Bridoux, Norbert, Pascal
Biographie
Né vers 1790 à Dammartin (Pas-de-Calais), Il fut tué, le 29 juillet 1830, en Seine-et-Oise, dans les rangs du peuple. La Commission des récompenses nationales réunie à la préfecture de Seine-et-Oise notait au sujet de la veuve, Adenel, Alexandrine, une demande de secours provisoire : « La dame Bridoux a perdu son mari, sans avoir pu établir assez positivement ses droits à la pension. Une enquête pour constater, d’une manière certaine, le mort de son mari vient d’être provoquée. Elle entraînera nécessairement des délais. La Commission demande qu’on accorde à la veuve Bridoux tel secours pécuniaire qui sera jugé convenable. » Le 6 décembre 1831, la veuve adressait la lettre suivante au ministre de l’Intérieur : « Mon mari, Pascal Bridoux, est mort, le jeudi 29 juillet 1830, en combattant pour la charte, au milieu du peuple. Il me laissa enceinte d’un enfant mâle, actuellement âgé de 14 mois. Pauvre, ignorante et sans conseil, je n’ai pu faire aucune réclamation en vertu d’une loi que j’ignorais ; lorsque j’ai entendu battre, à son de caisse, dans cette commune, que ceux qui avaient fait des pertes ou avaient été victimes des événements de Juillet eussent à faire leur demande avant le 10 décembre pour tout délai. Cet avertissement public m’a appris que j’avais des droits à réclamer de vous, monsieur le ministre. J’ignore quels ils sont mais je demande pour moi et pour mon enfant ce que la loi accorde aux mères et aux orphelins dont les époux et pères ont perdu la vie dans les journées de Juillet. Je vous adresse, ci-joint, un certificat qui constate la mort de mon mari. Il est signé de trois membres de notre conseil municipal et de quatorze autres citoyens recommandables qui, ainsi que monsieur le maire, pourront m’aider aux besoins à faire valoir mes droits auprès de vous. Je vous supplie, monsieur le ministre, d’avoir égard à ma position malheureuse, en accueillant ma demande. Je suis avec le plus profond respect etc. » Elle joignait à sa demande le certificat ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants de la commune de Sèvres, certifions qu’il est à notre connaissance que le nommé Norbert, Pascal Bridoux, journalier âgé de 40 ans, né à Dammartin (Pas-de-Calais), époux de alexandrine Adenet, n’a pas reparu à son domicile depuis la révolution de Juillet. En foi de quoi, nous avons signé le présent. A Sèvres, le 29 novembre 1831 : Déplait ; Jameaux ; Aviel ; Delaplace ; Grinion ; Cordier ; Poisson ; Claud ; Gruni ; Bougon ; Drouet père ; Chenu ; Fraidin ; Leblond, Louis ; Cramp ; Legrand ; Breton. Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant sur la demande de secours pour elle et son enfant, qu’elle avait présentée, en raison de la mort de son mari pendant les événements de Juillet : « Si la mort du sieur Bridoux est constatée, la Commission estime qu’il y a lieu d’accorder un secours à la veuve. » En 1832, l’ancien sous-préfet de Saintes et le député de Charente-Inférieure s’informaient afin de savoir si la demande formulée par la veuve, qui résidait à Sèvres, avait abouti. Le 16 mai 1832, le préfet de Seine-et-Oise avisait le ministre de l’Intérieur et président du Conseil, qu’il avait fait, conformément à sa demande, réunir une nouvelle fois la Commission des récompenses nationales et que cette dernière avait proposé une proposition spéciale pour lui et pour Deschaintres, Claude, Théophile. Cette proposition était ainsi conçue : « Considérant que cette veuve ne peut établir son droit que par une enquête ; que cette enquête, qu’elle vient de provoquer, entraîne nécessairement des délais, et qu’il est de notoriété que la veuve Bridoux éprouve des besoins, estime qu’il y a lieu d’accorder à la veuve Bridoux le secours provisoire qui sera jugé nécessaire. » La veuve demeurait 47, rue Royale à Sèvres en 1831-1832. Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise.