussi la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement (sous le seul nom de Breschet sur les listes des journaux et sous le nom de Breschet, médecin à lHôtel-Dieu sur les listes de la Commission des récompenses nationales). Une enquête faite par les autorités ecclésiastiques, retrouvée dans les archives de l’archevêché de Paris et citée dans la Revue dhistoire de lEglise de France, en 1958, donne les informations suivantes sur la mise à sac de l’archevêché par deux mille émeutiers dont environ deux cents femmes environ, et la conduite de Breschet : « Le mercredi 28 juillet 1830, un peu après midi, une bande d’émeutiers se présenta à la grande grille de l’archevêché, près du Pont-aux-Doubles. Ils demandèrent à grands cris l’ouverture de la grille, pour, disaient-ils, s’emparer de la personne de l’archevêque qu’ils voulaient pendre au drapeau tricolore qu’on venait d’arborer sur la tour septentrionale de Notre-Dame. Le concierge leur ayant répondu que l’archevêque était absent, “N’importe, insistèrent-ils, il nous faut entrer : il y a des calotins à sa suite, ils paieront pour lui.” On leur affirma qu’aucun ecclésiastique ne se trouvait alors à l’archevêché. Les secrétaires, prévenus du danger possible, s’étaient en effet retirés, de même que deux laïcs attachés au secrétariat. Les émeutiers, alors, n’insistèrent plus, mais annoncèrent qu’ils reviendraient le lendemain. […] Le jeudi 29 juillet, entre 8 heures et demie et 9 heures du matin, la grande grille de l’archevêché, près du Pont-aux-Doubles, fut de nouveau assiégée par une bande d’émeutiers qui en demandèrent l’ouverture, en disant : “Nous venons chercher 4.000 fusils et des jésuites qui sont cachés dans les caves.” En vain, le concierge affirma qu’il n’y avait ni fusils ni jésuites dans la maison. […] Pendant cette dévastation, M. Desportes, administrateur des hospices, chargea deux de ses employés, MM. Cusin et Salandre, d’aller à l’archevêché pour voir ce qui se passait et de revenir ensuite lui en rendre compte. Non sans péril, ils parvinrent jusque dans les appartements et tentèrent d’arrêter le pillage, mais sans grand résultat. Ils empêchèrent cependant que l’on brisât le Christ de la salle synodale qui avait déjà reçu des coups. Les émeutiers allumèrent alors un feu sur le quai et, en faisant la chaîne, y précipitèrent tout ce qui avait été jeté par les fenêtres. D’autres objets étaient jetés dans la rivière et des hommes en armes menaçaient de tirer sur ceux qui les en retireraient. La Seine charriait des meubles, des livres, des habits et des ornements ecclésiastiques. M. Desportes, prévenu par ses employés que le feu risquait de gagner les bâtiments, envoya, pour le combattre, les deux pompes de l’Hôtel-Dieu. Il les suivit, accompagné du docteur Bréchet, second médecin de cet hôpital. Ensemble, ils réussirent à persuader les émeutiers qui continuaient à jeter des objets par les fenêtres de ne plus le faire et ceux qui faisaient la chaîne d’apporter de l’eau pour éteindre le feu qu’ils avaient entretenu pendant deux heures. C’est donc à MM. Desportes et Bréchet et à leurs auxiliaires qu’est due la conservation de l’archevêché et peut-être de l’église métropolitaine. En moins de sept heures, le palais avait été complètement dévasté. Il n’y avait pas une salle, pas un réduit, qui n’eût été saccagé. Tout était rempli de décombres. La ville perdit ainsi un mobilier très important qui lui appartenait ; le diocèse fut volé de tous les fonds que la charité avait réunis pour l’entretien des séminaires et des prêtres âgés ou infirmes ; l’archevêque fut dépouillé de son patrimoine, tandis que son grand vicaire, M. Desjardins, les ecclésiastiques de l’archevêché et les domestiques le furent de tout ce qui leur appartenait. […] La foule continuait cependant son travail de dévastation à l’archevêché. Elle mettait le feu aux appartements, lorsque les docteurs Caillard et Bréchet, venus de l’Hôtel-Dieu, réussirent à faire éteindre celui qui avait été allumé dans la seconde salle du premier étage et détournèrent de leur projet ceux qui tentaient de le mettre ailleurs, en leur montrant le danger qui en résulterait pour les blessés et les malades de l’Hôtel-Dieu. Ils virent aussi que l’on creusait dans le jardin deux larges fosses pour y enterrer les morts. Inquiets pour la salubrité du quartier, et notamment de l’Hôtel-Dieu, ils voulurent empêcher la réalisation de ce projet, mais ne purent y arriver. Ils se rendirent alors à l’Hôtel de ville, où venait de s’établir la Commission provisoire municipale, et obtinrent d’elle un ordre d’arrêter les travaux. Les appartements étant toujours remplis d’une foule qui continuait à les dévaster, M. Desportes, administrateur de l’Hôtel-Dieu, arriva vers quatre heures, accompagné de quelques internes, habillé comme eux d’une blouse blanche et précédé d’un brancard. Il monta aux appartements et déclara aux pillards que l’Hôtel-Dieu ne pouvant plus contenir les blessés, il fallait préparer à l’archevêché de nouvelles salles pour les recevoir. Il leur demanda donc de les évacuer sans retard. La foule se laissa persuader par cette mise en scène et des gardes nationaux, survenus à ce moment, facilitèrent et hâtèrent son départ. C’est cette idée ingénieuse de M. Desportes qui mit fin aux scènes de dévastation. On recueillit alors des restes de linge, d’ornements, etc., que l’on transporta à l’Hôtel-Dieu et, le lendemain, à l’Hôtel-de-Ville. » Giraud-Dulong, dans le récit qu’il fit de sa participation aux combats de Juillet, précisait qu’on pouvait invoquer son témoignage pour certifier sa conduite. Il mourut le 13 mai 1845 à Paris. On trouve dans le Journal des connaissances médico-chirurgicales de 1845, le récit de ses obsèques et la transcription des discours qui y furent prononcés : « Funérailles de M. Breschet. Les obsèques de M. Breschet, membre de l’Académie des sciences, professeur d’anatomie à la Faculté de Paris, membre de l’Académie royale de médecine, chirurgien ordinaire de l’Hôtel-Dieu, chirurgien consultant du roi et membre de presque toutes les Académies étrangères, ont eu lieu le 13 mai 1845, à l’église Saint Germain-des-Prés, au milieu d’un grand concours d’assistants. On y remarquait presque toute l’Académie des sciences et beaucoup de membres des autres Académies de l’Institut, les membres de la Faculté de médecine en robe, une députation nombreuse de l’Académie de médecine et tout ce que Paris renferme de médecins distingués. Les internes de l’Hôtel-Dieu, les élèves de l’Ecole de médecine s’y étaient rendus en grand nombre et ont accompagné le corps jusqu’au cimetière. Les cordons étaient tenus par MM. Elie de Beaumont, président de l’Académie des sciences ; Andral, membre de cette Académie ; Orfila, doyen de la Faculté de médecine, et Ferrus, membre de l’Académie royale de médecine. Le deuil était conduit par M. Amédée Thierry, gendre du défunt. Des discours ont été prononcés par MM. Andral, au nom de l’Académie des sciences ; Pariset, au nom de l’Académie de médecine ; Cruveilhier, au nom de la Faculté de médecine, et Ferrus, au nom des amis de M. Breschet. Un interne de l’Hôtel-Dieu, M. Dumarquais, a ajouté quelques mots touchants pour exprimer les regrets des élèves de M. Breschet. Le défunt repose au cimetière du Père-Lachaise, près d’Etienne et des derniers académiciens que la mort a frappés. Parmi les membres de l’Institut présents à cette funèbre cérémonie, nous avons pu remarquer MM. Flourens, Villemain, Droz Dumas, Pouillet, Becquerel, Cordier, Poncelet, Valenciennes, Serres, Velpeau, Lélut, Regnauld, Granet, Guigniaud, Garcin de Tassy, Libri, Bayer, Villermé, Bory de Saint-Vincent, Berriat Saint-Prix. Le respect le plus religieux et les témoignages unanimes des regrets les mieux sentis ont constamment présidé à celle douloureuse solennité. Nous nous bornons à reproduire le discours de M. Pariset. “Entouré de cet appareil funèbre, à la vue des cendres d’un ami qui me fut si cher, si je n’écoutais que ma propre douleur, ma voix serait muette et je ne laisserais parler que mon silence ; mais, dans ces tristes moments, ce ne sont point mes profonds regrets, ce sont les regrets de l’Académie royale de médecine que je dois faire entendre. Jamais peut-être cette compagnie n’a eu à déplorer une perte si sensible ; et, pour justifier mes paroles, il me suffira de mettre sous vos yeux le rapide tableau de cette vie laborieuse qui vient de s’éteindre, de rappeler quelques-unes des productions qui l’ont illustrée. Compatriote de Pascal et de Thomas, Gilbert Breschet naquit en 1783 à Clermont-Ferrand. Il fit ses premières études dans le collège de cette ville, tenu autrefois par des jésuites, collège où s’étaient formés Delille et Marmontel, et que la révolution venait de dissoudre et de rétablir sur de nouvelles bases. Breschet, par son ardeur pour l’étude et la douceur de son caractère, se concilia l’amitié de ses maîtres ; en particulier celle de l’abbé Lacoste de Plaisance, celle de l’abbé de l’Arbre, homme passionné pour les sciences naturelles, et auteur d’une flore et d’une faune de l’Auvergne : enfin celle du professeur de mathématiques, M. Roccaud : trois hommes dont le souvenir attendrissait toujours le cœur de Breschet. Le jeune élève songeait à l’Ecole polytechnique. Pour s’y mieux préparer et pour achever ses études, il vint à Paris. On le recommandait à Vauquelin et à Fourcroy, tous deux pris d’affection pour les Auvergnats. Ils le mirent en pension chez M. Trusson, directeur de l’Ecole de pharmacie. C’était le mettre dans le sein des mathématiques, de la physique, de la chimie. Toutefois les impressions qu’il avait reçues de ses premiers maîtres en faveur des sciences naturelles prévalurent. Il oublia l’Ecole polytechnique et les gloires qu’elle promettait, et se décida pour la médecine. Cependant il fallait vivre, il fallait trouver un supplément à la faible pension qu’il tenait de sa famille. A l’imitation de Marmontel, il se fit répétiteur de latin ; et, comme tout s’enchaîne dans le monde, il mit dans ce premier travail une application si soutenue, que, déjà guide de ses condisciples pour le latin, il le fut bientôt pour sa science favorite, je veux dire pour l’anatomie. En 1808, il était élève externe à la Charité ; cet hôpital était alors la meilleure des écoles chirurgicales. Breschet y recueillit, y rédigea avec assiduité les leçons du professeur, l’illustre Boyer. Au concours de l’année suivante, il fut nommé l’un des premiers aux places d’élèves internes. Il fut attaché à M. Leclerc, médecin de l’hôpital Saint-Antoine, vaste établissement où la souffrance prend, pour éclairer les esprits, toutes les formes et tous les langages. Avec quel art le professeur formait les élèves au diagnostic des maladies et avec quel soin il relevait les erreurs, rectifiait les inexactitudes, dissipait les obscurités ! Digne élève d’un tel maître, avec quelle vigilance Breschet écoutait et suivait ses leçons ! Tous les six mois, des relevés de service, disposés en tableaux, étaient transmis à l’administration ; et ces tableaux sortaient des mains de M. Breschet. Une récompense sollicitée par M. Leclerc et par M. Thouret lui fut décernée, et c’est une des premières que le conseil général des hôpitaux ait accordées aux élèves internes. J’insiste, messieurs, sur ces commencements, comme je l’ai fait pour Pinel, pour Vauquelin, pour Dupuytren, pour Chaussier, pour Esquirol, parce que c’est au début de ces pénibles carrières que se révèlent avec le plus d’éclat le caractère et la valeur des hommes, et parce qu’il sera toujours à propos de montrer, par ces grands exemples, comment la pauvreté s’affranchit noblement de sa dépendance par le travail ; en d’autres termes, comment le pauvre s’élève et s’honore en se rendant, je ne dis pas seulement utile, mais encore nécessaire à ses semblables. J’abrégerai sur tout le reste : en 1808 et 1807, avec de nouvelles récompenses pour sa belle conduite dans les hôpitaux, Breschet reçut des couronnes pour son savoir ; il les reçut dans le sein de la Faculté, et même dans le sein de l’Institut, des mains du ministre Chaptal. Il fut dans le même temps nommé au concours aide d’anatomie et professeur particulier. C’est alors qu’il commença la longue série de ses préparations sur l’oreille interne dans les animaux invertébrés, préparations qui servirent de texte aux mémoires qu’il publia dans la suite sur l’organe de l’audition dans les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons. Il reçut en 1812 les honneurs du doctorat. Sa thèse portait sur un sujet presque neuf, sur les hydropisies actives, sorte de flux séreux que l’art doit combattre par la saignée et les antiphlogistiques ; paradoxe déjà soutenu par Emile Nouel, mais que Breschet seul a érigé en vérité. En 1819, Béclard, promu à une chaire de la Faculté, laissait vacante la place de chef des travaux anatomiques, place hérissée, disait-on à dessein, de mille difficultés. Breschet la dispute au concours, et, malgré ces difficultés qui renaissaient comme les têtes de l’hydre, Breschet l’emporte. Ce fut alors, pour la première fois, qu’on exigea de chaque concurrent une thèse sur laquelle il était tenu de répondre aux arguments de ses rivaux. Cette thèse roulait sur deux sujets: l’un donné par le sort, l’autre choisi par le candidat. Celle de Breschet se composait de quatre mémoires : le premier sur les veines du rachis ; le second sur le cal ; le troisième sur la hernie crurale, point de pratique sur lequel il avait réuni un grand nombre d’observations ; le quatrième sur la dessiccation et les autres moyens de conserver les pièces anatomiques. Réunir, rédiger, imprimer, dessiner, représenter par des planches tous les matériaux de ce grand travail, fut pour Breschet l’œuvre de douze jours. Le prix de tant de peines et de diligence fut une victoire, et, quoi qu’on en ait dit, cette victoire fut complète. Dès 1813, et pendant la campagne de 1814, aussi bien que pendant l’occupation de la France par les étrangers, c’est-à-dire lors des épidémies du typhus et de l’encombrement des blessés, l’administration adjoignit Breschet à son ami Dupuytren ; et vers la fin de 1819, après avoir fait le service à l’hôpital des Enfans trouvés en qualité de chirurgien en chef, il fut nommé chirurgien ordinaire de l’Hôtel-Dieu. Dans les derniers jours de 1820, il fut compris, par la volonté du roi, parmi les premiers membres de l’Académie royale de médecine ; il eut, en 1832, l’honneur de la présider. Après deux candidatures malheureuses, où cependant la majorité ne lui manqua que d’une voix, il eut, en 1835, l’honneur de siéger à l’Académie des sciences ; il y fut appelé par quarante-sept suffrages ; il y succédait à Dupuytren. Enfin, en 1836, la chaire d’anatomie à la Faculté fut mise au concours. Nouveau combat pour Breschet, nouvelle palme qu’il réunit à tant d’autres. La thèse qui le fit triompher est le plus bel ouvrage que l’art possède jusqu’ici touchant la structure les propriétés et les maladies du système lymphatique. Je m’arrête ici, messieurs ; je m’arrête comme fatigué, non des louanges que je me plais à donner et que vous donnez avec moi à la mémoire de Breschet, mais fatigué de ces luttes perpétuelles qui l’arrêtaient à chaque pas, de cette longue suite d’efforts qu’a déployés son courage pour surmonter tant d’obstacles, pour abattre tant de rivalités, rivalités cependant inévitables, et, je l’avoue, luttes nécessaires même à ce noble athlète, qui eût dédaigné de vaincre sans combattre. Du reste, dans cette longue série de postes où l’a porté son mérite, quel autre eût mieux rempli ses devoirs ? Que n’a-t-il point fait pour la Faculté ? que ne lui doit point l’anatomie et la physiologie humaine ? l’anatomie et la physiologie comparée ? l’anatomie et la physiologie pathologique ? la chirurgie clinique ? la médecine opératoire ? et, finalement, la médecine clinique elle-même ? Tant de travaux importants, je ne les indique ici que par les titres généraux sous lesquels les a rangés leur auteur : ils demanderaient une exposition plus explicite et plus détaillée ; mais ce détail doit être réservé pour son éloge ; et cet éloge, s’il m’est donné de le faire, si je puis du moins goûter cette consolation, je m’abandonnerai pour l’écrire à ces sentiments de tendresse et de justice que l’on doit à ses amis et à la vérité deux sentiments que, par respect même pour la mémoire de Breschet, je ne voudrais pas séparer l’un de l’autre. C’est alors que j’essaierai d’apprécier et les travaux qui lui sont propres, et ceux qu’il a exécutés avec le concours de M. Milne Edwards, de M. Vavasseur, de M. Villermé, de Rouel de Vauzene, de M. Rayer ; enfin le travail original, délicat, singulier, qu’il a fait de concert avec M. Becquerel sur la température des différentes parties dont se composent l’homme et les animaux, température dont les variations supposent des variations correspondantes dans tous les états et dans tous les actes de l’organisation. A ce dernier travail se rattache celui par lequel ces deux savants hommes ont montré que les commotions que donne la torpille sont de véritables chocs électriques. Chose étrange ! que des poissons renferment en eux le pouvoir de la foudre, ou plutôt soient comme des foudres vivants ! Breschet était railleur, mais inoffensif ; il aimait à protéger les jeunes talents. Lors du sac de l’Archevêché, il osa se mêler à la foule du peuple pour le calmer, l’arracher â ses égarements, pour lui ouvrir les yeux sur le mal qu’il se faisait à lui-même : car nuire à autrui c’est nuire à soi. Le peuple ému céda et l’incendie fut éteint par les mains qui l’avaient allumé. Breschet était le modèle de la piété filiale. Des chagrins éprouvés par sa vieille mère au fond de l’Auvergne eurent sur lui, m’a-t-on dit, un contrecoup funeste, et le tinrent plusieurs jours de suite dans une irritation cérébrale qui se termina par une attaque d’apoplexie, légère en apparence, mais en réalité grave et profonde. Tout son être en fut altéré. Il alla demander au beau ciel de l’Italie quelques secours contre son mal ; mais Clermont était sur sa route, et le mal y prit une exaspération nouvelle. Le voyage fut à peine une distraction. Breschet revint. On lui conseillait les eaux de Vernet ; mais la chute finale se précipitait avec une effrayante rapidité. Elle fut bientôt consommée, et dans la matinée du 10 mai dernier Breschet ferma les yeux pour jamais. Breschet était officier de la Légion d’Honneur, docteur en médecine, chirurgien de l’Hôtel-Dieu, chirurgien du roi, professeur à la Faculté de médecine, membre de la société philomathique, de l’Institut, de l’Académie royale de médecine. Il appartenait à presque toutes les sociétés savantes nationales et étrangères. Madrid, Rome, Athènes, Bologne, Turin, Vienne, Berlin, Londres, Dublin, Copenhague, Stockholm, Philadelphie, ressentiront la perte qu’elles ont faite, comme Toulouse, Dijon, Marseille, comme Erland, Bonn, Heidelberg, Bruxelles, etc., comme la ressent aussi chacun de nous, comme je la ressens moi-même ; car je pourrais me dire ce qu’Horace disait de Quintilius à Virgile : Multis ille quidem flebilis occidit, Nulli flebilior quam mihi [il est mort, digne d'être pleuré par beaucoup d'hommes de bien, mais par aucun autant que par moi].” » On peut lire cependant dans une lettre que fit, le 9 mai 1829 auprès du ministre de l’Intérieur afin de demander des secours, Delemerie ou de Leymerie, Jean (voir Delemerie ou de Leymerie, Jean), son oncle, une opinion contradictoire sur Breschet. Breschet demeurait 3, rue de l’Observatoire (ou de l’Observance) en 1831 ; 10, rue de Seine-Saint-Germain en 1833. Le National, 2 août 1830 ; Le Journal des débats, 2 août 1830 ; La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 4 août 1830 ; Le Temps, 6 août 1830 ; Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusquau 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 184 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 271 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, liste des personnes qui ont prodigué leurs soins aux blessés p. 116 ; Histoire de France pendant la dernière année de la Restauration, par un ancien magistrat (Boulée, Auguste, Aimé), Paris, Desenne, 1839, tome premier, p. 324 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le seul nom de Breschet) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 sous le seul nom de Breschet) ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusquau 31 mai ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement ; Archives de Paris liste des décorés de la médaille, qui ne l’ont pas encore retirée ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Giraud-Dulong, François ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement (sous le seul nom de Breschet) ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Gruière, Antoine, Louis (où il signe un certificat attestant le décès de ce dernier) idem in dossier Grimaux, Michel, Pierre (où il signe un certificat attestant le décès de ce dernier), idem in dossier Guérin, Pierre (où il signe un certificat attestant le décès de ce dernier) ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Isambard, César, Charles, Auguste (pour lequel il signe un certificat en tant que chirurgien ordinaire de l’Hôtel-Dieu) ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier Lebreton, Edouard, Constant (pour lequel il signe un certificat en tant que chirurgien ordinaire de l’Hôtel-Dieu) ; Archives nationales F/1dIII/62 in dossier Legé, Félix, Joseph (pour lequel il signe un certificat en tant que chirurgien ordinaire de l’Hôtel-Dieu) ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Matinaud, Léonard (pour lequel il signe un certificat en tant que chirurgien en second de l’Hôtel-Dieu) ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Medzyer, Jacob (pour lequel il signe un certificat en tant que chirurgien ordinaire de l’Hôtel-Dieu) ; Archives nationales F/1dIII/67 in dossier Michel, François (pour lequel il signe un certificat) ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Moreau, Louis (pour lequel il signe un certificat en tant que chirurgien ordinaire de l’Hôtel-Dieu), idem in dossier Morin, Charles, François (où il signe, comme chirurgien ordinaire, un certificat médical constatant la blessure et le décès de Morin, Charles, François), idem in dossier Morisot, Nicolas (où il signe, comme chirurgien ordinaire, un certificat médical constatant la blessure et le décès de Morisot, Nicolas) ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Parsy, Pierre, François (où il signe, comme chirurgien ordinaire, un certificat médical constatant la blessure qu’avait reçue ce dernier) ; Archives nationales F/1dIII/75 in dossier Senelle, Frédéric, Jean, Louis (où il signe, comme chirurgien ordinaire, un certificat médical constatant la blessure qu’avait reçue ce dernier) ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thébert, Pierre, Jean (où il signe, comme chirurgien ordinaire, un certificat médical constatant la blessure et le décès de Thébert, Pierre, Jean) et in dossier Thomas, Etienne, Adolphe (où il signe, comme chirurgien ordinaire, un certificat médical constatant la blessure et le décès de Thomas, Etienne, Adolphe) ; Archives nationales F/1dIV/B/17 ; Archives nationales F/15/3220 in dossier Delemerie ; Le Pillage de larchevêché de Paris en juillet 1830, daprès un mémoire inédit du chapitre métropolitain, Limouzin-Lamothe, Revue dhistoire de lEglise de France, 1958 ; Journal des connaissances médico-chirurgicales, douzième année, 1845, n° 6, 1845, pp. 265-267. Il signe de très nombreux bulletins dhospitalisation à lHôtel-Dieu par exemple celui de Boivin, Jean-Baptiste, François in Archives de la préfecture de police AA 373…

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