Brissaud, Jean-Baptiste
Biographie
Ancien gérant de la Gazette constitutionnelle des cultes. Il signa avec A. Corréard, directeur du Journal du génie civil, Ledain, docteur en médecine, Huré jeune, homme de lettres, Grandménil, chirurgien, Dufey de l’Yonne, avocat, Vial, négociant, Benjamin Laroche, homme de lettres, Bonnin, publiciste, A.-J. Sanson, ancien libraire et homme de lettres, Ricque, médecin, Esneaux, homme de lettres une Réponse de la Commission des condamnés pour délits politiques au discours que fit Guizot à la Chambre, le 16 novembre 1831 ; cette réponse rappelait aussi dans ces termes les antécédents de Guizot : « M. Guizot a dit à la tribune nationale […] : “Sans doute des conspirations ont eu lieu contre lui (Charles X) comme contre son frère ; la France ne s’y est pas associée. La France a laissé passer les conspirations et les insurrections ; elle a voulu voir et attendre jusqu’au bout ; elle a voulu savoir si ceux qui lui avaient donné la Charte, l’avaient acceptée pour leur propre compte. Ce sont les ordonnances de juillet qui lui ont appris qu’ils ne l’avaient pas acceptée. ”Alors la France s’est levée ; la France qui n’avait point pris part aux conspirations et aux insurrections ; la France qui s’était séparée des ennemis de la branche aînée des Bourbons, la France s’est déclarée alors, et la branche aînée des Bourbons est tombée dans la première bataille que la France a livrée contre elle.” Dire que la France a voulu voir et attendre jusqu’au bout… dire que la France s’était séparée des ennemis de la branche aînée des Bourbons, c’est insinuer trop clairement en vérité que la France fut aveugle et insensible jusqu’en 1830, et qu’elle improuva ceux de ses enfants qui entreprirent de la délivrer avant les ordonnances de juillet. Cette assertion, plus que hardie, est injurieuse à la France, qui n’a pas besoin de seize années d’épreuve pour juger ses rois, et aux nombreux citoyens qui croyaient bien mériter de la patrie en se dévouant pour l’affranchir d’un joug universellement détesté. La Commission des condamnés politiques doit répondre à cela. […] M. Guizot est un émigré de Gand ; M. Guizot était le secrétaire général du ministère de la Justice, alors que le ministère de la Justice laissait impunément égorger dans le Midi les protestants, coreligionnaires de M. Guizot qui ne risqua pas un seul mot, que nous sachions, pour la défense de ces malheureux ; M. Guizot fut l’un des principaux employés de la police de M. de Cazes, qui expédiait par le télégraphe l’ordre d’exécuter à mort un enfant de seize ans ; M. Guizot fut l’un des séides de la Première et de la Seconde Restauration. M. Guizot se sépara de la branche aînée des Bourbons, dès qu’il plut à la branche aînée des Bourbons de répudier ses services, et, comme ce Serforius du canapé s’imagine que la France est toute où il est, il proclame ingénument que la France se sépara des ennemis de la branche aînée des Bourbons, lorsque lui-même servit ces princes, et que la France se tourna contre eux, lorsque, repoussé par eux, il prit parti contre eux. […] » Il est indiqué pour avoir reçu, comme ancien condamné politique, un secours de cent vingt-cinq francs en janvier 1834. Réponse de la Commission des condamnés pour délits politiques au discours de M. Guizot du 16 novembre 1831, Corréard, imprimerie de Mie, 1831 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Etat des allocations accordées aux condamnés politiques, résidant à Paris, pour le mois de janvier 1834.