Brissolary, Alexis, Désiré, Nicolas
Biographie
Né vers 1796. Ouvrier peintre en équipages. Il sollicita auprès du roi, le 16 août 1831, la décoration de Juillet : « […] L’un des braves combattants de Juillet vient avec la plus respectueuse liberté exposer à Votre Majesté qu’il s’est empressé d’aller exposer sa vie pour combattre pour la liberté dans les mémorables journées de juillet, que dans toutes les affaires les plus meurtrières où il s’est trouvé, il a donné les marques du plus grand courage, s’exposant au milieu des dangers et qu’après la prise du Louvre et des Tuileries auxquelles il a assisté, il a fait partie pendant onze jours de suite du poste qui fut établi pour la sûreté publique, rue du Faubourg-Saint-Denis au coin de celle de La Fayette. Tous ces faits sont attestés par le certificat ci-joint [absent de son dossier, N.D.A.], qui n’est que le duplicata de celui qu’il a déposé à la mairie du (ancien) Ve arrondissement, attendu qu’à cette époque il demeurait chez M. Lacoste, même rue du Faubourg-Saint-Denis n° 164, duquel il n’a pas reçu de réponse et qui apparemment s’est trouvé égaré. L’exposant n’a rien sollicité et n’a rien reçu ; il aurait voulu faire à la patrie le sacrifice de la récompense à laquelle il a droit. Etant sans ouvrage depuis longtemps et dans une position vraiment malheureuse, ce brave patriote vient avec confiance près de Votre Majesté pour vous supplier, Sire, de lui faire délivrer un secours et la décoration de la Croix de Juillet à laquelle il croit avoir des droits par son courage et son grand patriotisme. Le suppliant, qui, par sa bonne conduite et ses bonnes mœurs, mérite l’estime de tous les honnêtes gens qui le connaissent, ose mettre son espoir en la justice et en la bienveillance de Votre Majesté et a l’honneur etc. » Il lui fut répondu par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’il ne pouvait, en conséquence, pas être donné suite à sa demande. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), pour solliciter la Croix de Juillet et une place de garde forestier. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, propriétaires et principaux habitants patentés du faubourg Saint-Denis, certifions à qui il appartiendra qu’il est à notre connaissance que le nommé Brissolary, Alexis, Désiré, Nicolas, âgé de trente-quatre ans, ouvrier peintre en équipages, demeurant maintenant rue du Faubourg-Saint-Denis n° 141, s’est empressé de quitter ses travaux pour aller combattre pour la liberté dans les mémorables journées de Juillet, qu’il a parti de son domicile sans arme et qu’il en a gagné le 28 ; que, le 29, il a assisté aux principales affaires de cette mémorable journée, notamment dans la rue du Coq, à l’attaque du Louvre, où il a été blessé à un doigt de la main gauche, et à la prise des Tuileries, que partout il a bravé les plus graves dangers avec le courage d’un vrai patriote, que dès le soir du 29 il a fait partie du poste qui fut formé ce même jour rue du Faubourg-Saint-Denis au coin de la rue de Lafayette, auquel il a resté pendant neuf jours de suite et qu’enfin ce brave ouvrier mérite de participer aux récompenses nationales. » Signé, le 11 août 1831 : Broulard ; Mesnier fils ; Notin, décoré de Juillet (voir Notin, Pierre) ; Lesseime, demeurant 158, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Lacoste, propriétaire, demeurant 164, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Junepin ; Benoit ; Roussel, demeurant 171, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Courtois. La Commission le disait « sans fortune ». Il demeurait 164, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1830 puis 141, rue du Faubourg-Saint-Denis (par erreur une fois 41, rue du Faubourg-Saint-Denis in Archives de la préfecture de police AA 375) en 1831. Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives de la préfecture de police AA 375.