Brigant, Jean-Louis
Biographie
Né le 7 mars 1804 à Paris. Propriétaire de bateaux à lessive et de bains, quai de la Mégisserie près le Pont-Neuf. Le 19 juillet 1831, il sollicita, dans ces termes, la décoration de la Légion d’honneur : « J’ai eu le bonheur de sauver, au péril de mon existence, celle de plus de vingt individus exposés à périr dans les flots et je produis neuf attestations authentiques ce de fait de 1826 à 1830, émanées de MM. les commissaires de police de la Ville de Paris ; j’ai négligé de recueillir les autres. Toujours j’ai refusé la récompense pécuniaire qui me fut offerte et que les règlements accordent à celui qui retire des eaux de la Seine un individu qui se noyait et rappelé à la vie. Ce n’est point pour un peu d’or que j’ai suivi les mouvements de mon cœur et de l’humanité. Un plus digne prix est au surplus ambitieux pour moi, je demande au roi la décoration de la Légion d’honneur. Je produis, au seul titre de considération accessoire, une attestation des chefs de ponts, prud’hommes, entrepreneurs de marine et maîtres mariniers justifiant que j’ai rendu des services de plus d’un genre en prévenant fréquemment la perte de bateaux naufragés chargés de marchandises et montés par des hommes eux-mêmes en danger de périr. » Suite à cette demande, le préfet de la Seine transmettait, le 17 septembre 1831, au ministre du Commerce et des Travaux publics, les informations suivantes sur le compte de Brigant : « […] Le pétitionnaire fait partie de la garde nationale. Il jouit d’une bonne réputation sous le rapport de la moralité. On fait l’éloge du dévouement avec lequel il s’est exposé plusieurs fois pour sauver la vie à des individus tombés dans la rivière et il a, dit-on, combattu dans les journées de juillet 1830. On ne lui connaît pas d’autres titres à l’obtention de l’honorable distinction qu’il sollicite. » Il fut fait chevalier de la Légion d’honneur, le 21 décembre 1834. On trouve aussi dans son dossier cet article paru à une date qui n’est pas indiquée) dans le Constitutionnel : « A M. le rédacteur du Constitutionnel. Monsieur, En signalant, dans votre numéro du 16 août, M. Brigant, propriétaire de bateaux au bas du Pont-Neuf, comme ayant sauvé, au milieu de la nuit, un jeune homme qui voulait se noyer, vous avez commis une erreur involontaire. Ce n’est pas seulement une médaille que cet homme utile, ce bon citoyen, a reçue du gouvernement ; mais la récompense de plus de vingt actions semblables à celle du 13 août. Le roi, qui sait reconnaître tous les mérites, l’a nommé chevalier de la Légion d’honneur, sur la demande de tous les gardes nationaux de la compagnie et des officiers supérieurs de la légion dont M. Brigant fait partie, et qui ont souvent été témoins des traits de courage et de dévouement de leur camarade. Gallois, capitaine des voltigeurs du 4e bataillon de la IVe légion de Paris. » Il mourut le 25 janvier 1879 ; il était marié et père de famille ; le faire-part de son décès était rédigé au nom de sa veuve, de M. et Mme Edouard Thierry, de Mlle Jeanne Thierry, de M. Achille Collin, de Mme veuve Bagland, de M. et Mme Léon Renard, de Mlle Louise Renard, de M. et Mme Paul Renard, ses filles, gendre, petite-fille, beau-frère, tante, neveux, nièce, petite-nièce. Il demeurait à l’Arsenal en 1873 ; 1, rue de Sully en 1879. Archives nationales F/1dIV/B/18.