Broly, Jean-Baptiste

Biographie


Né le 30 messidor an IV à Paris. Marchand de chevaux. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 18 décembre 1830, à aucune voix pour la croix, six voix pour la médaille et trois voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il comparut, le 2 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Renard, Jean-Baptiste et « savoir qu’il a combattu le 29 juillet dernier sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois, près du Louvre et qu’il y a été blessé par une balle qu’il a reçue dans l’épaule droite ». Il signa un certificat attestant qu’il connaissait Falet, Pierre, Jean, et qu’il savait qu’il avait été tué d’un coup de feu le 28 juillet dans la rue du Mouton. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1835, suite à une demande de secours qu’il sollicita, le ministère de l’Intérieur demandait au préfet de police de recueillir des renseignements à son sujet. Il toucha un secours de soixante-quinze francs en 1835. En 1836, garçon marchand de chevaux, marié, père de deux enfants, « dans une position très critique, son épouse malade depuis trois mois par suite de couches et en danger de la perdre », il sollicita des secours. La préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Sa position n’est pas heureuse. On dit sa conduite excellente. » Il reçut cinquante francs de secours en 1837. En 1838, père de trois enfants en bas âge, devant trois termes de loyer, il sollicita de nouveau un secours ; la police précisa à son sujet : « On dit beaucoup de bien de cet homme sous le rapport de la moralité et de la conduite. » Il reçut quarante francs en 1838. Il fit partie de la délégation de soixante-treize décorés de Juillet, qui, le jour de la fête du roi le 1er mai, sans doute en 1839 (en tout cas après 1838), se présentèrent à son palais, pour le féliciter et l’assurer de leur entier dévouement ainsi qu’aux membres de sa famille (voir la liste des décorés à Grand, Pierre). Il reçut un secours de quarante francs en 1840, vingt-cinq francs en 1841. Il fut père au total de douze enfants. En 1842, gagnant fort peu, son épouse malade, il vivait, selon la police, dans une misère extrême de son état de cocher de cabriolet. Il reçut de nouveau soixante-cinq francs en 1842, vingt-cinq francs en 1843, quarante francs en 1844, vingt-cinq francs en 1845, quarante francs en 1846. En 1847, journalier « malade depuis trois ans, atteint d’une maladie des plus graves et alité depuis six mois, réduit ainsi que sa famille dans la plus affreuse détresse, après avoir tout sacrifié et en proie aux privations les plus cruelles, que l’hiver multiplie », il sollicita un secours. Il mourut le 26 janvier 1847. Sa veuve, Butry, Denise, Rosalie, née le 29 avril 1806 à Paris, couturière, qu’il avait épousée le 30 mai 1825 à Paris, fut autorisée à toucher à sa place le secours de quarante francs qui lui avaient été alloués. En 1849, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Elle est couturière et n’a d’autres ressources que le produit de son travail, qui suffit à peine à ses besoins. Elle a trois enfants à sa charge. » Elle reçut de nouveau quarante francs en 1849, la même somme en 1850 et en 1851, cinquante francs en 1852, en 1853 et en 1854, quarante francs en 1855. En 1856, elle était remariée avec un homme de quatre-vingt-deux ans, qui possédait une rente de six cents francs et, gagnant elle-même un franc par jour à la confection de bandages, elle fut considérée comme au-dessus du besoin. Broly était chasseur à la 4e compagnie du 1er bataillon de la XIIe légion de la garde nationale. Il demeurait rue du Jardin-du-Roi puis 19, rue Saint-Dominique-d’Enfer en 1825 ; 1, rue des Sept-Voies en 1830-1831 ; 126, rue Saint-Victor en 1835-1836 (un loyer de cent francs par an) ; 5, rue des Bernardins en 1838 ; 16, rue des Grands-Degrés en 1842 ; 93, rue de la Chaussée-du-Maine en 1847 ; sa veuve demeura 12, rue de la Contrescarpe-Saint-Marcel de 1847 à 1861 (ou n° 17, rue de la Contrescarpe-Saint-Marcel en 1851 in Archives de la préfecture de police AA 369, minutes 194-199 ? mais bien 12, rue de la Contrescarpe-Saint-Marcel in minutes 225-229). Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 18 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/47 ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Falet, Pierre, Jean ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Renard, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries (trouvés lors de l’envahissement du palais par le peuple en février 1848, N.D.A.), décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves qui ont formé des demandes de secours, et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 29 mai 1849, minutes 57-61, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852.

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