Brigand, Jean

Biographie


Commissionnaire ou maçon. Il combattit dans la matinée du 28 juillet, dans la rue de Saint-Honoré en face de celle de Richelieu, et fut frappé, alors qu’il était armé, de plusieurs coups de crosse de fusil donnés par des gardes royaux. Il mourut d’une phtisie, le 11 octobre 1830 à l’hôpital de la Charité. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 12 octobre 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Michel, Antoine, François (voir ce nom), marchand tailleur, sergent de voltigeurs au 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale, demeurant 23, rue Saint-Dominique dans le faubourg Saint-Germain ; Banié, Louis, François, charron, voltigeur au 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale, demeurant 23, rue de Grenelle ; Vernier, Pierre, François, blanchisseur, demeurant 23, rue de Grenelle. Ils attestèrent avoir connu Brigand, maçon, domicilié à Paris avenue Conivert n° 81 (sic) et savoir : « Le sieur Michel déclare avoir vu ledit Brigand rue Saint-Honoré en face la rue de Richelieu, frappé par plusieurs gardes royaux à coups de crosses de fusil, le 28 juillet 1830 dans la matinée. Il était armé. Le sieur Banié déclare avoir vu Brigand le même jour entre 4 et 5 heures de relevée lorsqu’il rentrait chez lui. Il se plaignait et portait les traces d’un coup de crosse de fusil à l’estomac. Vernier déclare la même chose que Banié. Les comparants pensent intimement que sa mort, arrivée le 12 octobre dernier à l’hôpital de la Charité doit être attribuée à cet événement. M. Banié ajoute qu’en voyant Brigand le 28 juillet il a dit tout haut Ah ! il nen reviendra pas. » Il laissait une veuve, La Rochelle (ou Larochelle in Archives de Paris VD6 559), Jeanne, Geneviève, née le 7 mars 1782 à Paris et deux enfants Louis, Joseph, né le 27 mai 1808 à Paris et Désirée, Louise, Virginie, née le 24 mars 1821. La Commission des récompenses nationales rejeta toute demande de pension formée par la veuve et l’orpheline, en raison de la nature du décès. La veuve reçut trois cent quatre-vingt-cinq francs et quatre-vingts centimes de la mairie du (ancien) Xe arrondissement in Archives nationales F/1dIII/36 et les orphelins pour quarante et un francs et soixante-six centimes. La veuve reçut cependant pour elle et ses enfants un secours de deux mille francs auprès de la mairie du Xe arrondissement (le papier de la mairie est apostillé ainsi : Faire une réclamation pour les deux enfants). Une note de la mairie est ainsi rédigée, peu après la révolution : « On demande également si les inscriptions de 5 % de soixante-quinze francs qui sont à la mairie peuvent être accordées à madame Brigand […] rejetée […] par la Commission des récompenses nationales. » La veuve (sous le nom de veuve Brigand, née Larochelle, Jeanne, Geneviève) et la fille, Louise, Désirée, Virginie, reçurent cependant, à titre de cas exceptionnels, de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Brigand demeurait 21, rue de la Vierge au Gros-Caillou ou 21, rue Saint-Dominique ; sa veuve, 82, rue de la Vierge en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels de veuves et liste nominative des cas exceptionnels dorphelins auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 109 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, feuille volant et Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine et souscription de 1830, instructions préfectorales, cas exceptionnels, idem Citoyens douteux (quant aux circonstances de la mort dans les combats et qui lui mériteraient son inscription sur les listes du Panthéon, N.D.A) ; Archives nationales F/1dIII/36 Veuves décompte du 8 octobre 1830 au 1er septembre 1831 et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement (cité deux fois) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, cas exceptionnels de veuves et cas exceptionnels d’orphelins.

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