Bridoux, Pierre, François, Auguste

Biographie


Né le 10 avril 1801 à Crécy (Somme). Limonadier. Il reçut un total de francs de cinquante francs secours auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1832, à l’occasion du mariage de la princesse Louise avec le roi des Belges, son mariage fut choisi pour être doté par la municipalité. Il devait épouser Gaud, Marie-Louise, née vers 1815 à Trie-la-Ville (Oise), demeurant 1 bis, rue Notre-Dame-des-Champs (ou 17, bis, rue Notre-Dame-des-Champs illisible), couturière, dont la mère était veuve et pensionnaire de l’Etat. La mairie du (ancien) XIe arrondissement donna les renseignements favorables suivants sur Bridoux, dont le père, marchand de toiles, était décédé et dont la mère était sans profession : « Le sieur Bridoux est décoré de Juillet. Il gagne par an mille francs et à sa table et le logement. Il possède au plus haut degré la confiance de M. Masseneau, tenant le café rue de Vaugirard n° 17, où il est employé, et des renseignements recueillis ailleurs nous ont appris qu’il en est digne. Il espère s’établir à quelque occasion favorable. L’éducation de sa prétendue, douée d’une jolie figure, présage des succès pour un établissement de limonadier. Ce jeune homme a quelques économies. » De la même manière, elle donna les renseignements suivants sur la future épouse : « La demoiselle Gaud est fille d’un chef de bataillon, officier de la Légion d’honneur, mort en 1817, après le licenciement de l’armée de la Loire. La principale cause de sa mort a été le chagrin d’avoir vu la France au pouvoir des étrangers. Ce brave militaire avait gagné tous les grades dans dix-sept campagnes et reçu neuf blessures. Un des frères de la demoiselle Gaud est un de nos blessés de Juillet (voir Gaud, Louis). Il n’avait alors que quatorze ans et fit preuve d’un courage héroïque. Ses autres frères ont des grades dans la garde nationale. La demoiselle Gaud a été élevée dans la maison d’éducation des Loges près Saint-Germain, destinée aux filles des membres de la Légion d’honneur. Jolie, sans paraître le savoir, elle est simple et très bonne ouvrière. Elle a un petit patrimoine de deux mille francs, provenant de la succession de son père. Ce mariage satisfait les vœux de sa mère et les siens. Les deux prétendus se conviennent. Madame Gaud ne possédant que sa pension de quatre cent cinquante francs, elle est dans une situation pécuniaire peu brillante. Il est avis que le gain probable mais toujours incertain d’un procès de famille améliorerait beaucoup son sort. » La cérémonie eut lieu le 9 août 1832, à l’église Saint-Sulpice. L’année suivante, la même mairie faisait l’aveu de son manque de discernement dans le choix des mariages à doter et constatait l’échec du mariage qu’elle avait doté : « Le mariage célébré au mois d’août, à l’occasion de celui de la princesse Louise avec Sa Majesté le roi des Belges a été moins heureux. Plusieurs circonstances ont contribué à amener un fâcheux résultat. Le peu de temps qui a été accordé pour le choix des époux en est une des premières causes ; les candidats s’étant trouvés, à cette époque, très rares puisqu’ils ne réunissaient pas les conditions voulues, l’administration municipale s’est trouvée fort embarrassée ; les futurs époux n’ayant pu se connaître parfaitement et étudier leur caractère respectif, il en est résulté bientôt une incompatibilité de position sociale, fort en désaccord avec le but qu’on s’était proposé. La demoiselle Gaud, fille d’un ancien chef de bataillon, mort au service, avait été élevée à Saint-Denis et avait reçu une bonne éducation, qui devait lui faire espérer de trouver un jeune homme appartenant à la classe intelligente et instruite ouvrière ; malheureusement les mauvais conseils de sa mère, dont la conduite fut reconnue trop tard pour être peu régulière, contribuèrent à tromper sa fille, sans expérience et, pressée de se marier pour ne pas déplaire à sa mère, elle donna son approbation à son mariage avec le sieur Bridoux, garçon limonadier, combattant de Juillet mais qui n’avait reçu aucune éducation et qui ne plaisait pas à la jeune personne dès les premiers moments de cette union. Le sieur Bridoux ne sut pas, par de douces prévenances, s’attirer la confiance et l’amitié de sa jeune épouse ; il employa au contraire des formes acerbes et bientôt la désunion fut complète dans un ménage qui devait être heureux ; la mère favorisa cette disposition, en donnant de mauvais conseils à sa fille. Les observations bienveillantes qui furent faites aux époux ne furent pas suivies d’aucun résultat ; la faute seule en est à madame Gaud la mère et à l’incompatibilité de caractère des deux époux. Si le temps accordé pour la recherche et le choix d’un époux eût été plus long, nous n’aurions pas, aujourd’hui, à déplorer une mésalliance qui avait, dans son principe, un but de spéculation d’argent de la part de madame veuve Gaud […]. » Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée par la Révolution de Février. « Depuis longtemps sans ouvrage, et sans fortune, il sollicitait un secours. Il était porteur du certificat suivant : « Les soussignés certifient et attestent qu’il est à leur connaissance que le citoyen Bridoux, blessé et décoré de Juillet, domicilié à Paris, rue des Arcis n° 38, a participé de tout son pouvoir à la Révolution de Février. Nous l’avons remarqué constamment dans les rangs du peuple à l’Hôtel de ville avec un zèle au-dessus de tout éloge. » Signé, le 16 août 1848 : Catelin, demeurant 33, rue de la Grande-Truanderie ; Barbier, demeurant 25, rue Maubuée ; Pattin, demeurant 7, rue Mauconseil ; Pillet, Joseph, demeurant 38, rue des Arcis ; Delamarche fils, demeurant 10, rue de la Savonnerie ; Dubos, marchand de vin, demeurant 25, rue des Arcis. La Commission ne donna d’abord pas suite à sa demande, les faits étant insuffisants et, selon elle, douteux, puis, finalement, le recommanda pour une mention honorable à paraître au journal du Moniteur. Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1850 et en 1851, un secours de cinquante francs en 1852. Il était marié en 1848. Il demeurait au café Ventadour en 1831 aussi 37, rue Mauconseil en 1831 ; 17, rue de Vaugirard en 1832 ; 38, rue des Arcis en 1848-1850 ; 54, rue Saint-Martin en 1851 ; 87, rue Saint-Martin en 1852. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 67 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIe arrondissement ; Archives de Paris VI1 1, 1837, mariages de Juillet, idem décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, mariage de Mlle Gaud avec M. Bridoux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le seul nom de Bridoux) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 79, idem Etat de répartition de secours imputables sur le chapitre 25 bis du budget de 1850 (secours à divers titres), minutes 148-149, idem, Demande de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de juillet 1830, en date du 24 juin 1851, minutes 189-190, idem, Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à quinze décorés et veuves de décorés ou blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.490 francs, minutes 251-252, en date du 6 décembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 375.

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